'■m.- ^ jrr.^--^- Xi^^^^^s %^ j"- ^ '•. / ^^^^!^pi *^^P^'- "^^'hM^é^^ BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION ^. OE FftANOE I 11^ 't. /o I2n 'mprimeries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris i' , ». : BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION Fondée le 10 février 1854 RECONNUE ÉTABLISSEMENT D UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 26 FÉVRIER 1855 3« SÉRIE — TOIVI [E X 'NÉE SOGJ LILLE, 1883 TRENTIÈME AN AU PARIS SIÈGE DE LA HÔTEL LAURAGUAIS, RUE DE ÉTÉ 19 1883 1 I ' r r SOCIETE NATIONALE D'AGCLIMATATION I>E FFIAIXOE ■ ORGANISATION POUR L'ANNÉE 1883 Conseil. — Délégués. — ilniiimissinns. — Bureaux des Seclions. CONSEIL D'ADMINISTRATIOiN POUR 1888 BUFtEA.TJ Président. MM. H. BOULEY (C. ^), Membre de l'Instilut (Académie des sciences) et de l'Académie de médecine, professeur au Muséum d'his- toire naturelle, inspecteur général des Écoles vétérinaires. Vice-présidents. MM. Ernest COSSON(0. ^), membre de rinstitut(Académie des sciences), ancien conseiller général, membre du conseil d'administration de la Société botanique de France. Le comte d'ÉPRÉMESNlL (^), propriétaire. De QUATREKAGES (C. *), membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Le marquis de SINÉTY, propriétaire. Secrétaire général. M. Albert GEOFFROY SAL\T-HILAIRE (^), directeur du Jardin zoologique d'Acclimatation du Bois de Boulogne. Secrétaires. MM. E. DUPIN (^), Secrétaire pour l'intérieur, ancien inspecteur des chemins de fer. ç;^ Maurice GIRARD, Secrétaire du Conseil, docteur es sciences, g C. RAVERET-WATTEL {Q A.), Secrétaire des séances, sous-chef de bureau au ministère de la guerre. <^ P.-L.-II. FLURY-HÉRARD (^), Secrétaire pour l'étranger, banquier """ du corps dipiomaliqne. Ou VI SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATA.TION, Trésorier. M. Saint-Yves MÉNARD, sous-direcleur du Jardin zoologique d'Accli matation du Bois de Boulogne, professeur à l'École centrale es arts et manufactures. ïîSftjj Archiviste-bibliothécaire. M. Amédée BERTHOULE, avocat, docteur en droit. IVIEINIBFIES OU OONSEIL. MM. Camille DARESTE, docteur es sciences et en médecine, directeur du laboratoire de tératologie à l'École pratique des hautes études. Aimé DUFORT (^ A.), directeur des domaines. Alfr. GRANDIDIER (^), voyageur naturaliste. Henri LABARRAQUE (^), docteur en médecine, propriétaire. Alph. LA VALLÉE (0.^), membre de la Société nationale d'agri- culture'de France, président de la Société nationale et cen- trale d'horticulture de France. Edouard MÈNE (^), docteur en médecine, médecin de la maison de santé de Saint- Jean-de-Itieu. A. MILNE EDWARDS (^), membre de l'Institut (Académie des sciences, professeur au Muséum d'histoire naturelle. P. -A. PICHOT, directeur de la Revue britannique. Edgar ROGER, conseiller référendaire à la Cour des comptes. Le marquis de SELVE (^), propriétaire. Léon VAILLANT (^), professeur au Muséum d'histoire naturelle. Henry de VILMORIN (^), ancien membre du tribunal de commerce de la Seine. Vice-présidents honoraires. MM. le prince Marc de BEAUVAU (0. ^), propriétaire, ancien con- seiller général. RICHARD (du Cantal), ancien représentant du peuple, propriétaire. Membres honoraires du Conseil. MM. Fréd. JACQUEMART (^), manufacturier, membre de la Société nationale d'agriculture de France. De RUFZ de LAVISON (0. ^), membre de l'Académie de méde- cine. Agent général. M. Jules GRISARD {U A.), gérant des publications de la Société. ORGANISATION. Y|[ OËLËGUËS DU CONSEIL EN FRANCE Boîilogne-s.-M ,MM.Carnier-Adam. Douai, L. Maurice. Le Havre, Henri Dela- ROCHE. La Roche-sur- Yon, MM. I). Golrdix. Poitiers, Malapert père Saint-Quentin, Theillier-Ues- JARD1NS. DELEGUES DU CONSEIL A L'ÉTRANGER Cernay{khm),mi. A. Zurcher. Mexico, Ghassin. Milan, Gh. Brot. New-Orleans, Ed. Sillan. Odessa, P. de BouRakoff. Pesth (Hongrie), Ladislas DE Wagner. Québec, MM. Henry Joly de ïiOT- BIN1ÈRE. Rio-Janeiro, De Gapanë.ma Téhéran, Tholozan. Wesserling, Gros-Hartmann. COMMISSION DE PUBLICATION MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. D' E. GossoN, Vice-Président. E. DuPiN, Secrétaire pour l'intérieur. Maurice Girard, Secrétaire du Conseil. Raveret-Wattel, Secrétaire des séances. Flury-Hérard, Secrétaire pour l'étranger. Saint-Yves Ménard, Trésorier. olctur^Ed' MÈNE, I ^''''^'''' ^^ ^^"^^^^• COMMISSION DES CHEPTELS MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. Membres pris dans le Conseil. MM. Amedée Berthoule. Maurice Girard. Saint-Yves Ménard. Docteur Ed. Mène, H. de Vilmorin. Membres pris dans la Société. MM. De Barrau de Muratel Xav. Dybowski. Jules Fallou. Jules Gautier. Paillieux. COMMISSION DES FINANCES MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. MM. Amédée Berthoule. Aimé DuFORT. MM. Eug. DupiN. Saint-Yves Ménard. VIII SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. COMMISSION MÉDICALE MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. MM. E. Hardy. H. Labarraque. Marais. MM. Edouard 3IÈNE. Saint-Yves Ménard. Léon Vaillant. COMMISSION PERMANENTE DES RÉCOMPENSES MM. le Président et le Secrétaire général, membres de droit. Délégués du Conseil. MM. H. Labarraque. Amédée Berthoule MM. Raveret-Wattel. Marquis de Sinéty Délégués des sections. Première section. — Mammifères. — MM Deuxième section. — Oiseaux. — Troisième section. — Poissons, etc. — Quatrième section. — Ins'xtes. — Cinquième section. — Végétaux. — Saint- Yves Ménard. C. Millet. Amédée Berthoule. Jules Fallou. Docteur E. Mène. BUREAUX DES SECTIONS 1'^ Section. — Maniniirèrcs. MM. Geoffroy St-Hilaire, d. du Cons. E. Becroix, président. Saint- Yves Ménard, vice-président. Gautier, secrétaire. Xav. Dybowski, vice-secrétaire. Z^ Section. — Oiseaux. MM. Edgar Roger, dél. du Conseil. C. Millet, président. Baron d'Avène, vice-président. Sturne, secrétaire. Vicomte d'Esteri)o, vice- secrétaire. 5*^ Section. 3'^ Section. — Poissons, ete» MM. L. Vaillant, délégué du Conseil et président. DeBarrau de Muratel ,vice-président. Banmeyer, secrétaire. L. Vidal, vice-secrétaire. 4* Section. — Insectes. MM. Maurice Girard,delégué du Con- seil et président. Jules Fallou, vice-président. A.-L. Clément, secrétaire. Xav. Dybowski, vice-secrétaire. - végétaux. MM. Alph. LdivaWée, délégué du Conseil Henri de Vilmorin, président. Paillieux, vice-président. Jules Grisard, secrétaire. Jean Dybowski, vice-secrétaire. YINGT-HUITIÊfflE LISTE SUPPLÉMENTAIRE DES MEMBRES Admissions Jii 19 mai 1882 au 25 mai 1883. ACLOQUE (André), 53, rue de Lisbonne, à Paris. Allard (Jules), 60, rue de Londres, à Paris. Armet de LiSLE, industriel, à Nogent-sur-Marne (Seine). Aron (Henri), U, rue de Grammont, à Paris. Aron (Jules), 90, rue Lafayette, à Paris. Aronssohn (Léon), propriétaire, à Lagny-le-Sec (Oise). Babault de Lépine, à Douvy, près Brézé (Maine-et-Loire). Baillet (V.), 40, rue de Laborde, à Paris. Bailly (Louis-Joseph), chef de bataillon en retraite, 14, rue Charles Laf- fitle, à Neuilly (Seine). Banmeyer, 17, rue de Chateaudun, à Paris. Baré (docteur E.), à Nort (Loire-Inférieure). Barratt (le B. A. A.), Glenwood Thames Ditton, Surrey (Grande-Bre- tagne). Bass (W.-J.-M. de), notaire, à la Haye (Pays-Bas). Beauciiaine (Gustave), à Châlellerault (Vienne). Bellecombe (André de), homme de lettres, 43, rue Jacques Dulud, à Neuilly (Seine). Benoit (^Constant), avoué, 4, avenue de l'Opéra, à Paris. Bernard (Henri), industriel, à Ambert (Puy-de-Dôme). Bertheol, 7, rue de Poitou, à Paris. Bertoni, rédacteur de la Revue scientifique suisse, à Loltigna, Tessin (Suisse). Binet, 40, rue de Prony, à Paris. Blancherais (H. de la), conseiller municipal, à Cannes (Alpes-Maritimes). Blignières (de), homme de lettres, 38, r. de Longchamps, à Neuilly (Seine). Blocmann (Henri), chirurgien-dentiste, 18, rue des Pyramides, à Paris. Blot (Alexandre), tiâ, rue Charles Laffitte, à Neuilly (Seine). BoTTEY (Louis), propriétaire, à Charroux (Vienne). Boursier (Charles), aviculteur, à Houdan (Seine-et-Oise). BoYER-ViDAL (J.-B.-A.), à Besse (Puy-de-Dôme). BOYRON (docteur Georges), à Chatelus-Malvaleix (Creuse). Bravard (J. -Alfred), maire de Grandrif (Puy-de-Dôme). Broissia (comte de), au château de Neublanc, par Chaussin (Jura). Brosse (Gustave de la), maire de Messeix (Puy-de-Dôme). Brousset (Pierre), négociant, à Cette (Hérault). X SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Brun (F.-Eug.), médecin vétérinaire, 9, rue Casimir Périer, à Paris. BUHLER (A.-J.), 30, rue Vignon, à Paris. Cantrelle, propriétaire, 10, rue de la Préfecture, à Beauvais (Oise). Causans (Paul de), au château de Relibert, par Évaux (Creuse). Choppin (Louis), 2, rue Mogador prolongée, à Paris. Clerc (Hugues), inspecteur primaire de la Seine, 39, rue Saint-Ferdi- nand, Paris. COLLiN (A. -F.), juge de paix, à Lussac-les- Châteaux (Vienne). CoLLiNET (Edmond), 53, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Courteille (F.-A.), 37, rue Charles Laffitte, à Neuilly (Seine). Dalaut (François), 43, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Daux (l'abbé Emmanuel), 47, faubourg Sapiac, à Montauban (Tarn-et Garonne). Danne (comte Léon de), 37, rue des Arènes, à Angers (Maine-et-Loire)- Delaquys (E.), 4, rue Favart, à Paris. Deltour (Paul-Félix), 8, rue Labordère, à Neuilly (Seine). Dequeker (Emile), propriétaire, à Bergues (Nord). Uesmatte (A.), professeur des sciences naturelles au lycée Charlemagne, 13, boulevard Saint-Germain, à Paris. Desprez (Auguste), 265, rue Saint-Honoré, à Paris. Douladoure (J.-L.), directeur générai de la Société la Garantie fédé- rale, 38, rue des Bourdonnais, à Paris. DuBERT (Martial), commissaire-priseur, 20, rue de Grammont, à Paris. DUBUISSON (Eugène), 17, rue de Presbourg, à Paris. DuFOURG (André), au château des Moules, par Villenenve-de-Marsan (Landes). DuFRESNE (Ernest), greffier de la justice de paix, 25, rue Jacques Dulud, à Neuilly (Seine). DuJARDiN (F.), 19, rue du Marché, à Neuilly (Seine). Dl'NAC-Pol, propriétaire, à Tarascon (Ariège). DuVAL, horticulteur, 64, rue du Plessis, à Versailles (Seine-et-Oise). Du VAL (Gh.), au Parc, commune du Hézo, par Theix (Morbihan). Elmore (Georges), au château de la Remonte, au Petit-Courgain, près Saint-Pierre-lez-Calais (Pas-de-Calais). Favre (Philippe), 59, avenue du Houle, à Neuilly (Seine). Feuilloy (Gédéon), à Sénarpont, par Oisemont (Somme). Forest (Jules), 15, rue Marsollier, à Paris, Forestier de Coubert (comte F. -Henri de), au château de laBoisnière, Châteaurenault (Indre-et-Loire). FoKGEOT (E.), marchand grainier, 8, quai de la Mégisserie, à Paris. ■ LISTE SUPPLEMENTAIRE. XI FOURNIER (E.), apiculteur, à Issoire (Puy-de-Dôme). Fuzier-Hermann (Louis), à la Houssière, par Ligueil (Indre-et-Loire). Ganivet (A.), juge de paix, à Douvres-h-Délivrande (Calvados). Gaspard (Félix), notaire, à' Saint-Jean de Bournay (Isère). GÉLiOT (Adrien), propriétaire, à Plainfaing (Vosges). Gennadius, directeur du Jardin dendrologique de l'Etat, à Athènes (Grèce). Gérard (Albert), 8, rue Drouot, à Paris. GouDCHAUX (Edmond), banquier, 52, boulevard Maillot, à Neuilly (Seine). GuiLLET (Lucien), négociant, 9, rue Laftitte, à Paris. Hameau, médecin-inspecteur, à Arcachon (Gironde). Hernoux (Eugène), négociant, 211, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Heughebaert, avocat, à Pecq-lez-Tournai (Belgique). HiRSCH (Isidore), négociant, 59, rue Charles Laffitte, à Neuilly (Seine). Hiver (A..), à Crouy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne). .., HuiMIères (F. d'), au château de Couros, par Aurillac (Cantal). JOLY(Ch.), ancien notaire, à Marlins-Engilbert (Nièvre). Kerambrun (Denis), notaire, à Belle-Isle-en-Terre (Côtes-du-Nord). Kern (Edouard), banquier, 7, rue Scribe, à Paris. Labouret, 28, boulevard Haussmann, à Paris. Lamy (David), avoué, 6, boulevard de Strasbourg, à Paris. Laniol (Jean), à Murât (Cantal). Lataste (Fernand), 7, avenue des Gobelins, à Paris. Lecaille (Jules), à Avranches (Manche). Lecomte (Henri), 8, boulevard Saint-Denis, à Paris. Lecoq (Joseph), au château du Hilgny-Plogastel-Saint-Germain (Finistère). Lecoq (Louis-Ch.), fabricant d'horlogerie, 51, rue Turbigo, à Paris. Lecoq (Th. -Auguste), 11, rue Perronnet, à Neuilly (Seine). Legrand (le docteur Jacques), 136, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine)» Lefèvre, (Ch. -Ernest), banquier, 15, rue Cuvier, au Cateau (Nord). Lefèvre (Joseph), 53, avenue de Neuilly, â Neuilly (Seine). Lelubez (Grégoire), constructeur, 59, rue Condorcet, à Paris. Lenglé (Paul), ancien député, 29, rue Jacques Dulud, Neuilly (Seine). Le Pargneux (Albert), propriétaire, au château de Beauregard, près Caen (Calvados). Lessieux (Henri), manufacturier, à Bethel (Ardennes). Letourneur (Bené-A.), 22, rue de l'Église, à Neuilly (Seine). Leudet (Léon), i, rue Ménars, à Paris. Lezaud, premier président honoraire de la Cour d'appel, à Limoges (Haute-Vienne). XII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. LiGNEY (Edouard), 46, boulevard Magenta, à Paris. La Ligue du reboisement de l'Algérie, à Alger (Algérie). LoLiGOis (Antoine), 53, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). LouRADOUR-PoNTEiL (Félix), à la Jugière, commune de Saint-Leomer, canton de la Trimouille (Vienne). LouvENCOURT (.Iules de), négociant, U6, faubourg Saint-Denis, à Paris. Lugand (Marie-Joseph), 3, rue Montrosier, à Neuilly (Seine). Lugrin (François), pisciculteur, 4-6, rue du Ithône, à Genève (Suisse). LUTNANN (Lcopold), 78, rue Monge, à Paris. Mahieux, Caissier à la Société de dépôts et comptes courants, 63, ave- nue de Neuilly, Neuilly (Seine). Maisonneuve (Charles), au Gaudinet, 34, chemin de la Tortière, à Nantes (Loire-Inférieure). Mallassagne (Pierre), 139, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Maquaire (A.), négociant, 5, boulevard de Strasbourg, cà Paris. Marly (Graux), au château des Roches, à Bièvres (Seine-et-Oise). Marronnière (Gustave de la), au château de la Marronnière, par Aizenay (Vendée). Martin (Biaise), 11, rue de la Chaussée, à Nevers (Nièvre). Massias (Gabriel), négociant, 13, rue Vivienne, à Paris. Massurel (Paul), à Roubaix (Nord). Mengin (Maurice), capitaine au 107^ de ligne, à Angoulême (Charente). MÉRAT (Louis), propriétaire, à Vaudes (Aube). MÉTRA (Claude), 22, boulevard d'Inkermann, à Neuilly (Seine). Mollinger (Godefroij, à Godesberg, près Bonn (Allemagne). Mousset (Pierre), 127, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Nouvel (Georges), au château de la Ronce, commune de Fontaine-sous- Jouy (Eure). Ogier d'Ivry (comte), 48, rue Raynouard, à Paris. Ornano (le comte Ludovic d'), au château de la Branchoire, par Joué- lez-Tours (Indre-et-Loire). Parra-Bolivar (le docteur), consul des États-Unis de Venezuela, au Havre (Seine-Inférieure). I'auliau (Louis-André), 9, rue Labordère, à Neuilly (Seine). Pehacca (le comte Mario Hyacinto), via délia Rocca, à Turin (Italie). Perrot (J.), avenue de Déols, à Châteauroux (Indre). Pi.MONT (G. -P. -Laurent), à Vilainville, par Criquetot-d'Esneval (Seine- Inférieure). PiNAUD, négociant, 14, rue Magenta, à Asnières (Seine). PoLACK (.Iules), 189, av.nuc de Neuilly, à Neuilly (Seine). LISTE SUPPLEMENTAIRE. XIII Porte (Etienne), direcleur des courses d'Enghien, 23, chaussée d'Antin, à Paris. Pugh-Desroches, château de la Bouillie, près Versailles (Seine-et-Oise). lUuLT (Jules), 1 i, rue Demours, à Paris. Kavenez (Louis), 91, boulevard Gouvion-Saint-Cyr, à Paris. Regny (Georges de), à Orgeval (Seine-el-Oise). Revillon (le D'' Eug.), 9, boulevard Richard-Wallace, à Neuilly (Seine). RiCHET, professeur à la Faculté de médecine, 15, rue de l'Université, à Paris. Rihouel (Amédée), conseiller référendaire à la Cour des comptes, 55, ruj Jouffroy, à Paris. Rivière (.1.-15.), 95, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). RivoiRON (Emile), pisciculteur, à Servayette, commune de Miribel-les- Echelles (Isère). Robert (le docteur H.), à Ligny (Nord). Rocher, 66, rue Caumartin, à Paris. RoGERON (Gabriel), au château de l'Arceau, près Angers (Maine-et-Loire). Romain (L. Paul), 11, avenue de Madrid, à Neuilly (Seine). ROULINAT (Charle>), 49, rue Charles Laflîtle, à Neuilly (Seine). Roulland (Claude), à Geste (Maine-et-Loire)* ROUSSET (Henri), fabricant d'horlogerie, 51, rue Turbigo, à Paris. HoussEN (Léon de), 14, boulevard de Clichy, à Paris. RouviÈRE, ingénieur civil, à Mazamet (Tarn). Saffers (Emile), juge au tribunal de 1"= instance de la Seine, 9, rue Laffilte, à Paris. Saint-Georges (vicomte de), au château de Fragne, par Montluçon (Allier), et rue Casimir Périer, 19, à Paris. Saint-Meleuc fils (A. de), au château de la Haute-Forêt, à Bréal-sous- Montfort (lUe-et- Vilaine). Sanglebceuf, à Chissay, par Montrichard (Loir-et-Cher). ScELLiER (de), 17, rue Parmentier, à Asnières (Seine). Sharland (Henry), propriétaire, à La Fontaine Saint-Cyr, près Sours (Eure-et-Loir). SiREDEY (le docteur), 66, rue Charles Laffilte, à Neuilly (Seine). SOLLER (Charles), explorateur, 1, rue Nouvelle, à Paris. Tainturier (Henri), boulevard de la Courterie, à Bar-sur-Aube (Aube). Tardieu (le docteur), à Arles (Bouches-du-Rhône). Tartenson (le docteur A.), 10, rue de Châteaudun, à Paris. Thomas (Alcide), à Mèze (Hérault). Trasbot (Léopold), professeur de clinique à l'Ecole vétérinaire d'Alfort (Seine). XIV SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. VanOgten, directeur du jardin zoologique de la Haye (Pays-Bas). ViANELLi (Albert), artiste peintre, 84, avenue des Champs-Elysées, à Paris. ViÉviLLE (Etienne), batteur d'or, président de la chambre syndicale, 209, rue Saint-Maur, à Paris. ViGNAUX (Alphonse), propriétaire, à Saint-Sauvy, par Gimont (Gers). ViGOUR (Jules), notaire, à Saint-Servan (lUe-et-Vilaine). ViGUiER (Paul), ancien président du Conseil général de Constantine, 17, quai Voltaire, à Paris. Vjncendon-Dumoulin, vice-président de la Société d'agriculture de Saint- Marcellin (Isère). ViOT (A.), ancien notaire, 62, rue Charles Laffitte, à Neuilly (Seine). Walker (Georges), consul général des États-Unis d'Amérique, 3, rue Scribe, à Paris. Weytland, clerc de notaire, à la Haye (Pays-Bas). YzAC (Louis), 83, avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine). Zammann (Félix), au château de Vasseyes, par Hannut (Belgique). Zenk, à Wurzbourg (Bavière). VINGT-SIXIÈME SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DE DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE PROGÈS-YERBAL La Société nationale d'Acclimatation de France a tenu sa vingt-sixième séance publique annuelle de distribution des récompenses, le vendredi 25 mai 1883, dans la salle du théâtre du Vaudeville, sous la présidence de M. H. Bouley, membre de l'Institut, président de la Société. Sur l'estrade avaient pris place MM. les membres du Conseil, les membres du bureau des diverses Sections, les membres de la Commission des récompenses, et un grand nombre de notabilités françaises et étrangères. Une très nombreuse et très brillante assemblée occupait la salle. L'orchestre du Jardin d'Acclimatation, dirigé parM.Mayeur (de l'Opéra), prêtait son concours à cette solennité. La séance a été ouverte par M. Bouley qui s'est exprimé en- ces termes: Mesdames et Messieurs, « La Société d'Acclimatation tient aujourd'hui sa vingt- sixième séance annuelle, mais ce chiffre ne donne pas la mesure de son âge réel. Il y aura bientôt trente ans que M. Isidore Geofîroy-Saint-Hilaire a eu l'heureuse idée de l'instituer, et si la mort ne lui a pas permis de présider longtemps à son œuvre, il a trouvé dans son fils, notre affectionné secrétaire général, le continuateur de sa pensée. M. Alb. Geofïroy-Saint-Hiiaire s'est consacré tout entier à la Société d'Acclimatation et il s'est fait un pieux devoir de son succès. XVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. » A-t-elle satisfait aux intentions de son illustre fondateur? Pour répondre à cette question, elle n'a qu'à présenter les 29 volumes de ses Bulletins, pleins de mémoires scientifiques, de faits d'observation, de résultats d'expérience sur une foule de questions relatives à la biologie, c'est-à-dire embrassant tout à la fois le règne animal et le règne végétal dans toutes les parties du monde. )) Je crois qu'au point de vue du nombre et de l'importance de ses travaux, la Société d'Acclimatation occupe un rang élevé parmi les sociétés qui ont pour objet la science et ses applica- tions à la pratique. » Ce qui la caractérise, c'est qu'elle est toujours ouverte à toutes les bonnes volontés, à toutes les bonnes intentions, à toutes les activités qui se proposent de contribuer aux pro- grès de la science. » De là son rajeunissement perpétuel. Ceux qui ont vieilli et n'ont plus leur fécondité d'autrefois, ne ferment pas la porte aux jeunes. Tout le monde a la liberté d'apporter ce qu'il peut de concours. » Les uns, leur subvention pour aider au mouvement parce grand et indispensable ressort que l'argent constitue; les autres, avec leur subvention, leur collaboration active, pour l'éclaircissement et la solution de toutes les questions scien- : tifiques et pratiques que comporte l'étude de l'acclimatation dans ses rapports avec les deux règnes de la nature. )^ Pour de tels résultats, on ne saurait avoir trop de res- sources. » Considérez, en effet, combien le programme de la Société est étendu et vise un but élevé : » Rechercher les espèces animales et végétales nouvelles dont on pourrait faire bénéficier notre pays; les étudier pour con- naître le climat auquel elles s'adaptent le mieux; les mettre dans les conditions les plus convenables pour leur développe- ment, leur reproduction, leur naturalisation. » Puis cette première partie du problème résolu, les ré- pandre en ayant soin de bien choisir les régions de la France qui leur conviennent le mieux par leurs rapports de simili- PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE. XVII tude avec les régions dont les espèces qu'il s'agit d'acclimater sont originaires. » Grave problème et difficile, pour la solution duquel tous les concours sont nécessaires. Les plus humbles peuvent y contribuer aussi bien que les plus illustres; si nous avons besoin de la science du savant, le modeste campagnard peut nous être aussi grandement utile par son esprit d'observation appliqué aux choses de la nature, dans le cercle où nous pou- vons le convier à faire des essais soit de semis, soit d'éle- vage. » Ce serait donner à cette allocution plus de longueur que ne le comporte le temps dont je dispose, que de rappeler, même par une simple énumération, la longue série des espèces ani- males ou végétales de provenance exotique dont l'Europe a bénéficié. Pour donner une idée des grands services que peut rendre l'acclimatation d'une espèce exotique, je me conten- terai de citer ici l'introduction récente de V Eucalyptus, cet arbre merveilleux par l'activité de sa végétation. On peut dire que c'est un arbre sanitaire par excellence, car la puissance de sa faculté d'absorption est si grande, qu'il aspire, dans les terrains humides, l'excès des liquides qui les imprègnent, et les répand dans l'atmosphère par la vaporisation de ses feuilles; on peut dire qu'il constitue une sorte d'appareil de drainage par en haut et que, grâce à la perfection de son fonctionne- ment, il peut rendre habitables pour l'homme les localités réputées les plus fécondes en fièvres pernicieuses. Si un jour la campagne romaine est délivrée de sa terrible malaria, c'est «à l'assainissement dont VEucalypliis aura été l'instrument, qu'elle le devra en grande partie. Quelques résultats déjà ob- tenus autorisent cette espérance. » Voilà une belle conquête de l'acclimatation et qui doit être un encouragement à poursuivre des recherches pour en faire de semblables. « Mais les éventails que je vois s'agiter devant moi me pré- viennent que déjà l'atmosphère de cette salle est bien chaude. Je m'arrête pour ne pas trop prolonger la durée de cette séance et je donne la parole à mon jeune confrère de l'ensei- 3° SKRIE, T. X. — Séance publique aniuielle. b XVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. gnement vétérinaire, M. Raoul Baron, professeur de zootech- nie à l'école d'Alfort. » Après cette allocution vivement applaudie par l'assemblée, M. Raoul Baron a fait une conlérence fort intéressante sur « La distribution géoi/rapliique des animaujc dans ses rap- ports avec V acclimatation. » Enfin M. le Secrétaire général a présenté le rapport au nom de la Commission des récompenses. 11 a été décerné cette année : I Une médaille d'or offerte par le Ministère de l'agricul- ture. 2° Une grande médaille d'or de 500 francs (hors classe) à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-llilaire. 8° Huit grandes médailles d'argent (hors classe) également à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. A" Deux prix extraordinaires d'une valeur totale de mille francs. 5° Une prime de deux cents francs. 6° Trente neuf médailles d'argent. 7" Dix médailles de bronze. 8° Sept mentions honorables. 9° Quatre récompenses pécuniaires d'une valeur de cinq cents francs. iO' Les deux primes de 200 et de 100 francs fondées par feu Agron de Germigny. II " Deux primes de 300 francs, deux de 100 francs, deux de 50 francs et deux de 25 francs offertes par l'administration du Jardin d'Acclimatation. Le Secrétaire des séances, C. Rayeret-Wattel. PRIX EXTRAORDINAIRES ENCORE A DÉCERNER GÉNÉRALITÉS 1" — 188*î. — Prix de 1000 fVaiics fondé pai* m. BEREIVD, iiieinltre de la Société. Un prix de 1000 francs sera décerné à l'auteur du meilleur tra- vail faisant connaître, au point de vue historique et pratique, les travaux relatifs à l'acclimatation et les résultats obtenus depuis 1854. Concours ouvert jusqu'au l*^'' déceinbro 1885. — Prix : aooo francs. 2" — 1S63. — Prix pour les travaux théoriques relatifs à l'acclimatation. § I. Les travaux théoriques sur des questions relatives à l'accli- matation, publiés pendant les cinq années qui précèdent, pourront être récompensés, chaque année, par des prix spéciaux de 500 francs au moins. La Société voudrait voir étudier particulièrement les causes qui peuvent s'opposer à l'acclimatation, et les moyens qui peuvent servir à prévenir ou à combattre leurs effets. §11. Il pourra, en outre, être accordé dans chaque section des primes ou des médailles aux auteurs de travaux relatifs aux ques- tions dont s'occupe la Société. Ces travaux devront être de nature à servir de guide dans les ap- plications pratiques ou propres à les vulgariser. Les ouvrages (imprimés ou manuscrits) devront être remis à la Société avant le 1" décembre de chaque année. 3° ^ 1867. — Prix pour les travaux de zoologie pure, pouvant servir de guide dans les applications. La Société, voulant encourager les travaux de zoologie pure (mo- nographies génériques, recherches d'anatomie comparée, éludes embryogéniques, etc.), qui servent si souvent de guide dans les ap- plications utilitaires de cette science, et rendent facile l'introduction d'espèces nouvelles ou la multiplication ou le perfectionnement d'es- pèces déjà importées, décernera annuellement, s'il y a lieu, un prix de 500 francs au moins à la meilleure monographie de cet ordre publiée pendant les cinq années précédentes. Elle tiendra particulièrement compte, dans ses jugements, des applications auxquelles les travaux de zoologie pure appelés à con- (1) L(î chiffre qui précède l'énoncé des divers prix, indique l'année delà fon- dation de ces prix. Tous les prix qui ne portent pas l'indication d'une fondation particulière sont fondés par la Société. XX SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. courir auraient déjà conduil, que ces applications aient été faites par les auteurs de ces travaux ou par d'autres personnes. Un exemplaire devra être déposé avant le 1'^'" décembre. 4.0 _ 1875. — Des primes ou médailles pourront ètreaccordées aux personnes qui auront démontré, pratiquement ou théoriquement, les procédés les plus favorables à la multiplication et à la conserva- tion des animaux essentiellement protecteurs des cultures. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. 50 1867. — Prix perpétuel fondé par fen m™^ G1IÉRII\EAU , née DEL%L%I%DE. Une grande médaille d'or, à l'efligie d'Isidore Geoffroy Saint- Hilaire et destinée à continuer les fondations faites les années précédentes, dans l'intention d'honorer la mémoire de l'illustre et intrépide naturaliste voyageur, Pierre Delalande, frère de M'"^ Gué- rineau. Gette médaille sera décernée, en 1886, au voyageur qui, en Afrique ou en Amérique, aura rendu depuis huit années le plus de services dans l'ordre des travaux de la Société, principalement au point de vue de l'alimentation de l'homme. Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1" décembre 1885. 5<= 1861. — Primes fondées par feu M. AGRO]\ DE GERIflIGIXY. Deux primes, de 200 francs et de 100 francs, seront décernées, chaque année, pour les bons soins donnés aux animaux ou aux vé- gétaux, soit au Jardin d'acclimatation (200 francs), soit dans les établissements d'acclimatation se rattachant ci la Société (prime de 100 francs). Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1" décembre de chaque année. PREMIÈRE SECTION. — MAMMIFÈRES jo — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. 2» — 1870. — Introduction en France des belles races asines de l'Orient. On devra faire approuver par hi Société d'Acclimatation les Anes éta- PRIX EXTRAORDINAIRES. XXI Ions importés, et prouver que vingt saillies au moins ont été faites dans l'année par chacun d'eux. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : looo n-anc»*. 30 _ 1868. — Domestication complète, application à l'agricul- ture ou emploi dans les villes de l'Hémioiie [Eqims Hemionus) ou du Dauw {E. Burchellï). La domestication suppose la reproduction en captivité. Concours prorogé jusqu'au l""^ décembre 1885. — Prix : 100© francs. 40 _ 1S67. — Métissage de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec le Cheval. On devra avoir obtenu un ou plusieurs métis âgés au moins d'un an. Concours prorogé jusqu'au l"'' décembre 1885.— Prix : looorrancs. 50 — 1867. — Propagation des métis de l'Hémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga) avec l'Ane. Ce prix sera décerné à l'éleveur qui aura produit le plus de métis. (11 devra en présenter quatre individus au moins.) Concours prorogé jusqu'au l^' décembre 1885. — Prix : 1 000 fi-anca«. Qo — 1867. — Élevage de rAlpaca,de l'Alpa-Lama et du Lama. On devra présenter au concours douze sujets nés chez l'éleveur ei âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au l"'" décembre 1885. — Prix : 1500 n-anci«. 70 — 1869. — Prix pcppéttiel fonde pai* feu !ll">'Acl. DUTROIVi:, uéc GALOT. Une somme annuelle de 100 francs sera, tous les trois ans, con- vertie en prime de 300 francs (ou médaille d'or de cette valeur), et décernée, par concours, au propriétaire ou au fermier qui, en France ou en Belgique, aura le mieux contribué à la propagation de la race bovine désarmée sarlabot, créée par feu M. le conseiller Ad. Dutrône. Ce prix sera décerné en 188i et 1887. 8» — 1873. — Chèvres laitières. On devra présenter 1 Bouc et 8 Chèvres d'un type uniforme, et justifier ({ue trois mois après la parturition les Chèvres donnent 3 litres de lait par jour et par tète. Les concurrents devront présenter un compte des dépenses et recettes occasionnées par l'entretien du troupeau, et faire connaître à quel usage le lait a été employé (lait en nature, beurre, fromage). Concours ouvert jusqu'au l"'" décembre 1885. — Prix : 500 n-ancs. 90 — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf Wapiti {Cervus Canadensis), du Cerf d'Arislote {Cervus Arislotelis) ou d'une autre grande espèce. . On devra faire constater la présence de di.v individus au moins, nés à XXII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. l'éîat de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au l*'' décembre 1885. — Prix : i50o francs. 10^ — ISî^l. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf axis (Cerwts axis), du Cerf des Moluques (Cermis Moluccensis) ou d'une autre espèce de taille moyenne. Ou devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1^'' décembre 1885. — Prix : looo n-nnes. Il» — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf-Cochon {Cervus porcinus) ou d'une autre espèce analogue. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés déplus d'un an. Concours ouvert jusqu'au !<"• décembre 1885. — Prix : soo francs. 42" — ISî-â. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), du Cerf Pudu (Cen'its Pudu) ou d'une espèce analogue. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de lil)erté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 50© francs. 43" — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Canna {Bos elaphus Oreas) ou d'une autre grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1*'" décembre 1885. — Prix : tso© francs. 14,0 — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de l'Antilope Nylgau {Por- tax picta) ou d'une autre espèce de taille moyenne. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1^' décembre 1885. — Prix : «ooo francs. 15» — 1874. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), d'Antilopes de petite taille. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1"" décembre 1885. — Prix : soo francs. 16" — 1878. — Introduction en France de VHydropotcs inermis {Ke ou Cliang). On devra avoir introduit au moins trois couples de Ke ou Chang, et faire constater que trois mois après leur importation, ces animaux sont dans de bonnes conditions de santé. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : soo francs. PRIX EXTRAORDINAIRES. XXIII 1 70 — 187». — Multiplication en France de V Hydropotes imrmis (Ke ou Chang). On devra faire constater la présence de dix individus au moins âgés de plus d'un an et issus des reproducteurs importés. Concours prorogé jusqu'au l''' décembre 1885. — Pnix : looo francs. iS° — 1865. — Domestication en France du Castor, soit du Ca- nada, soit des bords du Rhône. On devra présenter au moins quatre individus mâles et femelles, nés chez le propriétaire et âgés d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au ["' décembre 1885. — Prix : soo francs. — Le prix sera doublé si l'on présente des individus de seconde géné- ration. IQo — 1875. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou en forêt), de Kangurous de grande espèce. On devra faire constater la présence de dix individus au moins, nés à I 'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1'^'" décembre 1885. — Prix : «ooo francs. 20» — 1875. — Multiplication en France, à l'état sauvage (dans un grand parc clos de murs ou eu forêt), de Kangurous de uetite taille. On devra faire constater la présence de dix individus au mouis, nés à l'état de liberté, parmi lesquels six animaux seront âgés de plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1^'" décembre 1885. — Prix : 500 francs. 21« — 1882. — Multiplication en France du Lapin géant des Flandres, à oreilles droites. On devra présenter 5 mâles et 5 femelles adultes, nés chez l'éleveur, du poids moyeu de 8 kilogrammes. Concours ouvert jusqu'au l^"'' décembre 1885. — Prix : 300 francs. 2-2" — 188*2. — Alimentation du bétail par le Téosinté {Reana luxurians). On devra présenter un compte établissant le rendement obtenu, en poids, d'une plantation de Téosinté couvrant au moins 25 ares et fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour le bétail. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 300 francs. 23» — 1882. — Alimentation des animaux par le Soya. On devra fournir des renseignements circonstanciés sur les avantages ou les inconvénients que présente ce mode d'alimentation pour les ani- maux soit à l'état vert, soit à l'état sec. Concours ouvert jusqu'au 1'='' décembre 1885. — Prix : 300 francs. XXIV SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. DEUXIÈME SECTION. — OISEAUX \o — 1H<>4. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra èlre accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur de 200 ;"i .^00 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. 20 _ 1875. — Un prix de 500 francs sera accordé à l'inventeur d'un genre de nourriture artificielle ou composition pouvant rem- placer partout et à un prix modéré les œufs de fourmis (nymphes et larves), pour l'élevage des Perdrix et des Faisans. Ou devra justifier du plein succès du procédé et livrer ce genre de nour- riture à un prix qui ne sera pas plus élevé que celui des œufs de fourmis. Concours ouvert jusqu'au \" décembre 1885. — Paix : 500 francN. 3û _ 1864. — Introduction et acclimatation d'un nouveau gibier pris dans la classe des Oiseaux. Sont exceptées les espèces qui pourraient ravager les cultures. On devra présenter plusieurs sujets vivants de seconde génération. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1885. — Prix : soo lOOO rrancs. A" — 1870. — Multiplication et propagation en France ou en Algérie du Serpentaire (Gypogeranus Serpentarins). On devra présenter un couple de ces oiseaux de première génération ^ et justifier de la possession du couple producteur et des jeunes obtenus. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Pnix : «ooo francs. 5" — 1868. — Acclimatation du Martin triste (Acridotheres tristis) ou d'une espèce analogue, en Algérie ou dans le midi de la France. On devra présenter cinq paires de ces oiseaux, adultes, de seconde génération. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : soo n-uncs. G" — 1870. — Multiplication en France, à l'état sauvage, de la Pintade ordinaire {Numida Meleagris). On devra faire constater l'existence, sur les terres du propriétaire, d'au moins quatre compagnies de Pintades de six individus chacune, vivant à l'état sauvage. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1885. — Prix : «50 n-anes. 1° — 1875. — Multiplication en France, k l'état sauvage, du Faisan vénéré. On devra faire constater l'existence d'au moins dix jeunes sujets vivant en liberté et provenant du couple ou des couples lâchés. Concours prorogé jusqu'au l^décendjre 1885. — Prix : soo francs. 8" — 1870. — Création d'une race de Poules domestiques pondant de gros œufs. PRIX EXTRAORDINAIRES. XXV On devra présenter au moins douze Poules de 3^ génération, constituant une race stal)le, et donnant régulièrement des œufs atteignant le poids de 75 grammes. Cette race, créée parla sélection ou par croisement, devra pré- senter les caractères d'une variété de bonne qualité pour la consommation. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — f^iux : 500 n-ancs. 9° — 1879. — Reproduction en captivité du Lophopliore {Lo- phophoriis refulgens) en France. On devra présenter au moins six sujets vivants nés chez le proprié- taire et issus d'oiseaux nés en Europe. Concours ouvert jusqu'au l'^'' décembre 1885. — Prix : 500 francs. 10° — 1867. ^ Introduction et multiplication en France, en par- quets, du Tétras huppecol (Tetrao Citpido) de l'Amérique du Nord. On devra présenter au moins douze sujets, complètement adultes, nés et élevés chez le propriétaire. Concours prorogé jus(|u'au 1" décembre 1885. — Prix : î50 n-anc^i. Le prix sera doublé si la multiplication du Tétras huppecol a été obtenue en liberté. il" — 1870. — Multiplication en France, à l'élat sauvage, de la Perdrix de Ciiine {Galloperdix Sphenura) ou d'une autre Perdrix percheuse. On devra faire constater l'existence d'au moins six sujets vivant en liberté et provenant du ou des couples lâchés. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : soo francs. 12° — 187 7. — Importation des grosses espèces de Colins (ori- ginaires du Mexique et du Brésil) et des petites espèces de Tina- mous de l'Amérique méridionale. On devra avoir importé au moins six couples de ces oiseaux et justifier que trois mois après leur importation ils sont dans de bonnes conditions de santé. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 950 n-ancs. 13° — 187 7. — Multiplication en volière des grosses espèces de Colins originaires du Mexique et du Brésil, ou des petites espèces de Tinamous de l'Amérique méridionale. On devra présenter dix sujets vivants nés des oiseaux directement im- portés du pays d'origine. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 3«o francs. 14,0 __ f 881. — Reproduction de la grande Outarde (^Otis tarda) à l'élat sauvage. On devra prouver que trois couples au moins de grandes Outardes ont couvé et élevé leurs jeunes en France, sur les terres du propriétaire. Concours ouvert jusqu'au 1'^'" décembre 1885. — Prix : soo francs. 15° — 1870. — Domestication en France ou en Algérie de ITbis sacré (Ibis religiosa) ou de l'Ibis falcinelle {Ibis falcinelliis), ou d'un autre oiseau destructeur des Souris, Insectes et Mollusques nui- sibles dans les jardins. XXVI SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Sont exceptées les espèces qui pourraient ravager les cultures. On devra faire constater l'existence de quatre sujets au moins de pre- uière vénération, vivant en liberté autour d'une habitation et nés de parents libres eux-mêmes dans la propriété. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 5oo n-anes. 16° 186'?. — Domestication de l'Autruche d'Afrique {Strii- thio camelus) en Europe. On devra justifier de la possession d'au moins six Autruches nées chez le propriétaire et âgées d'un an au moins. Concours prorogé jusqu'au 1^' décembre 1885. — Prix : isoo n-ancs. 17» l§79. — Création en Algérie d'une ferme d'Autruches. On devra être possesseur de dix couples, au moins, de reproducteurs, et avoir fait naître et élever dans les trois années précédentes cent jeunes autruchons. Les concurrents ne seront pas tenus d'entretenir chez eux tous les jeunes produits; mais ils devront fournir des documents authen- tiques justifiant de la destination qui leur a été donnée. Les concurrents devront présenter un compte des dépenses et recettes occasionnées par l'entretien du troupeau ; faire connaître la valeur des plumes livrées au commerce; les procédés cà employer pour la multipli- cation des jeunes (incubation naturelle ou hydro-incubateurs), et adresser à la Société un rapport circonstancié donnant tous les détails propres à l'éducation de l'Autruche en captivité. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : fooo n-ancs. 18" _ 1873. _ Domestication d'un nouveau Palmipède utile. On devra présenter au moins dix sujets vivants de seconde génération produits en captivité. Concours prorogé jusqu'au l^"" décembre 1885. —Prix: fooo n-anes. IQo __ 1882. — Un prix de 300 francs sera décerné à l'auteur du meilleur travail sur les nichoirs artificiels pour la protection et la propagation des espèces d'oiseaux qui nichent dans les creux ou trous des arbres, des murailles ou des rochers. L'auteur devra produire des modèles de nichoirs en indiquant leur mode de construction et leur prix de revient, et justifier des résultats obtenus depuis cinq ans au moins. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1890. — Prix : 300 francs. 20" — 18S*i. — Un prix de 300 francs sera accordé h. l'inven- teur d'un genre de nourriture artificielle ou composition pouvant remplacer les pâtées fraîches, pour les oiseaux insectivores entre- tenus en volières. On devra faire connaître la composition et le mode de préparation, justifier des avantages que présente l'emploi de cette composition au point de vue de sa conservation, de ses qualités nutritives cl de son prix de revient. Concours ouvert jusqu'au 1'^'' décembre 1885. — Prix : 300 n-ancs. PRIX EXTRAORDINAIRES. XXVII TROISIÈME SECTION. — POISSONS, MOLLUSQUES, ETC. CRUSTACÉS, ANNÉLIDES 10 — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. 11 pourra être accordé, dans cliaque section, des primes d'une valeur ■de 200 à .500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce '«nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. ^0 _ 1882.^— Recherches sur les propriétés physiques et chimiques des eaux douces au point de vue de l'aquiculture. L'auteur devra faire ressortir, par des observations et des analyses pratiques, les conditions favorables au développement des diverses «spèces de Poissons, Crustacés, Mollusques et Végétaux. Concouî-s ouvert jusqu'au !*■• décembre 1885. — Prix : 500 francs. 3» _ 1883. —Recherches sur les propriétés physiques et chi- miques des eaux de mer et saumâtres au point de vue de l'aquicul- ture. L'auteur devra faire ressortir, par des observations et des analyses pratiques, les conditions favorables au développement des diverses ^espèces de Poissons, Crustacés, Mollusques et Végétaux. Concours ouvert jusqu'au 1^' décembre 1885. — Pkix : 500 francs. REPTILES 4.0 — 1870. — Introduction et multiplication en France de la Grenouille bœuf (/?awa mugiens) de rAmérique du Nord. On devra justilier de la possession de vingt-cinq sujets nés chez le pro- .priétaire. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885.— Prix : S50 francs. POISSONS 5" _ 1873. — Introduction dans les eaux douces de la France d'un nouveau Poisson alimentaire. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins ; on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours ouvert jus([u'au l""' décembre 1885. — Prix : 5oo francs. 6» — 187». — Acclimatation dans les eaux douces de la France d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours ouvert jusqu'au l'"" décembre 1885. — Prix : looo n-anes. 7» — 1873. ~ Introduction dans les eaux douces de l'Algérie d'un nouveau Poisson alimentaire. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins; on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 5oo n-ancs. XXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Le prix sera doublé si le poisson introduit est le Gourami {Osphrome- nus olfax). go 1873. — Acclimatation dans les eaux douces de l'Algérie d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours ouvert jusqu'au \" décembre 1885. — Pnix : looo frnnc««. Le prix sera doublé si le poisson acclimaté est le Gourami {Osphrome- nus olfax). 90 187S. — Introduction dans les eaux douces de la Guade- loupe et de la Martinique d'un nouveau Poisson alimentaire. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins ; on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 500 rrancs. Le prix sera doublé si le poisson introduit est le Gourami [Osphrome- nus olfax ). 10° 1§73. — Acclimatation dans les eaux douces de la Gua- deloupe et de la Martinique d'un nouveau Poisson alimentaire. Concours ouvert jusqu'au 1^' décembre 1885. — Prix : lOOO franc». Le prix sera doublé si le poisson acclimaté est le Gourami (Osphrome- nus olfax). llo_ 1874. — Introduction en France du Coregonus olsego de l'Amérique du Nord. Les poissons introduits devront être au nombre de vingt au moins, et l'on devra justifier qu'ils ont été importés depuis plus d'un an. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : 500 n-anc»*. Si des multiplications du Coregonus otsego ont été obtenues en France, le prix sera doublé. 12° 1 8'3'9. — Multiplication en France du Saumon de Cali- fornie {Salmo quinnat) de l'Amérique du Nord. On devra présenter au moins 500 alevins, âgés d'un an, nés de parents existant dans les eaux du propriétaire depuis au moins dix-buit mois. L'état des reproducteurs devra être constaté au moment du frai par des pièces autbentiques. On devra également faire constater l'époque de l'éclosion des œufs et faire connaître dans un rapport circonstancié les observations auxquelles donnerait lieu l'éducation de ces jeunes poissons. Concours ouvert jusqu'au 1"" décembre 1885.— Prix : 5oo n-ancs. 130 — 1879.— Propagation dans les eaux douces de la France de la grande Truite des lacs {Salmo Lemanus). Concours ouvert jusqu'au \"' décembre 1885. — Prix : 500 n-anes. 44.0 — 1879. — Propagation dans les eaux de la France du Corégone Lavaret. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix : «oo francs. 15» — 1881. — Protection des poissons migrateurs. Un prix de 500 francs sera décerné à l'auteur du meilleur travail indi- ({uant, au point de vue pratique, les moyens les plus propres à assurer PRIX EXTRAORDINAIRES. XXIX la reproduction des poissons migrateurs dans les eaux douces de la France. L'ouvrage devra particulièrenienl faire connaître les avantages et le mode de construction des appareils ou ftassages, dits échelles à saumons, permettant aux poissons migrateurs de franchir les barrages, chutes d'eau et obstacles divers, dans les cours d'eau. Concours ouvert jusqu'au l'^"' décembre 1885. — Prix : 500 francs. 16" — I8S2. — Etablissement d'échelles pour les poissons mi- grateurs. Un prix de 500 francs sera décerné aux usiniers ou propriétaires qui auront établi, dans des conditions pratiques, des échelles pour le passage des poissons migrateurs. Concours ouvert jusqu'au 1"' décembre 1885. — Pfux : 500 rrnncs. 17" — 1883. — Jlultiplication des Cyprinides. Il pourra être accordé des primes ou des médailles à toute personne qui aura obtenu, dans des eaux closes, de l'alevm de Cyprinide, notam- ment la Carpe et la Tanche, et qui justifiera en avoir introduit en grand nombre dans les cours d'eau de la région et aura ainsi contribué le plus efficacement à leur repeuplement. ■ Concours ouvert jusqu'au 1^' décembre 1885. — Prix : soorrnnes. MOLLUSQUES 18° — 1867. — Acclimatation et propagation d'un Mollusque utile d'espèce terrestre, fluviatile ou marine, resté jusqu'à ce jour étranger à notre pays. — Cette acclimatation devra avoir donné lieu à une exploitation industrielle ; ses produits alimentaires ou autres seront examinés par la Société. Concours prorogé jusqu'au 1'='' décembre 1885. — Piux : 50« francs. 19" — 1869. — Reproduction artificielle des Huîtres. — Un prix de 1000 francs sera décerné pour le meilleur travail indiquant, au point de vue pratique, les méthodes les plus propres à assurer cette reproduction artificielle. L'ouvrage devra, en outre, faire connaître d'une manière précise les conditions à remplir pour obtenir les au- torisations de créer des établissements luiîlriers, et énumérer les travaux que comportent les bancs d'Huîtres naturels, aussi bien que les caractères auxquels on peut reconnaître qu'un banc est exploi- table; enfin quelles sont les mesures qu'il convient de prendre pour l'enlèvement du coquillage. En un mot, ce travail devra constituer un véritable manuel d^ ostréiculture. Concours prorogé jusqu'au 1" décembre 1885. — Prix: tooo rranc!i. -20» — 1879. — Culture de la Moule sur les côles méditerra- néennes. On devra justifier d'une superficie d'un hectare mis en culture, soit sur XXX SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. fond horizontal, soit sur bouchots, et ayant donné des produits ahraen-^ taires au moins une année. Les concurrents devront joindre à l'appui de leur demande un mémoire indiquant, au point de vue pratique, les moyens les plus propres à assurer le succès de semblable industrie, et présenter un compte des dépenses occasionnées pour l'établissement de l'exploitation et des bénéfices qu'on, peut en tirer. Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1885. — Paix : looo francs. CRUSTACÉS 210 — 1867. — Introduction et acclimatation d'un Crustacé- alimentaire dans les eaux douces de la France, de l'Algérie, de la, Martinique ou de la Guadeloupe. Concours prorogé jusqu'au i" décembre 1885. — Prix : 5oo francs.. QUATRIÈME SECTION. — INSECTES 1° — 1864. — Introduction d'espèces nouvelles. Il pourra être accordé, dans chaque section, des primes d'une valeur- de 200 à 500 francs à toute personne ayant introduit quelque espèce nouvelle utile ou ornementale d'un réel intérêt. 2» _ 1865. — Acclimatation et multiplication soutenue pen- dant trois années au moins en Europe ou en Algérie d'un insecte producteur de cire, autre que l'Abeille ou les Mélipones. Concours prorogé jusqu'au i"" décembre 1885. — Prix: «ooo francs. SÉRICICULTURE 30 — 1881. — Acclimatation et multiplication soutenue pen- dant trois années au moins, en France ou en Algérie, d'une nouvelle espèce de Ver à soie produisant de la soie bonne à dévider ou à. carder pour employer industriellement. Le prix ne sera accordé que sur preuve d'une production annuelle de- trois mille cocons au moins. Concours ouvert jusqu'au l'"" décembre 1885. — Paix : 1000 francs. 40 — 1881. — Application industrielle de la soie de l'At- tacus Cynthia vera, Ver à soie de l'Ailante. On devra présenter plusieurs coupes d'étoffe formant ensemble au moins 50 mètres, et fabriquées avec la soie dévidée en fils continus de YAttacus Cijnthia et sans aucun mélange d'autres matières. Les tissus, de bourre de soie sont hors de concours . Concours ouvert jusqu'au 1'''" décembre 1885. — Prix : 1000 francs. 50 — 1818. — Encouragement, en France, à un établissement industriel pouvant livrer à la consommation, et prêtes à être tissées,. PRIX EXTRAORDINAIRES. - XXXI des soies grèges ou des fdoselies des cocons d'une des espèces ci- après désignées : Attacus Yama-maï, Pernyi, Cyntliia, Cecropia, Polyphe- imis, Ole, espèces qui ont déjà été l'objet d'éducations en France sur une échelle plus ou moins étendue. Concours ouvert jusqu'au l^' décembre 1885. — Prix : looo n-ancs. go — 187 7. — Vers à soie du Mûrier. — Études théoriques et pratiques sur les diverses maladies qui les atteignent. Les auteurs devront, autant que possible, étudier monographiquement une ou plusieurs des maladies qui atteignent les Vers à soie, en préciser les symptômes, faire connaître les altérations organi({ues qu'elles entraînent, étudier expérimentalement les causes qui leur donnent naissance et les meilleurs moyens k employer pour les combattre. Concours ouvert jusqu'au 1"" décembre 1885. — Ptux : looo francs. 70 _ 1870. — Vers à soie du Mûrier, — ^Production dans le nord de la France de la graine de Vers à soie de races européennes par de petites éducations. Considérant l'intérêt qu'il y aurait à encourager la production de la graine saine des Vers k soie du Mûrier de races européennes, les prix sont institués pour récompenser dans les bassins de la Seine, de la Somme, de la Meuse, du Rhin, ainsi que dans la portion sep- tentrionale du bassin de la Loire, les petites éducations qui permet- tront de mettre au grainagedes cocons provenant d'éducations dans lesquelles aucune maladie des Vers n'aura été constatée. La Société n'admettra au concours du grainage que les graines de Vers à so^e de races européennes. Elle ne primera aucune éducation portant sur plus de 30 grammes- de graine pour une même habitation. Mise au grainage de plus de 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 500 francs chacun. Mise au grainage de 25 à 50 kilogrammes de cocons : Deux Prix de 2»0 fVaucs chacun. Mise au grainage de 10 k ^25 kilogrammes de cocons : Quatre Prix de 150 francs chacun. Mise au grainage de 5 k 10 kilogrammes de cocons : Dix Prix de 100 francs chacun. Ces primes seront distribuées chaque année, s'il y a / oiseau de mœurs très douces, non batailleur, qui ne dérange pas les autres gibiers, et qui fournit de très beaux tirés dans les endroits où il se propage. Ce Francolin se rencontre dans les plaines les plus chaudes du Bengale comme dans les neiges de l'Hymalaya. Parmi les envois précieux d'animaux qui nous ont été faits cette année, nous devons mentionner particulièrement ceux de M. Tony Conte , premier secrétaire de l'ambassade de France au Japon (l). Le corps diplomatique français a, du reste, constamment témoigné de l'intérêt qu'il prend aux tra- vaux de la Société d'Acclimatation par les envois qu'il lui fait de l'étranger. Dès l'origine de la Société, M. de Montigny faisait parvenir en France les Yacks du Thibet et les Grues de Mantchourie. Un peu plus tard, M. Léon Roche nous fournis- sait les moyens d'importer du Japon de la graine de Ver à soie de race saine. Depuis, des dons très fréquents nous ont été faits par les divers représentants de la France à l'étranger, notamment par M. de Montebello, qui a beaucoup contribué à enrichir nos collections de plantes et d'animaux, et par M. Tony Conte, dont les envois n'ont pas moins de valeur. On doit notamment à M. Conte l'introduction en France de la Poule Phénix, si remarquable par la beauté et le développe- ment phénoménal de son plumage; chez les mâles, certaines plumes de la queue ne mesurent pas moins de 1'",60 de lon- gueur. Un des caractères de la Poule Phénix est d'avoir les pattes bleues, alors que chez d'autres races japonaises (la Poule de Nangasaki et la Poule de Yokohama, laquelle est assez voisine de la Poule dite du Gange) les pattes sont de couleur jaune. Ce caractère particulier et quelques autres différences, notamment dans la forme de la tête, semblent in- diquer que ces races n'ont pas une origine commune, et que les habitants de l'extrême Orient auraient soumis à la domes- ticité deux espèces de Poules distinctes. La belle Monographie des races de Poules, que notre con- (1) Proces-verbaux {Bulletin, 1882, p. 228). 3" sÉfiiE, T. X. — Séance publique annuelle. LXVI SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. frère M. La Perre de Roo a récemment publiée, et à laquelle vous avez été heureux de décerner une de vos récompenses hors classe, a attiré votre attention sur le soin qu ont pris les éleveurs anglais d'améliorer, par la sélection, nos principales races de Poules françaises, dont ils possèdent aujourd'hui les types les plus parfaits (I). Les expositions d'oiseaux, très fré- quentes en Angleterre, ont principalement contribué à ce ré- sultat. Vous vous êtes préoccupés, par suite, de la nécessité qu'il y aurait à créer un même stimulant en France, où la seule exposition de ce genre qui se fasse régulièrement au- jourd'hui est le concours général dit des animaux gras, or- ganisé chaque année à Paris par les soins de l'administration. Vous ne vous intéressez pas seulement, en effet, à l'acqui- sition d'espèces exotiques; la conservation, la propagation et l'amélioration de nos espèces indigènes vous préoccupent également. C'est pourquoi vous avez appris avec satisfaction le soin qu'apportent plusieurs de nos confrères à répandre dans leur région les meilleures races domestiques. Nous rap- pellerons particulièrement les renseignements qui vous ont été donnés à ce sujet par M. Fabre Firmin (2) et par M. Piuinet du Tailly (3), ainsi que par M. Masson, lequel vous a fait par- venir une note sur la reproduction du Cobaye ou Cochon d'Inde en demi-liberté (4). En continuant à s'occuper avec un zèle et une générosité méritoires (5) de propager l'excellente race de Canard du La- brador, si féconde et si rustique, M. Garnot vous a signalé les qualités d'une race de Poule remarquable au point de vue de la production des œufs : la Poule de Campine argentée, laquelle donne, bon an mal an, 240 à 260 œufs, et souvent plus. Notre confrère n'évalue pas à moins de douze kilogram- mes le poids total des œufs que peut donner cette Poule, et il (1) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 2-28). (2) Ibidem, p. 570. (Z) Ibidem, p. 168. (4) N. Masson, Note sur la reproduction du Cobaye en demi-liberté {Bulletin, 1882, p. 464). (5) M. Garnot a bien voulu encore cette année mettre à la disposition de la Société un nombre illimité d'œuls de Canards du Labrador et six couples reproducteurs de cette belle et bonne race {Bulletin, 1882. p. 184). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXVII estime que, eu égard à son propre poids, c'est de toutes les races, après la race espagnole, si difficile à élever, celle qui pond le plus. Comme il l'a déjà fait pour le Canard du La- brador, M. Garnot a bien voulu mettre généreusement à la disposition de la Société un nombre illimité d'œufs de Poule de Campine (1), en vue d'aider à répandre l'une et l'autre race, toutes deux recommandables par leur rusticité, leur fécondité et la fixité de leurs caractères comme plumage, qui en font, en même temps que des bêtes de rente, de véritables oiseaux de luxe et d'agrément. N'oublions pas de mentionner les intéressantes communi- cations qui vous ont été faites par M. Lagrange (2) et par M. Masson (3) sur fincubation artificielle; par M. Geoffroy Saint-Hilaire (4-) et par M. Dareste (5), sur les œufs doubles et sur les corps étrangers que l'on trouve parfois dans les œufs ; enfin par M. Dareste (6), sur le développement des vé- gétations cryptogamiques dans les œufs en incubation. Les expériences de notre savant confrère ont fait voir qu'un nombre considérable (près des deux tiers) des œufs qu'on met en in- cubation doivent leur non-réussite à cet envahissement de l'al- bumine, tant par le mycélium des moisissures que par des quantités de spores, envahissement qui amène à court délai la mort par asphyxie de l'embryon (7). Les perfectionnements successifs apportés dans ces der- nières années aux couveuses artificielles ont opéré une véri- table révolution dans l'art de l'élevage et généralisé l'emploi de ces appareils. Aussi avez-vous pensé qu'une exposition spéciale de ces incubateurs présenterait un véritable intérêt pratique (8), et qu'il y aurait utilité à ce que le Ministère de (1) Procés-verbaux (Didlelin, 1882, p. 184). (2) Ibidem, p. 179. (3) Ibidem, p. 573. (4) Ibidem, p. 128, 309. (5) Ibidem, p. 106, 173. (6) Ibidem, p. 118, 180. (7) Ibidem, p. 373. (8) M. le vicomte d'Esterno a signalé à l'attention de la Société l'intérêt qui s'attacherait à l'organisation d'un concours entre les différents systèmes de cou- veuses artificielles (Bulletin, 1882, p. 690). LXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. l'agriculture organisât un concours qui aurait pour but de mettre en relief et de signaler au public les appareils donnant les meilleurs résultats, et réunissant au bon marché la sim- plicité, et par conséquent la facilité de direction. Les dé- marches que vous avez faites dans ce sens auprès de l'admi- nistration supérieure ont été accueillies avec l'attention qu'elles méritaient, et, d'après les bienveillantes assurances qui vous ont été données, vous pouvez espérer que votre demande recevra sous peu une solution satisfaisante (1). Votre attention a été appelée de nouveau cette année sur le tort considérable causé dans plusieurs localités à l'agriculture et à la sylviculture par différentes espèces de Rongeurs, tels que les Écureuils, les Mulots, les Campagnols, etc., et sur les mesures administratives propres à y mettre un terme (2). D'un autre côté, vous avez continué à vous préoccuper de l'inquié- tante diminution du nombre de beaucoup de nos oiseaux indi- gènes, si précieux par les services qu'ils rendent comme des- tructeurs d'insectes nuisibles (3), et vous avez pris des dispo- sitions pour ouvrir à ce sujet une vaste et sérieuse enquête [A). Cette question se rattache intimement à celle de la chasse. Depuis plusieurs années déjà, la diminution constante du gibier en France inspire de légitimes inquiétudes, et l'opinion publique réclame avec instances un prompt remède à un état de choses qui menace des intérêts considérables. Il ne faut pas, en effet, voir seulement dans le gibier une occasion de plaisir; il est aussi, il est surtout une source de richesses des plus productives pour le pays, soit au point de vue de l'ali- mentation, soit au point de vue du Trésor public, soit enhn au point de vue des industries nombreuses qui se rattachent à la chasse et qui en vivent. Deux chiffres en font foi : celui de trois millions et demi environ qu'a atteint, année moyenne, (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1882, p. 707). '-2] D'intéressantes communications sur ce sujet ont été faites à la Société par MM. Freslon, do Confévroii, Millet, etc. {Bulletin, 1882, p. 573, 381, 450). (3) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 316). (4) MM. De liarrau de Muratel et Millet ont particulièrement insisté auprès de la Société sur la nécessité de protéger les oiseaux destructeurs d'insectes, et sur Topporlunité de recueillir des renseignemens exacts sur la diminution de certaines espèces {Bulletin, 1882, p. 316, 317, 374). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. LXIX la vente du gibier aux Halles de Paris pendant ces dernières années, et celui de dix millions environ auquel s'élève par an le rendement des permis de chasse, au profit de l'État et des communes. Les causes de la diminution du gibier sont diverses et nom- breuses; mais il en est une sur laquelle tout le monde est d'accord : c'est la répression insufllsante, jusqu'à ce jour, du braconnage. Aussi plusieurs projets de loi sur la chasse ont-ils été élaborés dans ces derniers temps. L'un d'eux, dû à l'initiative de M. Labitte, aujourd'hui sénateur, devant être prochainement discuté par le Parlement, la Société d'Accli- matation a pensé qu'elle ne pouvait ni ne devait rester indif- férente à une réglementation d'intérêts qui lui sont chers. Une Commission, puisée dans le sein des première et deuxième sections, a été chargée d'examiner ce projet de loi; un rap- port, fruit d'une sérieuse étude, vous a été présenté (i), et, tout en vous associant, d'accord avec votre Commission, à l'esprit général du projet, qui constitue un progrès réel sur la loi de 1844, actuellement en vigueur, vous avez cru devoir signaler aux pouvoirs publics l'utilité qu'il vous paraîtrait y avoir à la suppression de certaines des dispositions contenues dans ledit projet, et à l'adjonction de certaines autres. L'ac- cueil qu'ont reçu vos démarches prouve la haute estime en laquelle sont tenus partout les travaux de la Société (2). Des rapports nombreux vous ont été adressés sur la situa- tion de vos cheptels (3) et vous devez à l'obligeance en même temps qu'au savoir de MM. Alfred Rousse (4), E. Leroy (5), Emile Courtois (6) et Delaurier aîné (7) des instructions pra- tiques résumant, à l'adresse des chepteliers, les fruits d'une (1) J. Gautier. Rapport présenté au nom de la Commission de la chasse (Bul- le.tm,\m% p. ?m). (2) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 558). (3) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 60, 109, 176, 187, 225, 308, 362, 367, 569). (4-) Alfred Rousse, Instructions pour les chepteliers: les Perruches (Bulletin, 1882, p. 4). (5) E. Leroy, Idem: les Colins et les Perdrix de Chine (Bulletin, 1882, p. I). (0) Éniilc Courtois, Idem : hi Bcrnache (FAustralie (Bulletin, 1882, p. 195). (7) Delaurier aîné, Idem: les Tragopans {Bulletin, 1882, p. 193). LXX SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. longue expérience et les résultats d'observations précieuses pour l'élevage d'un certain nombre d'oiseaux. Il serait gran- dement à souhaiter de pouvoir réunir de semblables indica- tions pour toutes les principales espèces à propager. M. William Jamrach vous a présenté le curieux relevé des importations si considérables d'oiseaux exotiques (1) aux- quelles il consacre ses soins, et qui ne peuvent être réalisées qu'au prix de grandes fatigues, souvent de sérieux dangers et toujours de dépenses énormes. C'est ainsi que, malgré les hauts prix obtenus des oiseaux ramenés vivants de l'Inde par M. Jamrach, ces importations poursuivies pendant dix-neuf années, loin de lui donner de gros bénéfices, lui ont laissé, en ce qui concerne les Lophophores et les Tra- gopans, une perte de 75 000 francs, heureusement couverte par d'autres opérations relatives au commerce des animaux. Pour se livrer, comme le fait M. Jamrach, à des voyages incessants dans l'Inde, voyages ayant uniquement pour but de rapporter des espèces précieuses, il faut donc autre chose que l'espérance du bénéfice à réaliser ; il faut avant tout être ama- teur, avoir la passion des animaux, comme c'est le cas pour notre confi'ère. Comme les années précédentes, la pisciculture a été l'objet de vos préoccupations ; vous avez suivi attentivement les pro- grès accomplis par cette industrie à l'étranger comme en France (2). Un grand nombre de nos confrères vous ont fait parvenir des renseignements sur leurs travaux de repeuple- plement des eaux; nous mentionnerons particulièrement les notes envoyées par MM. Braun (3), de Bouteyre (4), Gallais (5), Berthoule (6), Martial (7), le vicomte de Causans (8), Ch. Re- (1) William Jamrach, Importations de Faisans indiens {Bulletin, 1882, p. 585). (2) L'attention de la Société a été appelée sur les résultats remarquables ob- tenus en pisciculture dans le grand-duché de Bade, en Suède, en Allemagne, etc. (Bulletin, 1882, p. 169. 224., 227, 370). (3) Proces-verhaux {Bulletin, 1882, p. 5ij. (l) Ibidem, p. 50. (5) Ibidem, p. 57. (6) Ibidem, p. 168. (7) Ibidem, p. 171, 366. (8) Ibidem, p. 171, 232. RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXI nonard (i), de Clermont (2), P. Garbonnier et Rathelot(3). M. Després (4-) et M. Noordoek-Hegt (5) vous ont fait con- naître l'inslallalion de leurs établissements de pisciculture, et un rapport vous a été présenté sur l'importante piscifacture, véritable ferme aquicole, créée àGremat(Ain)parMM. Liigrin et du Roveray qui, grâce à une heureuse découverte, ont su résoudre, dans cet établissement modèle, le problème de l'ali- mentation économique du poisson (6). M. le docteur Maslieurat-Lagémard, membre du Conseil général de la Creuse, vous a rendu compte des résultats très encourageants donnés par les opérations d'empoissonnement qui, sous son inspiration, s'effectuent depuis plusieurs années déjà dans les principales rivières de ce département (7). D'importants envois d'œufs de divers Salmonidés étrangers vous ont été faits cette année encore par de généreux dona- teurs, parmi lesquels nous avons, comme toujours, à men- tionner en première ligne M. le professeur Spencer F. Baird, commissaire général des pêcheries des États-Unis (8). Environ 250 000 œufs de Whilefish {Coregonus albus), expédiés de New-York par ses ordres, vous sont arrivés en parfait état et vous ont permis d'entreprendre une très intéressante expé- rience d'acclimatation sur cette espèce, dont l'introduction dans nos eaux douces constituerait une précieuse acquisition. M. Fred. Mather, membre adjoint de la Commission des pê- cheries, a bien voulu, comme de coutume, prêter son con- cours à cet envoi, pour lequel nous ne saurions nous montrer trop reconnaissants. Plusieurs dons également très précieux nous ont été faits aussi par l'Association allemande de pisciculture qui, sur la proposition de son éminent président, M. de Behr, vous a gé- (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1882. p. 223. (2) Ibidem, p. 367. (3) Ibidem, p. 567. (4) Ibidem, p. 111. (5) Ibidem, p. 564. (6) G. Raveret-Wattel, L'établissement de pisciculture de Gremat {Bulletin, 1882, p. 591). (7) Proces-verbaux {Bulletin, 1882, p. 359). (8) Ibidem, p. 55, 123. LXXII SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. néreusement fourni la possibilité d'essais d'empoissonnement au moyen d'espèces de choix (1) recommandables soit par la qualité de leur chair, soit par la rapidité de leur croissance. Rappelons, en outre, que c'est grâce aux dons déjà précédem- ment faits à notre Société par M. de Behr (2) que vous avez pu constater cette année toute la rusticité du Saumon de Cali- fornie {Salmo quinnat), sur lequel MM. Rathelot (3) et de Glermont (4) vous ont fait parvenir des détails intéressants. Sachant que la Société d'Acclimatation s'occupe de toutes les questions qui se rattachent au repeuplement des rivières et à la protection des poissons migrateurs, M. le Ministre de la guerre a fait appel à vos lumières (5), en vue de la construc- tion d'une échelle à Saumons qui doit être établie sur la rivière du Dourduf, au barrage de la Poudrerie du Pont-de-Buis (Finistère). Les nombreux documents que vous tenez de la Commission des pêcheries des États-Unis et de quelques autres sources, concernant les échelles à Saumons, vous ont permis de renseigner l'Administration sur les différents systèmes en usage et sur les types les plus avantageux au point de vue de la dépense d'établissement et d'entretien, comme à celui du ■^fonctionnement des appareils. M. Seth-Green, de Rochester (New-York), un des vélérans de la pisciculture américaine, vous a rendu compte de ses très curieuses expériences d'hybridation entre différentes espèces de Salmonidés (6). De semblables expériences méritent d'être attentivement suivies au double point de vue de l'intérêt scien- tifique et des résultats pratiques à en obtenir. Rappelons enfin la note qui vous a été adressée par M. Vi- lanovay Piera, professeur de paléontologie à Madrid, con- cernant l'aquarium ou station zoologique de Naples(7), éta- blissement international dans lequel les savants de tous les (1) Procès-verbaux {Dullelin, 1882, p. 111, 186). (2) Ibidem, p. 55, 111. (3) Ibidem, p. 565. (i) Ibidem, p. 367. (5) Ibidem, p. 71U. (6) Ibidem, 693. (7) Vilaiiova y Piera, Note sur la station zoologique de Naples (Bulletin, 1882, p. 649). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXIII pays peuvent être admis à travailler et qui, par sa situation, son organisation, son développement, surpasse tous les éta- blissements analogues fondés jusqu'à ce jour. Vous avez encore reçu, pendant votre dernière session, de nombreux rapports sur la sériciculture et sur l'élevage desdi- ^ferses espèces de Vers à soie. Nous rappellerons particulière- ment les travaux de MM. Wailly (1), Hénon (2), Max-Cornu (3) etHuin(4). En rendant compte d'une éducation bivoltine de Ver à soie du Chêne de la Chine (Attacus Pernyi) faite à Paris (5), M. Huin vous a signalé les précautions qui lui paraissent les plus propres à assurer la réussite de ce genre d'élevage; il -vous a fait part, en outre, de ses nouvelles observations sur la conservation par le froid des œufs du Ver à soie du Chêne du Japon {Attacus Yama-maï). Les expériences auxquelles il •s'est livré ont montré que le séjour des œufs en glacière ne nuit en aucune façon aux éducations, et qu'en recourant à ce procédé, on n'a plus à se préoccuper nullement, pour la nour- riture des jeunes chenilles, du plus ou moins de précocité de la pousse des feuilles. M. Huin a constaté, d'ailleurs, qu'un relard se produit chaque année dans l'éclosion des Vers; peut-être pourra-t-on, peu à peu, arriver à une concordance •complète de celte éclosion avec la pousse des feuilles. M. Clément, qui s'est occupé, lui aussi, de l'éducation de ÏA. Perni/i, a constaté la possibilité d'élever cette espèce avec ■ la feuille du Prunier. Il y a là une observation utile à enre- gistrer, au moins pour l'éducateur citadin, qui rencontre parfois une certaine difficulté à se procurer des feuilles de Chêne pour des essais d'élevage, tandis que la feuille du Pru- nier se trouve dans tous les jardins (6). Une observation du même ordre a été faite par M. Fallou, (1) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 58, Ô'OG, 361, 57G). (2) Ihidein, p. 186. (3) Ibidem, p. 566. (4) Ibidem, p. 693. (5) Huin, Education bivoltine d'Attacus Pernyi; rusticité de TAltacus Yama- maï {Bulletin, 1882, p. U). (6) A.-L. Clément, i\ote sur une éducation (/'Attacus Pernyi faite sur le Pru- nier {Bulletin, 1882, p. 84). LXXIV SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. lequel a réussi à élever sur l'Erable plane VAttacus Ce- cropia, et à utiliser ainsi une feuille sans valeur pour l'éduca- tion de ce Ver à soie américain qui, dans les conditions naturelles, vit aux dépens des arbres fruitiers (1). M. Alfred Wailly, qui continue avec le plus grand zèle ses importations de Bombyciens séricigènes exotiques, est par- venu, sous le climat si peu favorable de Londres, à mener à bien l'éducation de nombreuses espèces tirées de l'Inde, de la Chine et de l'Amérique du Nord (2). Les croisements qu'il a obtenus de certaines de ces espèces ne sont pas seulement curieux, car les races hybrides ainsi formées semblent pré- senter des avantages sous le rapport de la qualité de la soie. M. Maurice Girard a porté à votre connaissance des aber- rations dans la forme du contour des ailes observées chez VAttacus Pernyi et chez VAttaciis Yama-maï (3). Ces aber- rations, qui constituent, en somme, un défaut dans la con- texture du contour des ailes, se sont toutes produites dans des éducations captives, faites plus ou moins à la chambre, et elles proviennent vraisemblablement d'une dégénérescence, le papillon ne trouvant plus dans les tissus de la chrysalide assez de matière pour garnir complètement ses ailes. Il est assez probable que ces faits ne se présenteront plus quand VAttacus Pernyi sera entièrement acclimaté en France, à la façon du Ver à soie de l'Ailante, comme il l'est déjà dans le nord de l'Espagne. Aussi M. Maurice Girard est-il d'avis que nous devons porter tous nos efforts sur cette espèce, et laisser de côté VAttactis Yama-maï du Japon, exigeant un climat insulaire dans des conditions spéciales. Mais nous devons fonderies plus légitimes espérances sur l'A. Pernyi^ à soie excellente, en voyant les magnifiques cocons présentés à la Société et provenant d'éducations en plein bois et entièrement à l'air libre, faites par M. J.-B. Biaise, à Choloy (Meurthe-et- (1) J. Fallou, Note pour servir à l'éducation d'un Bombycien séricigène {Bul- letin, 1882, p. 137). (2) Alfred Wailly, Educations de Bombyciens séricigènes. — Séricigènes exo- tiques (Bulletin, 1882, p. 576;. (3) Maurice Girard, Note sur le» aberrations observées cliei les Attaciens asia- tiques (Bulletin, 1882, p. 653). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXV Moselle), et par M. J. Falloii, dans la forêt de Sénart (Seine- et-Oise). M"" veuve Simon, née de Fruisseaux, de Forest-Halle-lez- Briixelles, a continué ses éducations d'Attaciis Pernyi; elle paraît être aujourd'hui définitivement en possession de la race imivoltine créée par ses soins depuis cinq ans Çl). M. Hignet, de Varsovie, qui s'occupe avec succès de Féle- vage du Ver à soie du Mûrier et de plusieurs Bombyciens sé- ricigènes nouveaux, vous a fait parvenir, avec de la graine saine provenant de sa récolte (2), des échantillons de cocons et de soie qui donnent lieu de croire que l'industrie séricicole trouverait en Pologne des chances de réussite. D'autres envois de graines de choix vous ont été également faits, notamment par M'"' Boucarut (3) et par M. le comte Casali (4), de Milan, qui a bien voulu vous mettre à même d'essayer l'éducation de la race milanaise dite Verdolina Ca- sati, très répandue en Lombardie et en Vénétie, où elle est fort estimée. Comme les années précédentes, de nombreux rapports sur la culture des plantes qu'ils tenaient de la Société vous ont été adressés par plusieurs de nos confrères (5). Vous avez surtout remarqué ceux fournis par M. Mathey (6) et par M. Félix de la Rochemacé (7) sur l'utilisation de la Saggina comme plante fourragère; par M. Ludovic Joffrion, sur la culture du Soja, du Chou de Chaves, etc. (8); par M. Giuseppe Gnecchi, de Milan, sur la possibilité de l'introduction du Téosinlé dans l'Italie centrale et méridionale (9) ; par M. Le- mut, sur la culture du Pht/salis Peruviana (10). (1) Procès-verbaux (Bulletin, 1882, p. 58, 176, 305). (2) Ibidem, p. 123, 175. (3) Ibidem, p. 306. (i^ Ibidem, p. 697. (5) Des notes très intéressantes ont été adressées notamment par MM. Nau- din, Léo d'Ounous, Casati, Sagot et Mathey (Bulletin, 1882, p. 306, 307, 612 6tt3, 697, 698). (6) Proces-verbaux (Bulletin, 1882, p. 697). (7) Ibidem, p. 59. (8) Ibidem, p. 113. (9) Ibidem, p. 115, 170. (10) Ibidem, p. 235. LXXYI SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. Nous devons une mention toute particulière aux nombreux succès obtenus dans la culture de plantes alimentaires nou- ^velles par M. Paillieux (1), auquel revient l'honneur de plu- .sieurs acquisitions fort intéressantes. Parmi les mémoires importants qui vous ont été soumis concernant différents végétaux, il convient de citer spéciale- ment aussi ceux de M. Dabry de Thiersant, sur le Caféier de .Libéria et sur la culture de cette espèce, qui paraît appelée à. faire avant peu une concurrence sérieuse au Café d'Arabie et à enrichir en même temps un grand nombre de pays inter- tropicaux (2) ; de M. Charles Rivière, sur le genre Melaleuca au point de vue du boisement économique et pratique de l'Algérie (3); de M. Romanet du Gaillaud, sur l'introduction en France de deux Vignes chinoises (-4); de M. le docteur E. Bretschneider, médecin de la légation de France à Pékin, sur un certain nombre de plantes de la Chine, etc. (5). M. le docteur Mène a continué le travail considérable qu'il .a entrepris sur la flore du Japon. Cette étude, d'une haute valeur scientifique, constitue assurément l'un des plus remar- quables documents qu'ait jusqu'ici T^uhWés noire Bulletin (6). De son côté, M. Auguste Pissot, inspecteur des forêts, con- servateur du Bois de Boulogne, a complété le rapport qu'il avait commencé l'an passé sur les conséquences du rigoureux hiver de 1879-1880, pour les diverses essences d'arbres réu- nies dans ce parc admirable. Ce savant et consciencieux tra- vail fournit bien des indications utiles pour les amateurs de cultures forestières et d'ornement (7). M. Bouchereau, qui a été le premier, au moins en France, à donner à l'Eucalyptus une utiUsation industrielle comme (1) Procès-verbaux {Bulletin, 1882, p. 312, 361, 493, 636). (2) Dabry de Tliiersant, Le Caféier de Libéria (Bulletin, 1882, p. il7). (3) Charles Rivière, Le Niaouli et le genre Melaleuca en Algérie {Bulletin, 1882 p. 529.602). (4) Romanet du Gaillaud, Sur deux Vignes chinoises {Bulletin, 1882, p. 384). (5) E. Bretschneider, Plantes de Pékin (Bulletin, 1882, p. 596). (6) Df E. iMène, Des productions végétales du Japon {Dullelin, 1882, p. 7, 142, 273, 466, 658). (7) Auguste Pissot, Effets des gelées au bois de Boulogne {Bulletin, 1882, p. 86. 197). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIETE. LXXVIÏ ' bois d'ébénisterie, vous a signalé l'inexactitude d'assertions d'après lesquelles ce bois serait d'un emploi difficile. Notre confrère a fait voir qu'en prenant les plus simples précau- tions après Tabatage des arbres, le bois ne se crevasse pas/ reste sain et facile à travailler, et conserve toute sa partie ré- sistante (1). ' Comme toujours, des dons généreux (2), des envois impor-' tants de plantes, fruits et graines, aussi bien que d'animaux,^ vous ont été faits. Nous mentionnerons en particulier ceux de MM. Ujfalvi (3), Maéda(4-), Paillieux (5), Bretschneider (6), Heymonet(7), Jules Grandidier (8), Fréd. Romanet du Cail- laud (9), Sanford (10), Emile Harel (11), Vavin (12), Tou- rasse (13), et Le Myre de Villers (U). Rappelons enfin que la bibliothèque s'est encore enrichie d'une façon importante, grâce à la générosité de nombreux donateurs, au nombre desquels figurent en première ligne MM. les Ministres de l'agriculture, de la marine (15) et du commerce (16). (11 Procès-verbaux (Bulletin, 1882, p. 116). (2) Nous devons rappeler en particulier le don d'une somme de 1000 francs fait à la Société par M. Berend, pour la fondation d'un prix à décerner à l'au- teur du meilleur travail faisant connaître, au point de vue historique et pratique, les travaux relatifs à l'acclimatation et les résultats obtenus depuis la création de la Société (Bulletin, 1882, p. xvii, 227). (3) M. Georges de Ujfalvi a ramené de Turkestan de nouveaux types de Oiiicus lévriers très intéressants (Bulletin, 1882, p. 129). (4.) Procès-verbaux (Bulletin, 1882, p. 128). (5) Ibidem, p. 128, 493, G36. (6) Ibidem, p. 128. r (7) Ibidem, p. 116. (8) Ibidem, p. 116. (9) Ibidem, p. 225, 301. (10) Ibidem, p. 232. (11) Ibidem, Y>. 309. > (12) Ibidem, p. 363,494,636. (13) Ibidem, p. 568. (14) M. Le Myre de Villers, alors gouverneur de la Cochinchine, a fait, .au conir mencemcnt de Tannée, un très important envoi de plantes et d'animaux, com- prenant notamment des Bœufs trotteurs renommés par leur rapidité, de petits Chevaux siamois, et un grand nombre d'oiseaux intéressants, entre autres des Éperonniers de Germain (Bulletin, 1882, p. 309). (15) Procès-verbaux (Bulletin, 1882, p. 689). (16) Ibidem, p. 166, 689. 11 convient de mentionner spécialement aussi M. Thomas B. Fcrguson, com- missaire des États-Unis à TExposition universelle de 1878, à Paris, qui a bien LXXVIII SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. Si, grâce aux notables progrès dont ce rapport vient de vous donner un aperçu, la Société a ressenti des satisfactions bien légitimes, elle a aussi, Messieurs, compté des jours de tristesse et de deuil. Nous avons eu la douleur de perdre M. Tourasse, qui ser- vait activement la cause de l'acclimatation, et qui, possesseur d'une grande fortune, la consacrait presque entièrement à des œuvres philanthropiques et d'utilité générale. Amateur distingué de plantes rares, M. Tourasse avait réuni dans le vaste parc de sa villa, près de Pau, des collections du plus grand intérêt; il y avait, en outre, créé un champ d'expé- riences et une véritable école d'arboriculture, qui rendaient de très utiles services. M. Tourasse emporte les regrets de tous ceux qui l'ont connu. La Société a aussi perdu deux de ses délégués à l'étranger : M. Wilson, de Philadelphie, l'un de nos plus actifs représen- tants, et M. le docteur Ploem, de Batavia, correspondant zélé, auquel nous devions de nombreux envois de plantes et d'ani- maux. La mort nous a également enlevé M. Duchesne de Bel- lecourt, ancien ministre plénipotentiaire, qui, depuis long- temps membre honoraire de la Société, profitait de son séjour à l'étranger pour nous faire de précieux envois. MM. Piver, Henri Mars, Gustave Dufeu, Eugène Gallimard, Grubert, Chaumette, Speltz, deBellonnet, Tobias, Casamayor, de Gouttes, F. A. Liénard, Cornalia, Bonnefons, de Faultrier, Cadaran de Saint-Mars, de Chanteau, A. Gros, Béchu et baron de Lintjens, ont aussi disparu de nos rangs. La Société, Messieurs, a ressenti cruellement la perte qu'elle a faite en la personne de ces regrettés collaborateurs, et c'é- tait pour nous un devoir, dans cette revue de la session qui vient de finir, de rendre un dernier hommage à leur mé- moire. A côté de ces vides douloureux faits dans nos rangs, nous avons heureusement à enregistrer des adhésions nombreuses, en même temps que la création de Sociétés qui, filles de la voulu adresser à la Société la série complète des rapports officiels publiés sur cette Exposition par ordre du gouvernement fédéral {Bulletin, 1882, p. 53). RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. LXXIX nôtre, viennent unir leurs efforts aux siens. Ces relations, cette communauté d'efforts, contribueront certainement dans l'avenir à faire progresser plus rapidement encore que par le passé l'œuvre si éminemment utile de l'acclimatation. RAPPORT AU NOM DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES (^> Par M. Alb. GEOFFROY SAIIKT-HILAIRE Secrétaire général. Mesdames, Messieurs, J'ai l'honneur de venir lire devant vous le rapport relatif aux récompenses que la Société nationale d'Acclimatation dé- cerne aujourd'hui pour la vingt-sixième fois. Qu'il me soit permis de remercier comme il convient les rapporteurs des cinq sections, MM. Saint-Yves Ménard, Millet^ Vidal, Fallou et le docteur Mène qui ont apporté dans leurs délicates fonctions l'esprit le plus éclairé ; ce n'est pas d'au- jourd'hui que nous savons apprécier ces collaborateurs. Nos récompenses, comme vous le verrez bientôt, vont cher- cher les lauréats dans les cinq parties du monde. C'est que notre Société prend intérêt à tous les résultats, quel que soit le lieu où ils sont obtenus. L'œuvre de la Société d'Acclimatation, Mesdames et Mes- sieurs, a fait depuis que notre association existe les progrès les plus importants. Aujourd'hui l'esprit public est initié à nos efforts ; nous pouvons, sous l'impulsion du chef émi- nent que nous nous sommes donné, aborder l'étude des pro- blèmes les plus difficiles. Pour atteindre le but, il nous faut un état-major composé de savants distingués : nous l'avons ; il nous faut une armée de travailleurs; nos efforts doivent tendre à l'augmenter, car (1) La Commission des récompenses était ainsi composée : Membres de droit: MM. le Président et le Secrétaire général. Membres déléijués du Conseil: MM. Berthoulc, Maurice Girard, le docteur H. Labarraque, liaveret-Wattcl et le marquis de Sinéty, Membres délégués des sections: MM. Saint-Yves Ménard _(!"= section), G. Millet (2° sect.), Vidal (3= sect.), J. Fallou (4° sect.) et le docteur Mène (5° sect.). RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. LXXXI nous ne serons jamais assez nombreux, assez riches, pour tout le bien que nous avons à faire. Mais revenons sans plus tarder à la proclamation de nos lauréats. La liste en est longue et je réclame l'indulgence de l'assemblée pour le rapporteur. PREMIÈRE SECTION. — MAMMIFÈRES. Gi*nnENDANT L'INCUBATION / Caire, Parc de Matarieh, lo mars 188'2. Monsieur le Secrétaire général , Voici le résultat de quelques observations laites aux mois d'avril et de mai dernier, pour me rendre compte, du moins approximativemenl, de la chaleur que chaque embryon déve- loppe pendant l'incubation. Faute de pouvoir suivre une méthode d'expérimentation scientifique, voici la marche suivie pour arriver au résidlat : Deux incubateurs (hydro-couveuses) parfaitement pareils furent installés dans des conditions tout à fait identiques. Je fis marcher les deux concurremment à vide pendant quinze jours, pour m'assurer que leur déperdition de chaleur était la même. Ceci constaté, l'un continua à marcher à vide, l'autre fut chargé de dix œufs. A partir de la mise en incuba- tion des œufs et jusqu'au quarantième jour (veille de l'éclo- sion),je tenais compte, à chaque renouvellement d'eau, et pour les deux appareils, du produit de la quantité de litres d'eau soutirée par leur température, ainsi que du produit des litres remis par la température qu'ils avaient en entrant dans la citerne. La différence entre ces deux quantités représentait en calories la chaleur qu'il fallait ajouter chaque douze heures aux appareils pour maintenir les deux à la même température. Pendant les quarante jours, cette quantité a été : Pour l'incubateur n" -4 marchant à vide 58723 calories — 5 avec 10 œufs fécondés 297ÎU » d'où une dilTérence de 28!)29 calories i'I SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. qu'avait demandées en moins l'appareil ïf 5, calories qui né- cessairement avaient été fournies parla vie des dix embryons pendant les quarante jours d'incubation. Il faut remarquer que ce chiffre, ainsi que ceux qui sui- vent, ne représente qu'un minimum inférieur à la vérité, car la chaleur émise par les œufs pendant l'ouverture des tiroirs, le mirage, etc., était perdue et n'était pas recueillie par la machine. Toutefois, et faute de mieux, en divisant les observations en quatre périodes de dix jours chaque, j'ai dressé les tableaux suivants : Appareil n" -4 marchant à vide. [lillei'ciice on Citlories :ijoutées| PKIÎlDDE Litres d'oau Ciilories C.'ilories — - -— — ■ - du d(l jours. soutirés ot remis. de l'caii soiiliri'e. de l'caii ri'nii-o. pour une période do 10 jours. par "2i' heures. 1 320 16 824 31 080 1 5 356 1536 2 295 15 822 29 205 13 383 1338 3 314 16 130 31 086 1 4 956 1 495 A 318 16 454 41 453 15 028 1503 Totaux. 1 247 64 730 123 453 58 723 Apjmreil n" 5 avec 10 œufs fécondés l'KRlODES Litres d'eau Calories Calories DilTéreiice ou t aiories ajouté-es de soutirés de de pour 10 jour-;. et remis. l'eau soutirée. l'eau remise. une période de 10 jours. •2i heures. 1 225 1 1 936 22 275 10339 1034 2 107.5 8 591 16 582 7 991 799 o 1 30 859 13 461 6 605 660 4 91.5 4199 9058 4859 48(; Totaux. 620 31585 61379 29 791 LA VIANDE d'autruche. 13 Comparaison entre les deux tableaux qui précèdent. Calories ajoutées toutes les 24 heui'es Ep'iqiic. ^-^ — — .^- - ^,i^— — au 11" i. au 11" 5. 1 1536 1034 2 1338 799 -3 1495 660 ■ï 1503 486 DilTcrcnce ou calories fournies cliaque 2i lieures parlOeiiibryoïis. |iar clia(|uc embryon. 502 539 835 1017 50 54 83 102 Ur, sans dire que la respiration soit une combustion, cause unique de la chaleur animale, je crois pouvoir admettre une certaine relation entre la chaleur produite par l'œuf et l'air qu'il nécessite pour sa respiration, dans ce sens que si d'un côté la chaleur produite aua;mente en raison du développe- ment de l'embryon, ce dernier demande plus d'air au fur et à mesure qu'il grandit. En représentant donc par ic un volume d'air déterminé, un œuf d'Autruche nécessitera : 50 X par jour du J ■■ au 10^ jour d'incubalioii ; 54 a; » . 1 i' 20' » » 83 X î 21» 30*^ » » 40" » » 102 X 21» 31* J'espère un jour me renseigner complètement sur la valeur exacte de x. Pour le moment, l'analyse de l'air puisé dans un incuba- teur (qui en contenait 100 litres) deux heures après sa ferme- ture, m'a donné Oxygène. . . . 13.60 AuU'es gaz. . . 86.40 100 Soit, en chilfres ronds, la moitié de Toxygène avait été ab- sorbée. Ui' cet incubateur contenait 12 œufs au vingtième jour, qui, en conséquence, ont nécessité 20 litres d'air en deux 14 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. heures, soit 600 litres en vingt-quatre heures, ou bien 50 litres par œuf et par vingt-quatre heures. En divisant cette dernière quantité par 54- (coefficient de la deuxième période d'incubation), on obtient 0*925 comme valeur de x. Il faudra donc pour chaque œuf et par vingt-quatre heures : Pendant la !■■'= période 50 X 0,925 = il litres d'air par jour — 2^ — 54 X 0,925 = 50 — — 3= — 83 X 0,925 = 77 — _ 4e _ 102 X 0,925 = 94 — J'aurais bien voulu terminer ici ma lettre; mais un argu- ment en amène un autre, et je me sens bien tenté de risquer quelques mots sur ma manière de considérer la respiration des œufs des oiseaux. Je dis risquer, car je pouri^ais parfois heurter des idées reçues et des théories acceptées sans pou- voir, faute de moyens, appuyer mes opinions par la preuve indiscutable de l'expérience directe. Je vais donc me contenter devons exposer mes idées, qui sont ma conviction jusqu'à preuve contraire. J'ai à discuter deux points : le rôle de la chambre à air et la manière dont s'accomplit l'échange de gaz à travers les membranes coquillières. Sur le premier, l'idée généralement admise est que la chambre à air est un réservoir destiné à fournir les premières quantités d'oxygène au poussin avant son éclosion. Pénétré moi aussi de cette idée, quelle ne fut pas ma sur- prise en voyant, pendant l'hiver 1878-79, les Autruchons bêcher leurs œufs et naître sans toucher à la chambre à air, laissant celle-ci intacte et bêchant vers le milieu de l'œuf, quelquefois au bout opposé. Je crus d'abord à une anomalie dépendant d'une mauvaise incubation artificielle ; mais les soins minutieux, les véritables volumes de notes et observa- tions recueiUies pendant les hivers suivants, 1879-80 et 1880-81, ne me laissèrent plus aucun doute. Gela se répétait toujours, et s'il y avait anomalie, c'était lorsque le bêchage s'accomplissait en brisant d'abord la membrane interne tendue LA VIANDE d'autruche. 15 qui limite la chambre à air. Plus que jamais intrigué, je mis en incubation 60 œufs de Poule, dont 50 et quelques vinrent a éclosion. Ce ne fut qu'une confirmation. Le poussin pro- cède autrement que l'Aulruchon, mais la chambre à air de- meure intacte. L'Aulruchon frappe du bec sur un seul point (n'importe lequel, excepté sur la chambre k air) jusqu'à ce que la coquille se fende, et dès lors, par des mouvements convulsifs, et par- ticulièrement en détendant ses pattes par secousses, mais sans changer de place, il arrive à élargir les fentes et à faire sauter la coquille par gros morceaux. Le Poulet, au contraire, tourne dans l'œuf pendant le bêchage et suit de la pointe du bec le cercle qui limite la chambre à air, mais en dedans de l'œuf et non dans l'espace occupé par celte dernière. Il arrive ainsi à percer, par des coups répétés, une série de trous très rap- prochés, dont le résultat est de détacher d'une pièce toute la calotte du gros bout de l'œuf. La calotte amène avec elle la membrane tendue qui limitait la chambre à air et l'ensemble rappelle assez bien une timbale. 11 arrive quelquefois qu'un ou plusieurs coups de bec mal dirigés déchirent celte mem- brane, ou bien qu'elle se déchire lorsque le Poussin n'a pas bêché assez régulièrement; mais c'est rare. Cinquante Pou- lets sont nés sans avoir touché à la chambre à air, plus un même nombre d'Autruchons également. Toutes ces éclosions étaient-elles des anomalies ou des exceptions? Je ne le pense pas. Ce n'est pas le poussin qui perce la membrane intérieure pour atteindre l'air. Du reste, rien ne prouve que cet espace renferme de l'air respirable. Tout est là plutôt pour prouver que le poussin ne respire par les poumons qu'après le bê- chage. Gela ne veut pas dire qu'il n'inspire et n'expire pas. En effet, quelque temps avant l'éclosion, le sang est envoyé tou- jouis avec plus de force et en plus grande quantité aux pou- mons. Ceux-ci sont forcés de s'étendre et de se coniracter, et comme dans les espaces de l'œuf qui ne sont pas remplis par le corps du poussin il y a nécessairement des gaz, le bruit d'une respiration se fait entendre. Ce bruit est tellement pro- 16 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. nonce, que par l'application du microphone à l'auscullalion des u.'ufs, il m'a été permis de déterminer assez exactement le moment du bêchage. Mais si on surprend un poussin à ce moment-là, il sera facile de s'apercevoir que les poumons n'ont fonctionné que mécaniquement, non physiologique- ment. Le sang recourt encore à l'allanloïs pour s'oxyder. En pratique, on recommande beaucoup de ne pas aider le Poulet à sortir de l'oBuf; sans quoi, il mourrait d'hémorragie. Or cette hémorragie provient toujours de la déchirure d'un des nombreux vaisseaux sanguins de l'allanloïs; ce qui prouve qu'après le bêchage le sang continue encore pour quelque temps à s'oxyder à l'extérieur de l'être. Chez l'Autruche, cet état entre la vie ovarique et la vie in- dividuelle dure de trois à six heures. Au premier bêchage, à la première inspiration de l'air ambiant, le cordon ombilical et tous les vaisseaux allantoïdiens sont encore en pleine fonc- tion, et ce n'est que plus tard que le sang qu'ils contiennent reflue en grande partie à l'intérieur du corps, que le cordon ombilical se vide, se dessèche et se déchire à l'ombilic. Je crois pouvoir dire que la véritable respiration pulmonaire ne peut être que celle qui anéantit la respiration allantoïdienne. Et cette dernière n'est supprimée qu'assez longtemps après le bêchage. La chambre à air ne serait donc qu'un simple tampon élas- tique destiné à maintenir les couches des différentes albu- mines, ainsi que du vitellus, dans le même ordre et position relatives qu'elles occupaient avant la formation de la cham- bre. En effet, l'évaporation de l'œuf détermine une diminu- tion dans le volume de son contenu, et si la chambre à air ne venait pas remplacer ce vide, la cicatricule ne se trouverait plus tenue contre sa coquille, les différentes couches d'albu- mine, devenant de plus en plus planes au lieu de rester con- vexes, se déplaceraient relativement au vitellus; la position des chalazes en souffrirait aussi. Il y aurait enfin un désordre complet et une dislance telle entre la coque et la cicatricule que la transmission de la chaleur, pendant l'incubation, serait rendue très problématique. Si j'ai appuyé sur l'impor- LA VIANDE d'autruche. 17 tance qu'il y a à ce que les différentes couches d'albumine conservent (relativement au vitellus) la place qu'elles avaient . au moment de la ponte, c'est parce que j'ai lieu de croire que chacune joue, pendant l'incubation, un rôle spécial. J'ai re- marqué, sans toutefois avoir pu le constater définitivement, que certaines parties de l'œuf, dès le début de l'incubation, deviennent incoagulables. La nécessité d'un certain équilibre dans la disposition des différentes couches d'albumine pourrait bien ne pas être étran- gère à la remarque faite par M. G. Dareste, c'est-à-dire que les œufs qui ont subi des secousses de transport ne doivent pas être mis en incubation immédiatement après, mais seulement lorsqu'ils ont dem.euré en repos quelque temps. Je considère ce repos comme indispensable pour rétablir un équilibre qui a été dérangé par le transport. Une autre idée généralement admise est que la respiration allantoïdienne s'accomplit par simple filtration de l'air cà tra- vers la coque et ses membranes, ces dernières ne jouant dans ce cas qu'un rôle bien passif. Je me permets de penser diffé- remment, et voici pourquoi : Les membranes coquillières, par leurnature, laissent d'au- tant mieux passerles gaz qu'elles sont plus sèches. Une preuve grossière, mais concluante, est fournie par les œufs pourris, qui incommodent d'autant plus l'odorat qu'ils se trouvent dans un milieu plus sec. Les gaz intérieurs s'échappent alors plus facilement, et à tel point que dans une atmosphère sèche la pression intérieure de ces œufs n'arrive jamais à les faire éclater, tandis qu'ils éclatent souvent dans les climats humi- des. C'est que dans ces derniers les membranes s'opposent tellement à la sortie des produits de la décomposition, que ceux-ci acquièrent bientôt une tension énorme. Du reste, on ne saurait se rendre compte de la pression intérieure qui existe toujours dans les œufs pourris sans admettre la presque imperméabilité des membranes. Mais, d'un autre côté, il est prouvé qu'une condition indis- pensable à la bonne incubation est que les œufs plongent dans une atmosphère humide. 3* SÉRIE, T. X. — Janvier 1883. 2 18 SOCIKTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATIOJN. Quelques praticiens prétendent que cette humidité est né- cessaire pour faciliter l'éclosion, car les membranes sèches sont difficilement déchirées par les poussins, s'y collent et le gênent dans ses mouvements. Or rien de plus facile que de constater que la membrane coquillière sèche est beaucoup plus cassante, beaucoup plus facile à déchirer que l'humide, qui est tenace et élastique. Quant à se coller au poussin, c'est toujours l'effet du dessèchement de l'allantoïs et des matières albuminoïdes qui y adhèrent, mais jamais l'elTel de la mem- brane coquillière. L'humidité est donc une des conditions de l'incubation. L'œuf toutefois n'en a pas besoin, car, au contraire, il en re- jette toujours par évaporation. Voici quelques chiffres pris au hasard dans mes notes : A LA NAISSANCP;. Poids à la mise on 10 jours aprijs. 20 jours après. 30 jours après. te 5 « c 1 ^ 3 .a Poussin. Coque. ^ wT Perle iiiciih.ilion S Sr- gr. gr. gr- gr. ei-. yr- gr. 1630 1589 1557 1521 1470 1097 292 4(i 35 IfiiS 1504. 1611 1468 1570 1430 1533 1387 1470 1330 1112 1012 295 262 39 30 24 26 L'humidité ambiante n'est donc destinée qu'à maintenir les membranes coquillières à un certain degré d'humidité en empêchant une évaporation trop rapide par la coquille, éva- poration qui ne manquerait pas de se produire trop rapide- ment dans une atmosphère sèche. Mais si la vie embryonnaire n'est possible qu'en tenant les membranes coquillières dans un état qui empêche or. du moins ralentisse beaucoup le passage libre des gaz, c'est que ces gaz sont très probablement conduits à travers les mem- branes en solution dan.s ic liquide qui les humecte. Le rôle LA VIANDE d'AUTUUCHE. 19 des membranes serait donc plus compliqué qu'il ne paraît au premier abord. On s'imagine souvent que l'œuf des oiseaux (et d'autres organismes aussi) nécessite une certaine quantité de chaleur pour son développement, quantité qu'on a définie sous le nom de somme de chaleur. Je ne comprends pas, ou du moins j'ignore quelles sont et comment ont été conduites les expé- riences par lesquelles on a pu constater cette assimilation de chaleur de la part des organismes, principe qui conduit à considérer l'être vivant comme une machine à vapeur trans- formant la chaleur en vie plutôt qu'en force. Ce qui .est sûr, c'est que l'animal adulte est producteur et non consommateur de chaleur. Je ne connais pas d'oiseaux (puisque je cause Autruches) qui fassent baisser la tempéra- ture du local dans lequel ils sont enfermés. C'est le contraire qui a lieu. L'analogie déjà ferait admettre le même principe pour l'œuf en incubation, qui devrait rationnellement suivre les mêmes lois que l'organisme plus complet dont il provient et qu'il deviendra lui même. Mais il y a plus que l'analogie, il y a l'expérience. Dans un incubateur industriel, c'est-cà-dire grossièrement façonné et peu sensible, mis en pratique dans des conditions excellentes, mais contraires à des recherches exactes, la production de chaleur par les œufs, lorsqu'il y en a vingt-quatre d'Autruche dans l'appareil, est sensible du cinquième au sixième jour d'incubation. Or, si avec de tels appareils et dans de telles conditions la chaleur produite par les œufs se révèle au cinquième jour, peut-on croire autre chose, sinon que l'œuf produit de la chaleur dès le commen- cement de son développement? Des instruments scientifiques le constateraient sans doute. L'œuf ne consomme pas une seule calorie pendant toute l'incubation ; au contraire, la formation de l'être futur ne se fait qu'avec production de chaleur. Il y a, il est vrai, aux pre- miers instants d'incubation une certaine quantité de cha- leur qui disparaît temporairement : mais cette chaleur n'est autre que celle nécessaire à porter la masse de l'œuf à la température d'incubation ; en d'autres termes, c'est la resti- 20 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. tution delà chaleur que l'œuf a perdue au moment de la ponte par le refroidissement qu'il a subi, chaleur dont l'origine est dans les fonctions vitales de la Poule. Pas un atome de cha- leur étranger à la vie animale ne serait absorbé si l'œuf était mis en incubation aussitôt pondu. L'organisme (l'œuf compris) n'est pas un consommateur, mais un producteur de chaleur; seulement cette production, qui est une des manifestations de la vie, n'est possible que dans un milieu dont la température ne varie pas au delà de certaines limites. Ces températures extrêmes, au delà des- quelles les organismes cessent de vivre, sont d'autant plus éloignées, elles embrassent d'autant plus de degrés de nos échelles thermomélriques, que l'animal est plus développé, que ses organes sont plus parfaits ; 40 degrés d'écart ne sus- pendent pas la vitalité de l'adulte, mais 5 à G degrés suffisent à suspendre celle de l'œuf. Si pour l'incubation on est obligé de recourir à une source de chaleur, ce n'est pas certaine- ment pour fournir du calorique à l'œuf, qui n'en a pas be- soin ; c'est simplement pour le tenir dans un milieu d'une température telle qu'elle est nécessaire pour que ses parties constituantes, mues par une vie propre, puissent l'exercer. Je me permettrai de dire, en concluant, que l'œuf des oiseaux porte en lui tous les éléments nécessaires à le changer en animal parfait, sauf l'oxygène qu'il est obligé de prendre à l'air, et qui est la seule chose qu'il consomme, qu'il s'assi- mile. Seulement, cette assimilation n'est possible qu'à une température donnée et dans une atmosphère humide. Chaleur et humidité sont des éléments qui ne contribuent que d'une manière tout à fait passive au développement de l'œuf; ce ne sont que des conditions de vie de l'embryon, et non des élé- ments qui prennent part à sa formation. CULTURE KXPÉPJMt:NTALE DE PLANTES CHLNOISES Par n. PAILLIEL'X Messieurs, Dans notre Bulletin d'octobre vous avez pu lire une lettre très intéressante de M. le D' E. Bretsrhneider, botaniste dis- tiniïué et médecin de la légation russe à Pékin. Cette lettre était suivie d'une liste des graines et des tuber- cules de cent douze plantes dont elle avisait Tenvoi. M. A. Geoffroy Saint-Hilaire ayant bien voulu me confier la culture expérimentale d'un certain nombre de ces plantes, je vais avoir l'honneur de vous en rendre compte; mais je vous demande la permission de vous présenter quelques observa- tions en réponse à celles que contient la lettre du docteur. Dans l'appendice au dictionnaire français-latin-chinois de M. l'abbé Perny, je lis : AraliK edulis, en chinois Tou hô, et l'auteur du dictionnaire a bien voulu m'écrire le nom de la plante en caractères chinois que je mets sous vos yeux. Le Japon et la Chine ont une flore alimentaire commune, à peu près en tous points, et, lorsque j'ai dressé la liste de nos desiderata, j'ai dû croire que l'Aralia comestible mentionnée par M. l'abbé Perny n'était pas seulement cultivée en Chine comme plante médicinale, mais aussi comme plante pota- gère. Siebold ne fait pas de distinction entre VAralia edulis de Chine et celui du Japon. Selon lui, on cultive cette plante en Chine comme sudoritique, tandis qu'au Japon on la cultive essentiellement pour sa racine, qui est d'un goût agréable, et pour ses jeunes tiges, qui sont uh délicieux légume. Le compte rendu japonais de l'Exposition de 1878 s'exprime ainsi: « Udo, Aralia cordata{\)es\. une plante dont on recouvre les racines (1) Synonyme de A. edulis. 22 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACGLIMATATION. en hiver d'une couche de détritus de végétaux et dont on mange les pousses à mesure qu'elles apparaissent. Les bour- geons de ces pousses sont employés comme épices. » Mon excel- lent correspondant, M. le D' Hénon, m'écrivait, le 20 avril 1879 : « La seule plante potagère que je regrette de n'avoir pas apportée, à présent que vous m'avez envoyé le Gingembre, est une Araliacée appelée au Japon Udo. Je crois que c'est VAralia cordata de Thunberg. On en récolte les jeunes pous- ses au printemps à l'étal sauvage et on les mange cuites, comme nous mangeons les céleris et les cardons. C'est très tort et très mauvais, comme l'est du reste le céleri non blanchi ; mais VUdo, cultivé et blanchi sous des feuilles ou delà litière, est très bon et il s'en fait au printemps une assez grande con- sommation. » Je regrette infiniment que M. E. Bretschneiderne nous ait pas envoyé la plante médicinale chinoise, disposé que je suis à croire qu'elle n'est autre que l'f/do japonais, rendu comes- tible par l'étiolement. Vous savez, en effet, que les plantes acres, amères ou aromatiques à l'excès peuvent souvent être admises sur nos tables lorsqu'on les a t'ait végéter dans l'ob- scurité. M. Bretschneider nous a envoyé des tubercules d'Eleo- charis tuberosa, avec cette note : « Je vous envoie quelques échantillons de ces tubercules qu'on cultive beaucoup dans les marais et aux environs de Pékin. La plante ici ne fleurit jamais; on plante toujours les tubercules. Je doute fort que mes échantillons arrivent en bon état à Paris. » Ils sont arrivés, en effet, dans un état de complète décom- position. La plante se cultive dans l'eau comme le riz et n'au- rait peut-être prospéré chez nous que dans les terrains des- salés de la Camargue. J'aborde maintenant le compte rendu que je vous ai an- noncé de mes cultures expérimentales. J'ai cultivé les Cucur- bitacées qui portent sur la liste les n''' 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55,50,59,60,01, 02 et 03. PLANTES CHINOISES. 2S COURGES. N" 49. Courge meloniforme, de moyenne grosseur et d'assez Donne qualité. N" 50. Bénincasa cérifère. Excellent fruit que nous possé- dons déjà depuis longlemps. N° 51. Courge blanche, de moyenne grosseur, farineuse et, selon moi, de qualité tout à fait supérieure. N" 52. Courge, petite pomme rouge, non dégustée. N" 53. Courge toupie rouge; me semble purement orne- mentale. N" 54. Courge rouge, moyenne, d'excellente qualité. N" 55. Courge demi-longue, à rubans noirs sur fond jaune ; non dégustée. N° 56. Courge demi-longue à rubans blancs sur fond rou- geatre ; non dégustée. MELONS. Sous les n°' 61, 62, 63 j'ai trouvé trois Melons extrême- ment intéressants, auxquels j'ai donné des noms en rapport avec leurs caractères extérieurs. N" 61. Melon Chayote. Fruit petit, pyi-iforme, à écorce lisse, couleur vert-pomme; divisé en 1(1 côtes à peine indi- quées par des lignes d'un vert plus foncé que l'écorce. Lon- gueur, 16 centimètres; circonférence du côté du pédon- cule, 20 centimètres; circonférence du côté de l'ombilic, 27 centimètres; poids, 370 grammes. Ecorce très mince, chair épaisse, blanche, parfumée, très juteuse et très fondante. Sa forme rappelle un peu celle du Sechium edule et justifie le nom que je lui donne. Ce Melon est l'un des meilleurs que j'aie reçus de l'extrême Orient. Cultivé sous châssis, il m'a donné successivement une dizaine de fruits que je vais apprécier. Les Melons de la Chine et du Japon ont une saveur spéciale qui ne peut en aucune façon être assimilée à celle des Melons 24 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. cultivés en Europe. On ne les accepterait pas en France après le potage, comme les Cantaloups, les Sucrins, etc. On ne peut, selon moi, les manger qu'au dessert. Il faut cueillir le Melon Chayote très mûr et ne le manger que lorsqu'il est un peu amolli par la maturité et cède sous la pression du doigt. C'est alors qu'au dessert, après l'avoir pelé comme une poire et coupé en deux ou en quatre parties, on le mange, abondamment saupoudré de sucre. Ainsi présenté, il paraît bon à beaucoup de personnes, mais on doit le considérer comme un fruit à part, oublier qu'il se nomme Melon et ne pas vouloir, à tout prix, comme on le fait communément, qu'il ressemble à ce que nous pos- sédons déjà. N° 62. Melon Belle- Angevine. Fruit pyriforme, de cou- .eur verte, pointillée de jaune ; marqué de raies longitudi- nales d'un vert plus foncé que l'écorce. Longueur, 15 centimètres. Circonférence au point le plus développé, 29 centimètres. Ce Melon a la forme et la couleur d'une grosse poire et ressemble un peu au fruit dont je lui donne le nom. Son écorce est très mince; sa chair est verte, épaisse, juteuse, fon- dante et parfumée, mais il a le défaut de tous ses congénères; il n'est pas sucré. 11 faut donc le cueillir bien mûr, le servir au dessert et ne le manger qu'avec beaucoup de sucre. Le Melon Belle- Angevine est une plante d'amateur, cu- rieuse, estimable, mais inférieure aux variétés que nous cul- tivons. N" 63. Melon Zèbre. Fruit de la forme et du volume d'une grosse orange ; écorce lisse, zébrée de dix raies d'un vert foncé tranchant sur un fond jaune orange et descendant du pédon- cule à l'ombilic. Hauteur du fruit, environ 8 centimètres; circonférence, 28 centimètres ; largeur des raies variant de 1 et 1/2 à 2 cen- timètres; poids, 310 grammes. Le petit volume du fruit le ferait ranger parmi ces Melons portatifs, auxquels on a donné le nom de Melons de poche ou Melons-chasseur, s'il pouvait avoir le même emploi, mais il PLANTES CHINOISES. 25 manque de sucre comme les précédents et ne peut être mangé qu'au dessert. Le Melon Zèbre est d'un aspect séduisant ; sa chair est épaisse et blanclie, juteuse, fondante, très parfumée lorsqu'il est bien mûr. Je propose d'en faire l'usage que voici : Pour une table de vingt personnes on étagera en pyramide ou l'on disposera dans une corbeille douze ou quinze fruits qui formeront un très beau plat de milieu et charmeront les regards des invités. Au dessert, le maître d'hôtel enlèvera le plat, coupera les fruits en deux, remplacera rapidement les graines par du sucre en poudre et servira à chaque convive un demi-fruit, en forme de coupe, qui sera mangé à la cuillère comme une glace. Ce dessert sera très élégant et très bon. Je m'en suis assuré. Le Melon Zèbre ne produit que douze à quinze fruits par panneau. Le prix en sera donc assez élevé jusqu'au jour où les horticulteurs du Midi consentiront à le cultiver. La chair épaisse et relativement ferme des Melons d'Oiient se prête à la confiserie mieux que celle des nôtres, qui est trop aqueuse et ne résiste à aucun degré de cuisson. Je n'ai pas fait confire les variétés dont je viens de vous parler, mais j'aurais, je crois, réussi avec elles comme j'ai réussi avec d'autres de même origine. Permettez-moi, Messieurs, une digression. Je vous ai distribué l'an dernier des graines du Melon blanc japonais {Shiro uri) dont j'ai fait faire de bons beignets et une agréable confiserie. Autorisé par ces premiers résultats, j'ai conseillé au célèbre confiseur, Piobineau-Boissier, d'employer le Shiro uri et je lui ai présenté un horticulteur distingué, M. Millet, de Bourg-la-Reine, qui a accepté, pour essai, une commande de deux cents fruits qui ont été exactement livrés. Vous dégusterez tout à l'heui'e les échantillons, que M. Ro- bineau m'a gracieusement offerts, de ces fruits confits dans ■ sa maison. Les Melons de l'extrême Orient, et le Shiro uri mieux que tout autre, pourront être avantageusement cultivés dans le 20 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Miili et vendus aux confiseurs; mais, pour la région de Paris, ce sont des plantes d'amateur qui exigent autant de soins que les plus beaux Cantaloups et qui ne seront pas généralement cultivés. Ils provoqueront toutefois des essais d'hybridation dont on peut attendre d'heureux résultats. CONCOMBRES. N° 59. Gros Concombre. N" 60. Long Concombre. Leurs fruits sont de bonne qualité et j'en ai fait usage, comme hors-d'œuvre, pendant l'été dernier, mais ils ne se distinguent en rien des variétés que nous possédons déjà. SOYA. N"' 73, 74-, 75, 76. Ces variétés n'ont pas fleuri ou n'ont jias formé de gousses. Elles prospéreraient à coup sûr dans le midi de la France. Haricot radié {Phaseolus radiatus L.). Les graines du Haricot radié étaient accompagnées de cette note : « Beaucoup cultivé. Aliment très important. Avec la farine des graines on fabrique des vermicelles dont j'envoie quelques échantillons. » Ces échantillons n'ont pas été trouvés dans la caisse. J'appelle toute l'attention de la section des végétaux sur celte plante qui n'est pas moins cultivée au Japon qu'en Chine. L'espèce comprend un grand nombre de variétés. Mes essais ont échoué avec toutes, à la seule exception de celle qui se nomme au Japon Natsu azuki, c'est-à-dire Azuki d'été, que je cultive depuis 1878. J'en ai mangé les graines à l'état sec ; c'est un bon légume dont la saveur tient à la fois du Haricot et de la Lentille. M. E. Bretschneider nous apprend qu'on en fait en Chine du vermicelle. Le compte rendu japonais de l'Exposition de PLANTES CHINOISES. 27 1878 nous dit que \eAn, matière sucrée, se fait avec VAznki et du sucre ; que le gâteau Yo-kan, ainsi que plusieurs autres, se fait avec VAzuki. On se sert aussi de la farine de l'Azuki pour dégraisser les étoffes. Grâce à l'inépuisable obligeance de M. le D^ Hénon, j'ai pu déguster la préparation nommée Yo-kan, pâte ou confiture, faite avec des Azuki, du sucre et une sorte de gélatine extraite d'Algues marines. Cette gélatine, absolument sans goût, est connue au Japon sous le nom de Kan-ten. Les Japonais en font un grand emploi culinaire et en exportent une grande quantité pour l'Europe (4). J'ai eu un instant la pensée de fabriquer avec l'Azuki un article de confiserie populaire, à très bas prix; mais le sucre est trop cher en France et j'ai renoncé, non sans regret, à mon projet. Toutes les variétés du Haricot radié pourront certainement être cultivées dans le Midi. Il est très productif. On doit le semer très espacé, au moins à 50 ou 60 centimètres et ne mettre que deux graines à la touffe, qui devient très forte. En 1862, M^' Guillemin, évêque de Canton, envoyait à la Société, parmi un grand nombre d'autres semences, des grai- nes d'une légumineuse nommée Lou téou, dont les Chinois, disait le donateur, font un verniicelle fin ou Lou-téou-szé et un vin très estimé, Lou-téou-tsiéou ; puis les graines d'une autre légumineuse servant à la confection des pâtes, vermi- celles, etc., connus sous le nom de Pe-teou-szé. Ces semences étaient probablement celles de deux variétés de Phaseolus radlatus. Il est vraiment bien regrettable que la magnifique collection de graines, reçue en 1862, ait laissé si peu de traces, si tant est qu'elle en ait laissé aucune. Les usages du Ph. radlatus que j'ai déjà indiqués ne sont pas les seuls pratiqués en Chine et au Japon. M. Eugène Si- mon, M. l'abbé David, M. le docteur Hénon m'ont signalé celui-ci qui n'est assurément pas sans intérêt: on fait tremper dans l'eau les graines de l'Azuki, puis on les fait germer au (1) Colle (Ui Jupon, du commorce. 28 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. chaud et dans l'obscurité dans des vases de terre; puis, on les lave à grande eau pour enlever les peaux et on mange les planlules sous le nom (japonais) de Moyaschi (œil et jambes). Il va sans dire qu'on les fait cuire d'abord dans l'eau salée, puis dans le Shoyu. C'est assez bon et c'est un moyen iacile de se procurer un légume frais en hiver. Si ma mémoire est fidèle, c'est en salade que M. l'abbé David mangeait en Chine, avec grand plaisir, les jeunes pousses étiolées du Phaseolus radia tus. La section des végélaux sera peut-être d'avis qu'il y*a lieu de demander qu'un prix soit accordé à la personne qui aura cultivé avec succès le Haricot radié dans un champ d'un derni- heclare. S'il se présentait plusieurs concurrents, la préférence serait assurée à celui qui produirait les plus beaux spécimens de préparations alimentaires, obtenues avec les graines du Pha- seolus radialns. La Société se mettrait en mesure de fournir ces gi'aines, variété Natsa azuki, aux personnes qui promettraient de con- courir pour le prix proposé. Je me placerais personnellement hors concours et je m'ef- forcerais de mettre à la disposition de la Société la plus grande quantité possible de semences; Kuzu {Pueraria Thunbergiana). Sous le n" 39 de la liste, M. Bretschneider nous a envoyé des graines du Pueraria Thunbergiana , sans observation aucune. Je n'ai pas reçu ma part de ces graines, parce que je possédais la plante depuis plusieurs années. M. Naudin en a reçu tout ou partie, et je dirai plus loin ce qu'il en pense. La plante se nommait autrefois Dolichos bulbosus, plus iixvdPachyrhisus Thunbergianus. Klle se nomme aujourd'hui Pueraria Thunbergiana. M. le D' Jlénon m'écrivait le 20 dé- cembre 1878 : « Le Kuzu sert à faire une fécule très fine, K'uzu-no-ko, farine de Kuzu, qui s'emploie comme matière alimentaire et fait un empois excellent, bien préférable à celui PLANTES CHINOISES. 29 du riz, La plante n'est pas cultivée ; on en recueille les racines dans les bois, où elle existe partout très abondamment... » M. le comte de Castillon {Eev. hort., 1875, p. 181) s'ex- prime ainsi : « Cette plante est celle que Von Siebold men- tionne, page 20 de sa brochure sur l'état de l'horticulture au Japon, comme produisant une fécule qui se recommande par une qualité supérieure et un bouquet agréable. Les Japonais nomment cette fécule Kuzu-ko. Le Dotichos bulbosus, qui tire son nom de la grosseur de ses racines, est une plante grimpante fort commune au Japon, et qu'on pourrait, je crois, acclimater en France. » M. E.-A. Carrière fait suivre la note qui précède des obser- vations que voici : « En même temps qu'il nous donnait ces détails, M. le comte de Castillon poussait la complaisance jusqu'à nous adresser un petit sachet de fécule, et nous faisait connaître différents procédés [tar lesquels il convient de la préparer et de la transformer en aliment aussi sain qu'a- gréable y> On lit dans le livre intitulé : Le Japon à V Exposition uni- verselle de 1878 : « Le Kuzu {Pueraria Thunbergiana) est une plante sauvage dont les racines donnent de l'amidon. Ses feuilles servent à nourrir les bestiaux et ses fibres à faire des étoffes. » En 1879, j'ai semé contre un mur exposé au midi les graines que j'avais reçues. Elles m'ont donné des tiges vigoureuses, qui atteignaient bientôt le chaperon du mur. Elles n'ont pas fleuri, et, l'hiver venu, elles ont été gelées. La souche n'a pas souffert. En 1880, les tiges ont été plus fortes que celles que le semis avait produites, et 30 degrés de froid n'ont gelé que les par- ties qui excédaient en hauteur 1™,50. Les parties inférieures, devenues ligneuses, ont donc résisté au grand hiver. Elles n'avaient pas fleuri. En 1881, les tiges, dans toute leur hauteur, ont bien passé l'hiver. La plante n'a pas fleuri. J'ai donc constaté chez les Kuzu une rusticité relative, une végétation luxuriante; mais en même temps, sous le climat de Paris, une complète stéri- 30 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. lité. Celte stérilité cause un double dommage; d'une pari, on ne récolte pas de graines à employer comme aliment ; d'autre part, on ne peut pas multiplier la plante par des semis. Au Muséum, où il existe quelques pieds de Kuzu, les plantes ont, comme les miennes, résisté aux hivers, mais n^ont pas fleuri. On a essayé de faire des boutures, on a échoué. Le couchage des tiges a donné un meilleur résultat ; on a ob- tenu par ce procédé un ou deux pieds nouveaux. De mon côté, j'ai obtenu d'abord un pied par le même moyen ; mais la plante ayant acquis une vigueur et un déve- loppement extraordinaires, j'ai pu cette année coucher une vingtaine de tiges, qui me donneront autant de plantes nou- velles. Les tiges de Kuzu émettent des jets si nombreux, si longs, si fibreux, qu'on ne peut douter du profit que l'on tirerait de cette plante, considérée comme textile, si l'on pouvait la na- turaliser dans nos bois ou en obtenir par la culture d'abon- dantes récoltes. On n'oubliera pas non plus que, si la souche fournit une précieuse fécule, ses feuilles sont recherchées par le bétail, et que ses graines sont alimentaires comme le haricot. Ces produits sont d'ailleurs secondaires, et c'est, avant tout, comme plante textile qu'il faut considérer le Kuzu. M. Gh. Naudin a reçu de notre Société les graines arrivées de Chine. 11 possédait déjà la plante. On lira dans notre Bul- letin, avec l'attention qui lui est due, le jugement que porte sur elle le savant dn-ecteur de la Villa Thuret. « Si le Kuzu, dit-il, peut fournir des fibres textiles, il est très inférieur sous ce rapport au chanvre et au lin, dont la culture est relativement très facile, et qui donneront toujours un produit beaucoup plus élevé et à bien moindres frais. » Pour que le Kuzu fût accepté par l'agriculture en France, il faudrait qu'on lui découvrît quelque propriété que ne pos- sèdent pas nos plantes d'introduction plus ancienne; or jus- qu'ici je ne lui en reconnais aucune. Ce n'est pas cependant une raison pour l'abandonner. Il se peut que de nouvelles PLANTES CHINOISES. 31 reciierches nous le montrent sous un aspect plus favorable. Jusque-là attendons. » Je dis à mon tour : attendons, mais expérimentons. N'at- tendons pas les bras croisés. J'ai confiance dans les renseigne- ments que j'ai recueillis, et qui présentent comme remarqua- blement belle la toile de Kuzu. Cette toile ne ressemble peut-être pas plus à celle de chanvre ou de lin que ne lui ressemble celle de la ramie. Si la plante possède des propriétés particulières, n'attendons pas paresseusement qu'on nous les fasse connaître ; nous atten- drions en vain. Faisons venir les graines pour semence, et, comme échan- tillons, les fibres, le filé et la toile de Kuzu. Instituons un prix pour la culture d'un demi-hectare, et la lumière sera faite. MOUTARDES. Sous lesn"' 85, 86, 87, j'ai reçu trois variétés de Sinapis. Le n°85 est désigné sur la liste comme étant cultivé pour ses racines globuleuses, napiformes ; le n° 80, comme étant cultivé pour ses graines (Moutarde chinoise). Le n" 87 est inscrit sans indication de ses usages. Ces trois Moutardes, semées au printemps, ont monté si vite à graine, que je n'ai pu saisir, durant cette première culture, le moment où il m'aurait été possible de les déguster ; mais, le 1" août, j'ai semé de nouveau le n" 85, auquel j'at- tachais une importance particulière, et j'ai obtenu en quel- ques semaines de belles plantes, munies de ces racines globu- leuses qui m'étaient promises, et dont je place des spécimens sous vos yeux. La Moutarde tubéreuse était jusqu'ici absolument inconnue en France. C'est une acquisition intéressante, dont je ne puis aujourd'hui apprécier le mérite, mais que nous ne devons pas laisser tomber dans l'oubli. La plante est-elle destinée à l'alimentation de l'homme ou à la nourriture des animaux, je ne sais; ce que j'ai constaté dans un premier essai, c'est que. 32 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. dans l'espace de deux mois et demi, elle donne une récolte abondante de feuilles et de racines. Il semble donc qu'elle puisse être immédialemeni classée parmi les cultures déro- bées les plus faciles et les plus productives. J'appelle sur elle toute l'attention de la 5' section. staciiys affinis. Sous le n" 46, j'ai reçu ce Stachys, désigné sur la liste comme étant beaucoup cultivé pour ses tubercules que man- gent les Chinois. Les tubercules sont arrivés en bon état pour la plupart, et ont végété passablement en plein air. Les plantes n'ont pas fleuri. Elles ont formé des touffes basses, pourvues d'une multitude de racines tuberculeuses, de petit volume et de toutes formes, extrêmement fragiles, d'un lavage difficile à cause de leur difformité et de leur fragilité. Je vous présente un flacon de ces tubercules conservés dans le vinaigre. La plante était jusqu'ici tout à fait inconnue en France. On ne nous dit pas comment les Cliinois la préparent pour la table ; mais le Stachys affinis, comme son nom paraît l'indiquer, a beaucoup de rapports avec le Stachys Sieboldii, que l'on rencontre au Japon sous le nom de Choro-fji. Ses racines tu- berculeuses, dit le compte rendu japonais déjà cité, ressem- blent à des chenilles. Pour les manger, on les conserve dans du vinaigre de prunes. J'ai donc mis dans le vinaigre quelques-uns des tubercules récoltés cette année. Je les ferai peut-être entrer dans des PicA;^es de composition nouvelle, que j'ai l'intention de vous présenter prochainement. J'espère que le Stachys affinis, couvert d'un peu de litière, n'aura pas souffert de l'hiver si clément que nous traversons. Par précaution, j'ai conservé dans des pots mis en serre un certain nombre de tubercules. Le temps m'a manqué pour préparer des sachets de se- mences d'une partie des plantes dont je viens de vous parler. J'en ferai une distribution le 6 mars prochain aux membres PLANTES CHINOISES. 83 présents à la réunion de la 5' section. Chaque sachet ne con- tiendra qu'un très petit nombre de graines, ce qu'on me par- donnera, j'espère. Je ne terminerai pas ce compte rendu sans adresser à M. le docteur Bretschneider l'expression de notre vive gratitude pour la précieuse collection qu'il a bien voulu adresser à notre Société. PÉ-TSAÏ DE MONGOLIE. Il y a quelque dix ans, le Muséum reçut une caisse d'ar- bustes de Mongolie, et la terre qu'elle contenait fut jetée au hasard dans un coin de l'École des Poiriers. A quelque temps de là, cependant, on s'aperçut que dans cette terre poussaient de jeunes plantes, lesquelles prospé- rèrent, fleurirent, furent présentées à M. Decaisne, et déter- minées par lui sous le nom de Pé-tsaï de Mongolie. Un peu plus tard, j'en reçus des graines, et, depuis sept à huit ans, je n'ai pas cessé de cultiver la plante. Je la consi- dérais alors comme potagère, et je la présentais comme telle, le 27 février 1879, à la Société d'horticulture. J'ai re- connu mon erreur, et c'est comme plante fourragère que je vous l'apporte aujourd'hui. Le Pé-tsaï de Mongolie est extrêmement hâtif. Semé au commencement d'août, il fournit dès le mois d'octobre une abondante récolte de feuilles que le bétail mange avec avi- dité. Les spécimens que je vous présente sont le produit d'un semis fait à la volée, en plein champ, le il août dernier. L'hiver est tellement doux que les plantes montent déjà à graine ; mais on peut compter sur une récolte de feuilles fraîches pendant tout l'hiver. Le Pé-tsaï ne semble pas souiïrir de la gelée. Il a supporté sans dommage les 30 degrés de froid de 1880, et ne s'est ja- mais montré plus vert ni mieux portant que le jour où a dis- paru le manteau de neige qui le protégeait. Voici en quels termes un concours a été ouvert par la 3» SÉIUK, T. X. — Janvier 188J. 3 34 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Société, en1866, pour l'introduction d'une plante fourragère : Introduction en France et mise en grande culture d'une plante nouvelle pouvant être utilisée pour la nourriture des bestiaux. Concours ouvert jusqu'au l"" décembre 1885. J'ai longtemps hésité à vous parler du Pé-tsaï de Mongolie, Si je le mets aujourd'hui sous vos yeux, ce n'est pas que je prétende au prix qui est ofïert. Je me borne, pour le moment, à demander acte de la présentation d'une plante fourragère nouvelle. Je crains bien, d'ailleurs, qu'une des conditions du concours ne m'en interdise l'accès. En effet, je ne suis pas agriculteur et je ne puis mettre, comme on l'exigerait, le Pé-tsaï en grande culture. TRAVAUX ADRESSÉS ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ. LE PHYLLOXÉRA EN AUSTRALIE MOYENS EMPLOYÉS POUR LE COMBATTRE Par n. Louis BOUTAI\I On s'est beaucoup occupé, dans ces derniers temps, de rechercher les moyens les plus efficaces pour préserver notre colonie algérienne de l'invasion du Phylloxéra, Je crois qu'il est bon de donner, à ce sujet, quelques indi- cations sur la manière dont les Australiens ont combattu la propagation de l'insecte dans les vignobles de la province de Victoria. Je me trouvais à Melbourne en 1881, délégué par le minis- tère de l'Instruction publique, à l'occasion de l'Exposition internationale qui avait lieu dans cette ville, lorsque la ques- tion du Phylloxéra fut agitée, pour la première fois, en Aus- tralie. Le parlement de Victoria reçut une adresse alarmée des viticulteurs de la province qui se plaignaient du dépérisse- ment de leurs vignes et demandaient l'intervention du gouver- nement pour rechercher et combattre la cause du mal. Une commission fut nommée à cet effet et les renseignements qu'elle recueillit lui firent soupçonner qu'elle se trouvait en présence de l'ennemi qui ravageait les vignobles d'Europe, du Phyl- loxéra. Aucun des députés qui composaient cette commission n'a- vait été à même d'étudier cet insecte, dont on n'avait pas jusque-là, constaté la présence en Australie. Le gouverneur s'adressa à M. de Montmahou, inspectcui général, délégué du gouvernement français, sous les ordres duquel je me trouvais et le pria de désigner un naturaliste 36 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. qui voulut bien s'occuper de la question. Je fus choisi et adjoint à la commission dont j'ai parlé. Les renseignements les plus contradictoires nous parve- naient. Certains propriétaires prétendaient que leurs vignes dépé- rissaient sans cause apparente et niaient la présence d'aucun insecte sur les racines. D'autres affirmaient que la maladie était causée par un puceron qui dévorait les tiges. D'autres enfin attribuaient le mal au Phylloxéra, mais le définissaient de la manière la plus fantaisiste. L'un d'eux, à qui l'on demandait quelle était la forme extérieure de l'in- secte, répondit : « Ceux que j'ai vus ressemblaient à un petit ver blanc, avec une tête noire comme une mouche et de longues pattes comme une araignée. » Dans ces conditions, je ne pouvais évidemment me pro- noncer avant d'avoir vu de mes propres yeux. La commission tout entière se transporta à Geelong, ville située sur la baie de Porl-Philip à une soixantaine de kilo- mètres de Melbourne. Tout autour de ce point se trouvaient en eliet d'importants vignobles dans lesquels on signalait l'exis- tence de plusieurs centres d'infection. Dans tout ce district, la vigne est devenue une source im- portante de revenus et couvre une grande étendue de terres. Elle est cultivée avec beaucoup de soin par des vignerons suisses. Ceux-ci ont introduit de toutes pièces les pratiques de culture en usage dans les cantons. Malgré le bon marché des terrains, les ceps sont plantés très près les uns des autres; et la terre est remuée à la main à l'aide de bêches ou d'instruments analogues. Des voitures mises gracieusement à notre disposition par la municipalité de Geelong nous emportèrent rapidement à tra- vers les vignobles qui bordent les deux côtés de la route. En plusieurs endroits on apercevait les taches caractéristiques que l'on a comparées avec raison à des taches d'huile, ce qui me portait déjà à penser que c'était bien au Phylloxéra que nous avions affaire . LE PHYLLOXÉRA EN AUSTRALIE. 37 On s'arrêta bientôt; l'endroit clioisi était situé au fond d'un vallon, et la vigne qui s'y trouvait offrait des traces manifestes de faiblesse et d'appauvrissement. On arracha un certain nombre de souches et, à mon grand étonnement, il ne fut pas possible d'y découvrir un seul Phylloxéra. Cet insuccès nous fut expliqué un peu plus tard par les vi- ticulteurs de la contrée qui nous apprirent que, lors de la saison des pluies, le vignoble en question avait été submergé. J'avais ainsi sous les yeux, et sans l'avoir cherché, les bons effets incontestables du traitement par submersion. La commission se transporta alors sur les coteaux voisins et là mes derniers doutes furent dissipés. Les recherches furent, en effet, aussi concluantes que pos- sible : les radicelles offraient çà et là les boursouflures carac- téristiques en forme de chapelets. En plusieurs points, on apercevait une poussière jaunâtre qui, examinée à la loupe, permettait de reconnaître de jeunes Phylloxéras parfaitement vivants. Je m'étais muni de mon microscope, et, grâce à lui, je pus montrer facilement et sous un faible grossissement aux mem- bres de la commission les petits insectes que l'on voyait re- muer sur le porte-objet. Il restait cependant une question à résoudre. Se trouvait-on bien en face du Phylloxéra vastatrix ou avait-on aftaire à une espèce différente, indigène? Cette question ne pouvait guère être résolue sur place. Je la réservai pour une étude ultérieure et je rentrai à Melbourne après m'être muni d'un assez grand nombre de spécimens qui allaient me permettre d'étudier ce sujet à loisir. Après les avoir dessinés soigneusement sous divers grossis- sements, je comparai les figures obtenues à celles qu'adonnées M. Maurice Girard dans son intéressante brochure que j'avais précisément entre les mains. Je constatai une identité parfaite. Aucun doute n'était plus possible. C'était bien le Phylloxéra vastatrix qui ravageait les vignobles de Geelong. J'appris en outre que ce ne sont pas des vignes américaines, mais des vignes françaises déjà phylloxérées, notamment des aramons 6q SOCIETE NATIONALE D ACCLIMATATION. de l'Hérault qui ont introduit le Phylloxéra dans le district de Geelong, A la suite de cette excursion, le gouvernement de Victoria me demanda de rédiger une note sur les divers modes de traitements employés en France pour combattre l'insecte des- tructeur et me pria d'y joindre mon opinion personnelle, pour le cas présent. , Après avoir indiqué les traitements par arrachage, par sub- mersion, par les sulfocarbonates, par le sulfate de carbone, je préconisai la formation de syndicats, essayant d'établir que, si l'on n'agissait pas avec ensemble, le résultat serait néces- sairement nul ou incomplet. Je signalai, en outre, la façon dont le gouvernement français subventionnait, dans certaines occasions, les syndicats constitués, en ajoutant une somme égale à la somme versée par chacun d'eux. Je terminai, en faisant ressortir l'utilité d'une intervention administrative pour vaincre les résistances que l'ignorance ne manque jamais de susciter dans des circonstances analogues. Les Australiens sont des gens fort pratiques et l'idée des syndicats et de l'action directe du gouvernement les séduisit beaucoup. Un rapport rédigé dans ce sens par le président, L. Smith esq., fut adopté par la commission; le parlement en fut saisi et une loi fut bien vite édictée. Les trois provinces de Victoria, de Nouvelle-Galles du Sud, d'Adélaïde, constituées en association, devaient fournir cha- cune 4000 livres (100 000 francs) pour subvenir aux frais qu'allait nécessiter la destruction du Phylloxéra. Tous les viticulteurs des districts envahis étaient tenus de fournir 5 schellings (6 fr. 25) par acre de terre plantée en vignes. Ceux qui refuseraient d'enlrer dans les syndicats et dont les vignes deviendraient des foyers d'infection seraient con- traints d'arracher à leurs frais et ne recevraient aucune in- demnité. Ceux qui feraient partie des syndicats recevraient le prix de deux années de récolte et les frais de l'arrachage seraient supportés par la caisse du syndicat. LE PHYLLOXÉRA EN AUSTRALIE. 39 L'arrachnge, dans tous les cas, serait étendu à un mille de distance autour de la tache et toute replantation était inter- dite, pendant une année au moins, après l'arrachage. Ces moyens ont-ils réussi? Je n'ai, à ce sujet, aucun ren- seignement précis. Tout énergiques et tout draconiens qu'ils paraissent, peut- être n'étaient-ils pas encore assez radicaux. Peut-être la zone protectrice d'un mille n'était-elle pas suf- fisante, et, pour être sûr de réussir, il eût fallu l'étendre encore davantage. Enfin la limite de temps fixée pour une replantalion pos- sible n'était pas assez éloignée, car j'ai pu constater, de mes propres yeux, que le Phylloxéra vivait encore sur des racines laissées dans le sol, après un arrachage qui remontait à deux ans. Ce fait a été établi dans une seconde excursion que j'ai effectuée à Geelong en partie dans ce but. Quoi qu'il en soit, cet essai de destruction par arrachage et cette action coercitive d'un gouvernement plus démocratique que le nôtre méritaient d'être signalés aux viticulteurs fran- çais. III. EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. SÉANCE GÉNÉRALE DU 5 JANVIER 1883. Présidence de M. Henri BOULEY, Président. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement admis par le Conseil, savoir : MM. Rertoni (Moïse), rédacteur de la Revue scien- tifique suisse, docteur es sciences, à Lotti- gna, canton du Tessin (Suisse). Rravard (Philippe-Jean-Alfred), maire et pro- priétaire, à Grandrif, canton de Saint-An- thème (Puy-de-Dôme). BuHLER (A. J.), 30, rue Vignon, à Paris. COURTEILLE (François-Auguste), rue Charles- Laffitte, 37, à Neuilly (Seine). Delaquys (E,), rue Favart, A, à Paris. Rault (Jules), rentier, 14, rue Demours, à Paris. RiHOUET (Amédée), conseiller référendaire à ( la cour des Comptes, 55, rue Jouffroy, à | Paris. ( PRESENTATEURS. H. Bouley. A. Geoffroy Saint-Hilaire. Saint-Yves Ménard. H. Bouley. J. Grisard. Saint-Yves Ménard. A. Barbey. H. Bouley. E. Roger, A. Geoffroy Saint-Hilaire. Morin. Saint-Yves Ménard. H. Bouley. Saint-Yves Ménard. J. Grisard. H. Bouley. Chesnel. J. Grisard. H. Bouley. Saint- Yves Ménard. E. Roger. Romain (le commandant Léon-Paul), commis- , A. Geoffroy Saint-Hilaire. saire du gouvernement, avenue de Madrid, ] Saint-Yves Ménard. 11, à Neuilly (Seine). ( A. Porte. La Ligue du reboisement d'Algérie, rue Babazoun, à Alger (Al- gérie) a en outre été admise au nombre des Sociétés agrégées. — M. le Secrétaire procède au dépouillement de la correspondance. — La Société d'horticulture d'acclimatation et des sciences du Cantal adresse des remerciements pour sa récente affiliation à la Société natio- nale d'Acclimatation. PROCÈS-VERUAUX. M — M. F. Zeiik, Directeur de l'Association de Pisciculture de la Basse- Franconie, adresse ses remerciements au sujet de sa récente admission. — M. le Gouverneur de la Cochinchine écrit à M. le Président : « En réponse à votre dépèche, en date du 10 août, par laquelle vous me de- mandez des renseignements sur les personnes qui ont rendu en Cochin- chine des services à l'acclimatation, je ne puis mieux faire que de vous transmettre le rapport qui m'a été adressé à ce sujet par M. Moquin- Tandon, Directeur du Jardin Botanique. » Colombier, qui vous est signalé, est certainement un des hommes qui ont le plus contribué à l'amélioration de la santé des Européens par l'introduction des plantes maraîchères presque indispensables à notre alimentation. Grâce à lui, Saigon est devenu un pays de production, et nous envoyons maintenant des légumes à Singapore et même en Chine. » Mais Colombier est un travailleur modeste, vivant de peu, ne s'oc- cupant que de son jardin, sa véritable passion, ne demandant jamais rien, et il n'est pas surprenant que ses services aient été vite oubliés dans un pays oîi la population blanche se renouvelle tous les trois ou quatre ans. » Bien peu d'Européens aujourd'hui savent que s'ils mangent des haricots verts, des petits pois, des asperges, etc., c'est exclusivement à Colombier qu'ils le doivent. » La Société d'Acclimatation ne peut accorder à cet homme une ré- compense d'un ordre trop élevé, et je considère comme un honneur et un devoir pour moi de contribuer à la lui faire obtenir. » — M. le Président de la Ligue de reboisement de l'Algérie adresse à i\l. le Secrétaire général la lettre suivante : « Je viens de prendre connaissance des statuts et règlements de la Société nationale d'Acclimatation que vous avez eu l'obligeance de m'a- dresser. > Je vois figurer, au n° 2 des prix extraordinaires à décerner, le para- graphe suivant : « § 1 La Société voudrait voir étudier particulièrement les causes » qui peuvent s'opposer à l'acclimatation et les moyens qui peuvent servir » à combattre ou prévenir leurs effets. » » Je pense que les travaux de la Ligue répondent au but indiqué, puisque nous avons étudié particulièrement les causes qui s'opposent en Algérie à l'acclimatation, non seulement des animaux et des végétaux, mais encore de l'homme. » Notre climat, jadis magnifique, et qui pouvait admettre toutes les cultures, est transformé aujourd'hui au point que l'on doit craindre inèine pour l'existence de la vigne, notre dernière ressource. Les races d'animaux dégénèrent, les cultures se limitent de jour en jour, et il ne faut plus songer à l'introduction d'aucune espèce exotique. î La cause de tous nos malheurs a été nettement spécifiée par nous : a'est la dévastation insensée de nos forêts ! 42 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. » Tous nos efforts tendent à obtenir de l'État et des particuliers que ces ravages soient arrêtés et que l'on repeuple les sommets dénudés de nos montagnes. î J'espère donc que nous aurons l'honneur de voir admis au bienveil- lant examen de notre Société les travaux de la Ligue, qui n'ont, en défi- nitive, pour but que de rendre possibles en Algérie l'habitabilité de l'homme et l'acclimatation des animaux et des végétaux. » — M. le Président du Comité central d'Exposition de l'île de la Réu- nion écrit à M. le Président : « M. le Gouverneur m'a transmis, pour y être répondu par le Comité central d'Exposition, la lettre en date du 10 août dernier par laquelle vous avez bien voulu lui demander de vous faire connaître quelles sont, en ce moment, les questions se rattachant à vos travaux, qui intéressent la Colonie, et les services rendus à l'acclimatation, dans le pays, pen- dant ces dernières années. j Le Comité, réuni à cet effet, s'est empressé, dans sa séance du J8 courant, de préparer les notes que j'ai l'honneur de vous adresser sous ce pli. » En vous les transmettant, permettez-moi de me faire l'interprète des sentiments de gratitude qu'éprouve le Comité pour l'attention dont l'île de la Réunion a été l'objet, de la part de la Société d'Acclimatation de Paris. » La démarche toute bienveillante dont elle vient de prendre l'initia- tive a produit une excellente impression dans, la Colonie qui en a été informée par la voie des journaux ; elle ne peut manquer d'y avoir aussi de très bons résultats, .le me joins à mes collègues pour vous prier d'en recevoir nos bien sincères remerciements et d'en témoigner toute notre reconnaissance à la savante Société que vous présidez. » — M. le marquis de Pruns, Secrétaire général de la Société d'horti- culture d'Acclimatation et des sciences du Cantal, écrit du château de Brassac : « Mon éloignement de Paris ne me permettant pas d'assister aux inté- ressantes réunions de la Société d'Acclimatation , permettez-moi d'en- voyer à nouveau un vœu, que j'avais déjà émis, et que je regarde comme extrêmement utile pour l'avenir. » Il faut que les animaux élevés par l'homme pour l'agriculture se con- forment comme taille, à un moment donné, avec l'émiettement et la dispa- rition de la grande propriété. Dans nos départements du Centre, les ani- maux de petite taille, et d'une nourriture facile et peu coûteuse, doivent être propagés. » J'ai donc l'honneur de demander à la Société d'Acclimatation de Paris, dont les avis ont une si grande autorité : 1° que, par l'intermé- diaire de son Bureau, elle demande au ministère de l'Agriculture que dorénavant la Chèvre soit admise, soit comme laitière, soit comme lai- PROCÈS-VERBAUX. 43 nage, aux Concours régionaux, parce qu'elle répond à un besoin de l'époque, qu'elle est, par excellence, la vache du pauvre, parce que les belles espèces à soie de l'Orient peuvent enrichir l'industrie de laines fines et donnent des pelleteries d'une grande solidité; 2" que l'État, afin d'encourager l'élevage, leur accorde des primes. 11 en donne à des ani- maux infiniment moins utiles. » Je demande que mon vœu soit transmis à qui de droit et formulé dans une des prochaines réunions. Je demanderai également que la So- ciété encourage, dans nos provinces du Midi, les variétés très naines de Chèvres comme chasse. » — M. Naudin adresse la note qui lui a été demandée en vue de fournir à M. Le Châtelier, officier aux affaires indigènes, en mission à Ouargla, les instructions qu'il désire pour les cultures à entreprendre dans cette oasis : « Je serai enchanté, écrit notre savant confrère, d'entrer dans les vues de M. Le Châtelier, autant que mes faibles moyens me le per- mettront. Ouargla, à la latitude de 32 degrés, presque celle de la basse Egypte, serait un magnifique endroit pour faire de l'acclimatation de plantes et d'animaux, si l'on peut y avoir de l'eau (condition première) et si l'accès en est facilité par une bonne route, et mieux encore par un mauvais chemin de fer, à une seule voie, en attendant qu'on puisse faire mieux. » Je ne connais pas personnellement la localité; mais, dès qu'il y a des habitants, on peut augurer qu'elle peut devenir importante, comme point d'appel, pour les caravanes qui vont trafiquer avec le Soudan. » Ce qu'il faut, avant tout, c'est de l'eau, qu'elle vienne de puits arté- siens ou d'étangs et de lacs créés artificiellement par des barrages, peu importe. Avec l'eau, on fera tout ce qu'on voudra. Si on veut y établir des cultures, et il faudra qu'on en vienne là, la première chose à faire, selon moi, serait de faire d'épaisses plantations d'arbres autour des centres de culture, pour arrêter, au moins dans une certaine mesure, le vent du désert et l'envahissement du sable apporté par ce vent ; fixer les dunes par des plantations de plantes à racines traçantes et d'arbustes rustiques appropriés au sol et au climat. On les ti:ouverait probable- ment dans le pays même. » Pour qui ne connaît l'endroit que par ouï-dire, il n'est pas facile d'indiquer le choix à faire. On peut cependant l'essayer, sauf à corriger les erreurs au fur et à mesure que l'expérience les ferait reconnaître. A première vue, les arbres, arbrisseaux et plantes drageonnantcs des parties les plus arides de l'Australie (qui peuvent, sous plus d'un rapport, rivaliser de sécheresse et de chaleur torridc avec le Sahara algérien), semblent devoir être recommandés en première ligne. Ce sont, par exemple, les Eucalyptus buissonnants, les Mélaleucas, les Calothammis, les Acacias phyllodaires, en un mot toute cette broussaille dure qui M SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. constitue, en Australie, ce qu'on appelle les Mallee scriibs. C'est avec cette végétation exercée à endurer la plus extrême sécheresse qu'on for- merait la ligne de défense contre le sable et le vent du désert. » En dedans de ce rempart, s'établiraient les cultures productives (toujours à condition qu'il y aurait de l'eau), Dattiers, céréales appro- priées au sol et au climat, arbres fruitiers (Pruniers, Abricotiers, Vignes, Kakis de la Chine et du Japon, Orangers, Mandariniers, Citronniers), aux(]uels on pourrait essayer d'ajouter le Manguier {Mangifera indica), qui fructifie très bien à Madère et aux Canaries, l'Avocatier, le Maniméa ou Abricotier d'Amérique, etc. Les plantes fourragères ne devraient pas être oubliées, et ou pourrait essayer d'abord celles qui sont indi- quées dans le pays, sauf à les améliorer par la culture, puis les fourra gères exotiques, dont le nombre est grand. Comme arbres à produire rapidement du bois, je n'en vois pas qui conviennent mieux que les Eucalyptus, mais il faudrait choisir, dans le grand nombre des espèces du genre, celles qui i)Ourraient s'accommoder du terrain. Si le terrain est humide ou marécageux, ce sont les Swamp gums qu'il faudrait choisir; si le terrain est sec pendant la plus grande partie de l'année, il faudrait y mettre les espèces qui craignent l'humidité stagnante dans le sol. Tout ceci, bien entendu, est purement théorique; il faudrait avoir séjourné quelque temps sur les lieux pour savoir à peu près à quoi s'en tenir sur les succès à attendre de ces diverses plantations. » Si elles réussissaient, Ouargla serait le lieu oîi la Struthioculture aurait toute chance de prospérer. On serait là dans le climat de l'Au- truche. Toutes les bêtes curieuses de la Nouvelle-Hollande, mammifères, oiseaux, reptiles, mollusques terrestres (comestibles), animaux à domes- tiquei' [)Our la table ou le plaisir des yeux, seraient là comme dans leur paradis terrestre. Mais je répète qu'il faut de l'eau, encore de l'eau, et toujours de l'eau, et si M. Le Chàtelier est assez heureux pour perforer le sol aux bons endroits, il aura rendu un service immense au pays, à la science et à l'industrie. » — Des demandes de cheptels sont adressées par MM. Laniol et G. Lar- rieu. — Renvoi à la Conunission spéciale. — M. Garnot communique deux lettres par lesquelles MM. Géré et Maurice de Muizon lui rendent compte de l'élevage des Canards du Labrador qu'ils ont reçus. M. Géré a obtenu trois couvées du couple qu'il tenait directement de M. Garnot; une couvée de 8 Canetons, et deux de 7 chacune. M. Maurice de Muizon a reçu de M. Jacquemart (de Reims) un Canard et une Cane. « Le mâle, écrit M. de Muizon, était beau; mais la Cane était petite et tachée de blanc. En fort peu de temps, les Canetons sont devenus plus gros que leur mère, leur plumage est magnifique; trois ou quatre d'entre eux avaient quelques petites plumes blanches; ceux-là ont tous été mangés et trouvés fort bons. PROCÈS-VERBAUX. 45 ) Goniine j'avais beaucoup de femelles, j'ai pu donner un mâle et deux femelles au père Prieur de la Trappe d'Egiiey (membre de la Société d'Acclimatation) qui m'avait été indiqué pour recevoir le lot que je devais, selon vos instructions, donner à un membre de notre Société. > En résumé, la race du Labrador a fort bien réussi chez moi et j'es- père, l'année prochaine, en avoir encore de meilleurs résultats. > — M. Nelson-Pautier écrit de Lisie (Uordogue) : « J'ai l'honneur de vous envoyer la relation d'une remar(iue fortuite que j'ai eu l'occasion de faire sur la somme extraordinaire de résistance vitale présentée par le Lapin. » Quelle que soit l'invraisemblance apparente de mon récit, je l'assure exact, et vous pouvez y ajouter foi. Je tiens d'ailleurs à la disposition des incrédules, les témoignages affirnialifs des personnes, parfaitement hono- rables, qui ont, en même temps que moi, constaté le fait: » Le mardi 31 octobre dernier, je prêtais un superbe Lapin étalon, de race commune mais pesant néanmoins, alors, 4*"' ,500, à un de mes amis chez lequel je devais le reprendre le mercredi 8 novembre. Ce jour-là, en ell'et, au moment de mon départ (neuf heures du matin), le Lapin a été placé dans le colfre de ma voiture, et ramené chez moi. Ce coffre, très étroit et élevé de G'" ,25 seulement, ne contenait absolument rien, et ne permettait à l'animal presque aucun mouvement. î En rentrant, j'ai trouvé chez moi une lettre qui exigeait, de ma part, un voyage immédiat, et je suis parti par le premier train, oubliant de faire délivrer la malheureuse bête. Mon absence a duré jusqu'au 13 novembre. » A mon retour, j'avais quelques affaires à mettre au courant, et je n'ai point songé au Lapin. Le samedi 18 novembre seulement, à deux heures du soir, c'est-à-dire un peu plus de dix jours après son incarcération, je me suis souvenu de la pauvre bête, et, la supposant morte depuis plu- sieurs jours, j'ai donné l'ordre, à mon domestique, de l'extraire du coffre, et de l'enfouir. » Je supposais mal. Le Lapin n'était point mort, mais d'une maigreur telle qu'il ne pesait plus que l'"',380. 11 a dû se nourrir de sa fiente, puisqu'il ne s'en est pas trouvé un atome dans le coffre. » J'ai placé aussitôt ce Lapin dans une boite, et je lui ai présenté une tige de carotte qu'il a mangée très lentement. Le soir, je lui ai donné deux ou trois grammes de son. Le lendemain et les jours suivants, il a reçu, progressivement, une nourriture plus abondante, et, cinq jours après sa délivrance, il se portait à merveille. » Aujourd'hui, il a reconquis sa vigueur habituelle, il pèse 3'''',900, et a repris, depuis huit jours, son service d'étalon, ne paraissant conserver aucune trace de son jeune prolongé. » — A l'occasion de cette lettre, M. le Président rappelle les expériences 46 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. faites par M. Morot, aujourd'hui vétérinaire inspecteur de la Bou- cherie de Paris. On doit à M. Morot, qui exerçait précédemment à Semur, de curieuses observations sur l'habitude singulière qu'a le Lapin, placé dans certaines conditions, de faire disparaître ses excréments, qu'on retrouve dans son estomac à l'état de pelottes stercoraires. L'exis- tence de ces pelottes avait déjà été signalée par Aristote; mais on en ignorait l'origine. Le fait a été soumis au contrôle d'un vétérinaire de l'École d'Aï fort, qui en a reconnu la parfaite exactitude. Il a été constaté en outre que l'animal ne reprend ses déjections qu'au moment même de leur expulsion, et avant qu'elles ne soient tombées à terre. M. le Président ajoute que les Lapines mères nettoient de la même façon leur nid; on a observé qu'une femelle peut ainsi contracter la tuberculose en prenant les excréments de ses petits auxquels on avait inoculé la maladie. — M. le Président de la Société Linnéenne du nord de la France trans- met le rapport suivant, présenté à cette société par M. Léon Carpentier sur l'établissement de pisciculture de M. Alphonse Lefebvre à Amiens : « Les expériences de M. Lefebvre peuvent se diviser en deux catégories : 1" l'élevage des poissons comestibles indigènes et des espèces étrangères susceptibles d'être acclimatées dans notre région et dont la reproduction en liberté serait un véritable bienfait pour l'alimentation publique; 2° l'élevage des poissons d'ornement, qui n'offre qu'un intérêt de curio- sité. » Toute cette ménagerie aquatique consomme de la chair de bœuf ou de cheval finement hachée; mais les alevins sont nourris de proies vi- vantes, consistant en larves de tipules, nais, cntomostracés d'eau douce et autres petits animaux aquatiques. )) Les appareils d'éclosion sont disposés dans un local spécial oîi se trouvent aussi plusieurs grands aquariums dans lesquels l'eau se renou- velle incessamment, et où les jeunes poissons acquièrent, sous l'œil de l'observateur, une taille suffisante pour pouvoir être lâchés dans la ri- vière qui arrose la propriété. » Ombles-Chevaliers. — Ce beau poisson croît assez rapidement; mais il est assez difficile à élever jusqu'à la résorption de la vésicule ombi- licale. Beaucoup d'alevins périssent par suite d'un gonflement anormal de cette vésicule qui se trouve alors entourée d'une seconde enveloppe renfermant une quantité relativement considérable d'eau albuminée. j) M. Lefebvre a réussi à sauver d'une mort certaine une cinquantaine d'alevins malades, en crevant avec précaution l'enveloppe extérieure de la vésicule, d'où s'échappait un liquide séreux. » Cette petite opération chirurgicale mérite d'être portée à la connais- sance des pisciculteurs qui ont dû observer cette maladie dans leurs élevages d'Ombles-Chevaliers. j» Vn certain nombre de ces poissons, nés du 10 au 20 février 1881, PROCÈS-VERBAUX. 47 J'œufs reçus d'Huningue, mesurent aujourd'hui de 12 à 22 centimètres de longueur. » Truites. — M. Lefebvre a obtenu de nombreuses éclosions de cet excellent poisson. Dans un compartiment de la rivière, on voit 18 Truites de 25 à 30 centimètres de longueur. Elles proviennent d'œufs fécondés artificiellement le 15 novembre 1879, éclos en février 1880. Le reste de cette édosion a été lâché dans le bassin de la Hotoie. » D'autres individus, hybrides de la Truite commune et de la Truite des lacs, longs de 15 à 20 centimètres, proviennent d'œufs fécondés le 15 novembre et éclos au commencement de janvier 1881. » Plusieurs sujets ont atteint, dans la petite rivière, une taille de 35 à 45 centimètres de longueur, et un poids de 600 grammes à 1 kilo- gramme. » Sahno fontinalis. — Environ 200 individus de cette espèce pro- viennent d'œufs envoyés par la Société d'Acclimatation. Tous ces pois- sons, malgré leur différence de taille (5 à 16 centimètres de longueur), sont de la même éclosion (février 1882). L'envoi se composait de 1611 œufs dont 6 ne sont pas éclos, 17 jeunes sont morts avant la résorption de la vésicule ombilicale, et 1588 sont arrivés à l'état d'alevins, et ont été placés dans un grand aquarium, le 17 mars, puis dans la rivière, le 20 juillet. 11 en restait alors 1185. » Éperlaus. — M. Lefebvre a aussi tenté d'élever l'Éperlan de Seine; mais cette espèce, localisée dans les larges estuaires, ne pouvait trouver en captivité les conditions nécessaires à son existence. 7 individus reçus le 7 novembre 1881, ont vécu 5 mois dans un bassin. Au commencement d'avril, la laitance des mâles s'échappait facilement; c'est alors qu'ils furent attaqués par le byssus qui les fit périr avant que les œufs de la femelle fussent tout à fait mûrs; celle-ci ne tarda pas à éprouver le même sort. 11 est douteux que ce petit salmonide puisse s'acclimater dans nos eaux. » Macropodes. — Un grand nombre de ces jolis poissons provenant de plusieurs générations, sont logés dans un large aquarium. La fécondité de cette curieuse espèce est remarquable, et sa croissance est très rapide. Un couple de Macropodes nés le 14 mars 1876, et mis à part le 14 août suivant, avait des .jeunes cinq jours après. Malheureusement la tempéra- ture assez élevée qu'exige ce poisson, nuira à sa propagation dans les aquariums. Les amateurs lui préfèrent les espèces rustiques pouvant se passer de bassins chauffés... )) Un des aquariums offre un spectacle des plus intéressants : c'est la réunion des métis de Cyprins dorés de la Chine avec sa variété mons- trueuse, connue sous le nom de Télescope. Les individus obtenus par ce croisement, au nombre d'environ trois cents, présentent une infinie va- riété de formes, rappelant un ou plusieurs des caractères du type téles- cope : ventre ballonné, yeux saillants, queue double. 48 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. » M. Lefebvre a compris le haut intérêt du repeuplement de nos rivières, et si les effets n'ont pu s'en faire sentir jusqu'à présent qu'en de rares en- droits, il faut en attribuer la cause à la mauvaise qualité d'une grande partie de nos eaux courantes, empoisonnées par les égouts d'usines dans les environs d'Amiens. » Nous avons cependant la conviction que M. Lefebvre trouvera un champ d'expériences assez vaste pour acclimater dans noire pays les belles espèces de Salmonidés et en repeupler nos cours d'eau. ï La Société d'Acclimatation, qui a déjà fait participer notre collègue aux distributions d'œufs de poissons qu'elle envoie généreusement aux pisciculteurs, au moment du frai, continuera, nous l'espérons, à lui mettre en mains de nouveaux sujets d'étude, qu'il saura utiliser avec intelligence. » — M. Von Behr, président de la Société allemande de pisciculture, écrit, à M. le Secrétaire des séances : « Le lac de Garde possède deux espèces délicieuses de Truite : d'abord la vraie Trutta lacustris, qui fraye très tard, et puis le Carpione {Farlo Carpio), curieuse espèce qui fraye soit en juillet, soit en décembre. î J'en ai commandé des œufs, et je vous enverrai, probablement en janvier, 2000 Trutta lacustris et 3000 Carpioni. » Vous recevrez aussi des œufs de petite 3Iaraene [Coregonus al- bula). î — M. Zenk, directeur de l'Association de pisciculture de la Basse- Franconie, annonce l'envoi qu'il a l'intention de faire à la Société d'ale- vins de Sandre [Lucioperea aandra). — M. Raveret-Wattel fait ressortir l'intérêt qui s'attacherait à l'intro- duction du Sandre dans certaines eaux closes, oîi cette belle et bonne espèce de Percoïde, du centre et du nord de l'Europe, réussirait proba- blement fort bien, pourvu qu'elle y trouve une eau pure, autant que possible un fond de sable, et surtout une nourriture abondante, car elle est extrêmement vorace. « Le Sandre ou Brochet-Perche, ajoute M. Raveret- Wattel, rappelle, comme son nom l'indique, d'un côté le Brochet par ses formes élancées, par sa tête allongée et par ses grandes dents ; de l'autre, la Perche par ses écailles rugueuses, par la forme et la disposition de ses nageoires dorsales et par les taches de ses flancs. Puissamment armé, atteignant rapidement une forte taille, et toujours poussé par un appétit insatiable, le Sandre exerce continuellement autour de lui de terribles ravages. 11 est aisé de comprendre quelle énoi'me destruction de poissons doit faire un Carnivore qui atteint, en peu de temps, une lon- gueur de 3 à 4- pieds, avec un poids de i25 à 30 livres. Évidemment on ne saurait songer, à cause de sa voracité, à introduire une pareille espèce dans nos rivières déjà si dépeuplées; mais elle aurait sa place indiquée dans des eaux closes, riches en poisson blanc. » — A cette occasion, M. Raveret-Wattel signale un nouveau règlement PROCÈS-VERBAUX. 49 sur la pêche, récemment mis en vigueur en Italie (i), règlement qui in- terdit d'introduire toute nouvelle espèce de poisson dans un cours d'eau sans avoir obtenu la permission du Préfet, lequel doit, avant de l'accor- der, prendre l'avis du Conseil provincial et de la Chambre de commerce. — M. Sanford, de Washington, met à la disposition de la Société des noix de Pacanier provenant de ses propriétés. «Le Pacanier, écrit M. Sanford, est très répandu dans les forêts du Texas et on en exporte beaucoup de noix vers le Nord, où elles sont très goûtées comme fruits de dessert. Mais les meilleures sont celles qui viennent des arbres cul- tivés; elles sont plus grosses, les arbres sont aussi plus grands. J'en ai une douzaine; ils sont superbes. .)e serai très heureux d'avoir été utile à l'introduction de cet arbre en France. » J'avais d'abord supposé qu'il était impossible de le faire végéter dans un pays aussi froid que la Belgique. Mais les amis auxquels, il y a une douzaine d'années, j'ai donné de ces noix ont obtenu des arbres très beaux. » Chez nous ils croissent très vite, et en Flandre il y en a qui ont pro- duit des fruits dès l'âge de huit ans. Je suis persuadé qu'au sud de la France, le Pacanier deviendra un grand et bel arbre. » Je vous adresserai prochainement des noix pour semis. » — M. Charles iNicolas, professeur d'agriculture à Oran, demande à prendre part aux concours de la Société, et transmet un catalogue des végétaux cultivés au champ d'études de la Lunette de la Gampana. — M. Humbert, instituteur à Baddou (Haute-Saône), adresse un rap- port détaillé sur les essais de culture en 1881-1882. — M. Raoul de Cazenove écrit de Bal mont (Rhône) : « J'ai l'honneur de vous adresser le tiers de ma récolte de Soja, provenant du cheptel de graines qui m'avait été confié, il y a deux ans, par la Société. J'espère étendre davantage cette culture l'an prochain. Le second semis a été fait fin mars, à l'exposition du sud-sud-ouest, sur une terre de 7 pour 100 de déclivité, sous-sol granitique, terre argilo-calcaire, anciennement fumée et contenant assez d'humus. La récolte de chaque pied a été de 15 à 25 gousses, le plus ordinairement contenant deux pois, très rarement quatre. » Une terre plus légère que celle dont je dispose, par exemple le terrain sablouneux, dit siz, dans les Cévennes, provenant de la désagré- gation du granit, convient beaucoup mieux au Soja, ainsi que je m'en suis assuré par un essai. » En règle générale, la terre bonne pour l'asperge est bonne pour le Soja. Mes graines de Rhubarbe du Thibet n'ont pas réussi; quant aux (l) Ri'glcment du 13 juin 1880 concernant la pêche maritime et nuriale (voy. Annuaire de législalion étramjàre, 1881, p. 311, 312, et bulletin des Ira- vaux publics, août 1882, p. 148). 3" SÉltiE, T. X. — Janvier 1883. 4 50 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. fèves Agua-Dulce, elles ont réussi partiellement, mais les plantes ont été attaquées par les limaces et nia récolte a été infime ; mon terrain est peut-être trop sec pour cette légumitieuse des plaines marécageuses de la Lombard ie. d — M. Charlfes Baltet écrit de Troyes : «Je tiens à la disposition de la Société un lot de graines (baies) de Lo-za {Rkamnus utilis), arbrisseau rustique qui produit le vert de Chine. » — M. le Président donne lecture d'une lettre dans laquelle M. Vavin signale un remède contre la rage, dont l'indication aurait été donnée à l'Académie des sciences il y a déjà plusieurs années. M. le Président veut bien se charger de faire recherther cette communication dans les archives de l'Académie. — M. Raveret-Watlel appelle l'attention de la Société sur les diffi- cultés que présente le repeuplement des cours d'eau dans l'état actuel des choses, et il fait ressortir la nécessité, pour la pisciculture, d'entrer dans une voie franchement industrielle par l'exploitation des eaux closes. Il entre, à ce sujet, dans quelques détails descriptifs sur plusieurs éta- blissements de pisciculture, qui, de création relativement récente, à l'étranger, donnent des produits très rémunérateurs. Il mentionne éga- lement l'établissement créé dans le département de l'Ain, par ftl. Lu- grin, de Genève, établissement où se trouve mis en usage un procédé très ingénieux pour fournir au poisson une nourriture animale à bon marché. (Voy. au Bulletin.) — M. Saint-Yves Ménard signale un fait curieux de lactation prolongée observée au Jardin d'Acclimatation, chez une Vache de race Schwitz, castrée d'après le procédé de M. Charlier. Cette Vache a donné en quatre ans 12 594 litres d'un lait beaucoup plus riche que celui de certaines Vaches normandes considérées comme très bonnes laitières. M. Saint-Yves Ménard ajoute que la castration facilite en outre l'en- 'gfaissement. Un embonpoint considérable se manifeste dès que s'arrête la lactation, et il est probable que la viande gagne aussi en qualité. SÉANCE GÉNÉRALE DU 19 JANVIER 1883. Présidence de À. Henri BoULEY, Président. Le \)rocès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement ad- mis par le Conseil, savoir : M. PRÉSENTATEURS. , , . iwA / L. Binder. Benoit (Constant^, avoue, 4, avenue de W- \ ^ ^^^^^^^^ Saint-Hila.re. pera, à Pans. ( Saint- Yves Ménard. PROCÈS-VERBAUX. 51 MM. PRÉSKNTATEUKS. Blancherais (Henry de la), propriétaire, / A. Berthoule. membre du Conseil municipal, à Cannes } J. Cornély. (Alpes-Maritimes). ' Raveret-Wattel. ,., . , . ,, . , „ . l A. Geoffroy Saint-Hilaire. Cantrelle (Alexis), propriétaire, a beauvais ) . n f \ A. t orte. ^ ^' ( Saint- Yves Ménard. Desmatte (Alexandre-Auguste), professeur ( , ^ „ c • . n-i • . ^ ,, ® , , ,-,, , l A. Geoffroy Saint-Hilaire. des sciences naturelles au lycée tnarle- i ^, , ,. .0,1 1 .. • r. • ' ( Cn. Leno-lier. magne, 13, boulevard Saint-Germain, a/ q • . v m' .1 ^^ , , f oaiut~\ves Menarcl. Pans. V ,, /,^ . V ■■, ■ A" I ( A. Geoffroy Saint-Hilaire. DUBUISSON (Eugène), propriétaire, 1/, rue de \ •' •w^ 1 < r\ • S J U îl II 11 . Presbourg, a Pans. / a r> ■ ^' [ A. Porte. ■^ • .V ./.Il 110, / L. Binder. Lamy (David), avoue, 6, boulevard de blras- (| . ^ ^ ,. - , ,,., . , ^ . < A. Geoffroy Saint-Hilaire. bourg, a Pans. I c ■ , v m ■ a ^' \ baint-Yves Menard. ,r , s • . • t K. . {H. Bouley. Leudet (Léon), propriétaire, 4, rue Menars, \ . ^ <«- c „ tii ■ .^ /> r r > » ' ) A. Geoffroy Saint-Hilaire. ( Saint- Yves Ménard. , ^ ,„^ r. • T . A. Geoffroy Saint-Hilaire. Maisonneuve (Charles), 13"2, rue Saint-Lu- •» » p .• zare, à Paris, et à Nantes (Loire-Inférieure). ) ^ • . v ai- j ' ' ^ \ Saint-Yves Menard. Mahieux (E. j. a.), caissier de la Société des ^ A. Dieu. ï)épôts et Comptes-courants, 63, avenue j Gaudinot. de Neuilly, à Neuilly. " ( Jouenne. »r .,.• . •. ■ .or> 1 Lesesne. Mallassagne (Pierre), propriétaire, 139, ave- ^ . nue de Neuilly, à Neuilly (Seine). f o • * a- a« - j ■" J V / ^ Saint-\ves Menard. ,.,,,, , . r- , , J / A. Berthoule. Maquaire (Amedee), négociant, o, boulevard \ ,. • n- 1 ," , • L ■ l Maurice Girard, de Strasbourg, a Pans. / c • » v m - j °' V Saint- Yves Menard. ,„ , ... ,a^-, i A. Geoffroy Saint-Hilaire. MoussET (Pierre), propriétaire, 127, avenue \ . p ' de Neuilly, à Neuilly (Seine). ^ Saint-Yves Ménard. RotViÈRE (Jacques-Albert), ingénieur civil, / A. Geoffroy Saint-Hilaire. lauréat de la prime d'honneur du Tarn, à . Maurice Girard. Mazamet (Tarn). ' A. Porte. SnARLAND (Hubert-Henry), propriétaire, à la / A.Geoffroy Saint-Hilaire. Fontaine-SaintrCyr, près Tours (Indre-el- | A. Porte. Loire). ( Saint-Yves Ménard. r. ,^. . « »T f A. Berthoule. SOLLER (Charles), explorateur, 7, rue Nou- \ ^^^^^ Grisard ^^"^' ^ P^"^- Ravcret-Waltel. M. PRÉSENTATEURS A. Blot. Gleize. 52 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. M. VioT (Antoine-Eugène), ancien notaire, 62, rue Charles-Lalitte, à Neuillv (Seine). i "'T"""' ,, , , ■> ^ ^ \ Saint- Yves Menard. — M. le docteur Bertoni adresse des remerciements au sujet de sa récente admission. — M. le Ministre de la Marine annonce qu'il vient d'attribuer à la Société un exemplaire de la Flore de la Cochinchine, par M. Pierre. — Remerciements. — Des demandes de cheptels sont adressées par MM. le vicomte de Bruce, Dodemont-Delloye, Fabre, Desroches, Le Pelletier, Léon Menant, Nelsou-Pautier et le marquis de Pruns. — M. Jourdan écrit de Voiron (Isère): « Le 17 juillet dernier, dans une éclosion de poussins de la race pure de Langshan, j'ai obtenu un jeune Coq revêtu de soies au lieu de plumes. » Si j'avais eu chez moi la race nègre, j'aurais pu croire à un rappro- chement entre les deux espèces; mais, depuis cinq ans, je n'ai plus de volailles nègres. Les parquets où sont les Langshan leur sont spéciale- ment affectés; d'ailleurs, c'est à ce jour la seule espèce à laquelle j'ai accordé toute ma préférence. » Sans que j'aie l'espoir que le Coq dont je parle obtienne la taille et le poids de son père (5''"300 au 18 mars), il est d'une jolie force, très fier: il porte bien la tête, qui est ornée d'une jolie crête et d'oreillons qui sont d'un rouge des plus intenses ; tout le corps est bien fourni de soies, qui sont d'un noir de charbon; les tarses et les pieds sont bien garnis de ces mêmes soies, •» Je crois qu'avec ce Coq, qui est très ardent, il serait facile de créer et au besoin de fixer une race par des sélections bien comprises. Reste à savoir s'il n'y a pas là simplement une bizarrerie. » — M. Croq écrit de la Grande-Métairie (Vienne) : « Depuis deux ans, je m'occupe de l'élevage de Perdrix rouges, surtout de la Perdrix rouge Bartavelle. Deux couples de deux ans ont pondu cette année ; la fe- melle de l'un a pondu vingt-sept œufs et l'autre neuf. C'est assez rare à l'état domestique, tous les œufs étaient bons; j'en ai élevé vingt et un, qui sont tous bien portants, et que je lâcherai après la clôture de la chasse. » — M. de Behr, Président de la Société allemande de pisciculture, annonce les envois qu'il compte faire faire prochainement à la Société d'œufs embryonnés d'Omblc-Chevalier {Salmo salveliniis) et de deux espèces de Truite : Salmo lacustris et Salmo carpio, provenant du lac de Garde. — M. le Secrétaire des séances fait connaître que les œufs annoncés par M. de Behr sont déjà arrivés; ils étaient en parfait état, et ont été FROCÈS-VERBAUX. 53 distribués sans retard. M. Raveret-Wattel donne à cette occasion les renseignements ci-après : « La Truite, connue eu Italie sous le nom de Carpione, est une belle et bonne espèce, dont la réputation était déjà établie du temps de Linné et de Block, qui la désignent sous les noms de Salmo carpio et de Fario carpo. Heckel est également d'avis que c'est bien une espèce distincte (et non une simple variété locale), très voisine, d'ailleurs, delà Truite des lacs [Salmo lacustrls). On la trouve presque dans tous les lacs du Tyrol et de la Haute-Italie, avec une autre espèce spéciale, elle aussi, à la même région : la Truite à joues rayées {Salmo genivittatus). Les Carpioni du lac de Garde sont particulièrement estimés; la chair en ^ est très saumonée. Cette espèce, qui n'atteint pas une très forte taille, a les écailles assez grandes et le corps maculé de petites taches noirâ- tres. Elle se plait surtout dans les eaux très profondes. » D'après M. Ganevari, Président de la Société de pisciculture du lac de Garde, elle fraye dans le lac même, au lieu de remonter dans les cours d'eau, comme le fait la Truite des lacs, au moment de la reproduction. Des essais d'acclimatation de ce poisson vont être faits dans les lacs de l'Allemagne du Nord où le Salmo lacustris n'a pas donné jusqu'à présent des résultats très satisfaisants, malgré la nature des fonds, composés de sable et de gravier. » L'Omble-Chevalier {Salmo umbla, S. salvelinus), souvent désigné en Allemagne sous le nom de Truite rouge {Rothforolle), est un poisson moins actif, moins carnassier que la Truite. Gomme il varie beaucoup sui- vant l'âge, le sexe et les localités, on a cru souvent devoir en distinguer plusieurs espèces. On le trouve dans beaucoup de lacs aux eaux claires de la Haute.-Autriche et du Tyrol, en Bavière et en Suisse. 11 se montre aussi dans les lacs des monts Carpathes, jusqu'à une hauteur de "2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa croissance est assez rapide, bien qu'elle n'égale pas toutefois celle de la Truite des lacs. La chair est plus ou moins saumonée, parfois tout à fait blanche, selon la saison, la région, et surtout la nature de l'eau; mais elle est toujours d'excel- lente qualité. Les Salvelais du lac Fuschler, aussi bien que ceux du lac Hinter, près de Berchtesgaden, se distinguent par leur rapide développe- ment; parfois on en pêche qui atteignent jusqu'à 10 ou 12 kilogrammes. La pêche se fait avec de grandes seines, manœuvrées par deux bateaux. Beaucoup d'établissements de pisciculture de l'Allemagne élèvent des métis d'Omble-Chevalier et de Truite, qui donnent des résultats très satisfaisants sous le rapport de la rapidité de croissance. » Dans la Haute-Aulriche, on ne féconde guère artificiellement les œufs d'Omble-Ghevalier qu'avec de la laitance de Truite de ruisseau {Salmo fario). » — M. Louis, maire de Saint-Germain-sous-Cailly, régisseur du domaine de Gouville (Seine-Inférieure), adresse le rapport suivant : « L'établis- 54. SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. sèment de pisciculture de Gouviile, toujours eu voie de développement, est arrivé cette année à faire reproduire des alevins de vingt mois, ap- partenant à diverses espèces. )) Des Salmo fontinalis, reçus d'Amérique il y a deux ans, ont repro- duit cette année ; six femelles ont donné oOUO œufs, dont 2750 sont par- faitement éclos et ont donné des alevins très vigoureux. » Il y a aussi à l'établissement des Truites de différentes espèces, dont on recueille les œufs en ce moment. » Nous avons obtenu, en poissons de vingt mois, plusieurs spécimens mesurant, de l'œil à la naissance delà queue, de 33 à 38 centimètres de longueur, et d'un poids variant de 300 à 500 grammes. » Les espèces qui ont le mieux réussi sont : la Truite ordinaire, laTruite dite d'Ecosse et le S. fontinalis. Ces derniers sont les plus forts sujets. » Quant aux Saumons, Truites des lacs, métis de Saumons et de Truites, les sujets qui nous restent sont beaux, mais plus petits que les précédents, et ils ont éprouvé une mortalité de 80 pour iOO depuis l'é- closion jusqu'à l'âge d'un an. L'Omble-Chevalier est à peu près impos- sible à élever; au bout d'un an, sur cent sujets, quatre ou cinq à peine subsistent encore. î Nous avons remarqué que la grande quantité de nourriture, dès le premier âge, peut, en viciant l'eau, faire un grand tort aux jeunes pois- sons ; la nourriture doit donc être très limitée dans les trois premiers mois. » Nous commencerons l'année prochaine la vente des poissons éclos en 1880 et en janvier et février 1881. » — M. des Vallières accuse réception et remercie de l'envoi d'œufs de Truites des lacs qui lui a été fait. — M. Ch. Bureau, d'Arras, sollicite un lot de graines de Ver à soie du miirier, de la variété Verdolina Casati. — M. Hignet écrit de Varsovie : « Je viens rendre compte à la Société d'une expérience intéressante que j'ai faite cette année à Sieltze, dans ma magnanerie d'essai. Vous savez que depuis quelques années je me livre à l'éducation de Vers à soie sauvages, notamment du Cynthia, du Yama-mài et du Permji. Le Cynthia est complètement acclimaté en Pologne par sa transformation debivoltin en univoltin. Je viens d'obtenir le mime résultat avec le Peniyi, qui jusqu'à présent avait résisté aux essais tentés pour empêcher la sortie du papillon à la fin de l'été. Celte année, une partie de ma récolte a été soustraite à la loi du bivoltisme et attend à la cave le retour de la belle saison. Les cocons que j'ai ou- verts avaient leur chrysalide vivante et bien vivante, si bien que je puis espérer d'avoir au printemps mes propres reproducteurs. Je ne vous en serais pas moins très reconnaissant de vouloir bien, s'il est possible, disposer de quelques œufs en ma faveur. 11 faut prévoir les mécomptes, car le printemps est encore loin. Si vous pouviez m' envoyer aussi quel- PROCÈS-VERDAUX. 55 ques œufs d'aulrcs espèces sauvages, je vous en serais fort obligé. J'ai disposé quelques haies do pruniers, de noyers, etc. ; j'ai donc tous les éléments nécessaires pour tenter d'aulrcs acclimatations. La graine du Cijntliia s'est perdue chez moi, car j'en ai abandonné l'éducation; mais on m'en demande, et je voudrais pouvoir répondre à ces demandes en reprenant mes éducations de ce Ver. )) Vous ai-je déjà parlé de la manière dont je conduis mes éducations en plein air? Je place mes Vers sur des haies qui n'ont pas plus de six pieds de hauteur, et je les protège avec des cadres mobiles munis de filets. Cinq cadres font une maisonnette à claire-voie : quatre pour les parois et un pour le toit. A ce premier abri s'en ajoute un second, lorsque la feuille est à peu près mangée; on enlève la paroi du milieu pour ne pas gêner la communication. Vingt cadres peuvent suffire à une étendue considérable de haies, car ils se transportent au fur et à mesure qu'ils se trouvent ne plus rien avoir à protéger. Les haies peuvent se disposer en labyrinthe, pour en établir le plus grand nombre possible sur un terrain donné et faciliter la surveillance. C'est un mode d'exploi- tation facile et peu coûteux, et je me demande si la culture des Vers à soie sauvages n'est pas la sériciculture de l'avenir. Les Vers à soie du chêne, qui sont les plus intéressants de celle famille de séricigènes, donnent une soie plus abondante que le Ver à soie du mûrier et sont exposés à moins de chances contraires. La soie en est brillante, nerveuse, et, soumise à une bonne préparation, lutterait avantageusement avec celle du mûrier. Quant à moi, je renoncerai sans doute au Ver du mûrier (qui ne prend pas en Pologne à cause des soins minutieux qu'il exige), pour pousser à la culture du Yama-maï et du Permfi, — du Pernjji surtout, car le Yama-mni éclôt trop tôt pour notre climat et ne pourrait s'élever qu'à la condition de commencer l'éducation dans une espèce de serre froide où l'on jtlanterait des taillis de chênes pour en hâter la végétation. Du reste, cette condition est facile à remplir; il en coûterait moins pour éta- blir une serre de ce geiu'e que pour construire une magnanerie avec tous ses accessoires. » J'appelle l'attention de la Société sur un travail très intéressant d'un sériciculteur du midi de la France, M- Victor UoHat, de Collioure f Py- rénées-Orientales), qui, lui aussi, se préoccupe de la guérison des ma- ladies (lu Ver à soie, et la trouve dans le traitement qu'il fait subir à la graine immédiatement à partir du moment delà ponte. Les théories de ^. Piollat sont exposées dans d^tix brochures qui ont paru à Perpignan e^ 1875 et 1881, sous le litre : Mdtkode pratique contre les maladies lies V(^i'S à soie — et Embryologie. La méthode de M. Ilollat consiste à donnera l'œuf la |»lns gi'ande somme de chaleur atmosp|iéri([iie possibb; pendant les mois de juin, juillet, et août; à abaisser cette température jusqu'4 15 degrés centigrades (température de l'œuf) jusqu'au mois de décembre, puis arriver à la température de 5 à 6 degrés, qui réveille 56 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. l'activité embryonnaire dans l'œuf. Je ne puis vous indiquer que très succinctement le procédé: il faut lire la brochure. M. Rollat m'a envoyé de sa graine, qui a bonne apparence et me paraît être supérieure à la mienne. Pour M. Rollat, le corpuscule de M. Pasteur a peu d'impor- tance. Une graine traitée d'après sa méthode donnera des Vers sains et robustes et bons fdeurs. » — MM. le comte de la Villebrune, P. Mathey, E. Vavin, Guillin, Guil- laume et R. de Cazenove demandent à prendre part à la distribution des graines annoncées dans la Chronique. — M. Latour Marliac écrit du Temple : « Le rapport que je compte vous adresser sur mes cultures de Rambous traitera de nombreuses es- pèces ou variétés nouvelles et inédites, dont le tempérament n'est pas assez dessiné et les caractères suflisamment révélés pour les classer sans équivoque parmi les Rambous vrais cespiteux, les Phyllostachys ou les Arundinarias. » Afin de vous donner un petit aperçu du cadre que j'aurai à remplir, je vous transmets la liste de ma collection actuelle de Rambusacées : > 1. Arundinacea. — 2. aurea. — 3. Cago-zasa (inédit). — 4. fal- cata. — 5- flexuosa. — 6. Fortunei foins argentés variegatis. — 7. gracilis. — 8. Ha-tsikou (inédit). — 9. Hobi-tsikou (inédit). — 10. Himalayensis. — H. Japonùa. — 12. metake. — 13. mitis. — 14, Mà-sà. — 15. nana. — 16. nigra. — 17. quadrangularls. — 18. Qui- IIqI, — 19. Ragamowlskii. — 20. Rô-tsikou (inédit). — 21. scriptoria. 22. Simoni. — 23. spinosa. — 24. sulphurea. — 25. Thamnocalamus spathiflorus. — 26. Thouarsi. — 27. violacea. — 28. violasccns. — 29. verticMata. — 30. viridi-glaucescens. — 31. viridi-striata. — 32. vittata argentea. » Enfin, outre un assortiment d'autres nouveautés que j'attends direc- tement du Japon au mois de mars, j'ajouterai très prochainement à ma collection les B. macrosperma — Murasaki dake (inédit) — et Thamno- calamus Falconeri. » Vous voyez, d'après cette énumération sommaire, que j'ai déjà groupé un assez grand nombre de Rambusacées, dont plusieurs sont appelées, par leur mérite ornemental, ligneux ou comestible, à prendre une place importante dans l'horticulture et l'agriculture, et que je contribue avec zèle à la propagation de leur culture, que favorise et préconise à si juste titre la Société d'Acclimatation. » — M. le Directeur du Jardin zoologique de Marseille rend compte du résultat obtenu des semences de Soya hispida et de Riz sec qui lui ont été adressées. « J'ai reçu le 11 mai environ un litre de chaque graine. Ayant fait préparer deux planches de terrain (bonne terre de jardin) de la superficie d'environ 17 mètres carrés, l'une, consacrée au Soya, fut tracée comme pour du Pois, c'est-à-dire à quatre rangs. J'y fis semer le 25 mai environ un demi-litre de ces graines, qui levèrent le l'^'" juin, PROCES-VERBAUX. 57 après avoir subi une première irrigation le 28 mai. Reconnaissant que le semis était trop épais, mais voulant voir le résultat, je ne le fis pas éclaircir. j\laturité complète fin septembre; hauteur, 0"',60 à 0'",70; :i litres i/2 environ. Quant au Riz, semé le 17 mai, il a levé le 26 mai. J'ai été obligé de l'arracher le 23 septembre, sans qu'il ait donné d'épis. » — M. le Secrétaire général dépose sur le bureau : 1° Un mémoire adressé à la Société par M. le baron de Sélys-Long- cbamps, président du Sénat belge et membre de l'Académie royale de Relgique, sur l'état actuel de la pisciculture en Relgiciue ; 2° Un exemplaire des nouvelles instructions publiées par M. Odile Martin sur la conduite des couveuses artificielles ; 3" Une lettre par laquelle M. Tischomiroff, Président de la section d'or- nithologie de la Société impériale russe d'acclimatation, transmet un rapport sur les travaux de M. Ratacheff, de Toula, qui s'occupe avec le plus grand succès d'élevages d'oiseaux exoti(jues et autres. — M. Raveret-Wattel dépose sur le bureau : 1° De la part de M. Lonquéty aîné. Président de la Chambre de com- merce de Roulogne-sur-Mer, un exemplaire du procès-verbal de la séance tenue pour la distribution solennelle des primes instituées avec le concours du Ministre de la Marine, en vue d'encourager la bonne préparation en mer du hareng de la première pèche au Dogger-Rank ; 2" De la part de M. le baron Von Mueller, botaniste du gouvernement à Melbourne, un sachet de graines à' Eucalyptus Berkianœ ; 3° De la part de M. le comte Louis Torelli, sénateur du royaume d'Italie, un exemplaire de l'ouvrage que notre honorable confrère vient de publier sous le titre : la Malaria d'Italia, et dans lequel il étudie les causes du fléau et les moyens de le combattre. Comme moyen d'assainissement, M. le comte Torelli recommande particulièrement les plantations d'ar- bres, et surtout les plantations d'Eucalyptus. Ce très intéressant travail est accompagné d'une carte faisant connaître la distribution géographique de la malaria et indiquant par des teintes plus ou moins foncées le degré d'intensilé du fléau. M. Raveret-Waltel appelle ensuite l'attention de la Société sur une note récemment publiée dans le Bulletin de la Société d'insectologie, concernant VEucali/ptus rostrata, qui y est signalé comme portant des fleurs nuisibles aux Abeilles. L'empoisonnement d'un grand nombre de ces insectes aurait été constaté. Il paraîtrait utile de charger la cinquième section de recueillir des renseignements sur ce fait, qui est en contra- diction avec l'opinion généralement admise, que les fleurs des Eucalyptus sont très favorables aux insectes mellifères. Tout récenunenl encore, M. Ch. Naudin (1) citait précisément VEucalijptiis rustrala comme pa- raissant appelé, eu raison de son abondante floraison, à rendre des ser- (I) Voy. UullelinSoe. Acd. 1882., p. Cie. 58 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. vices aux éleveurs d'abeilles. Peut-être, ajoute M. Raveret-Wattel, Jes observations n'auront-elles pas porté sur des sujets de même espèce, et aura-t-on confondu entre eux des arbres différents. Il y a lieu de remar- quer, en effet, qu'on est assez peu d'accord sur les noms des Eucalyptus déjà introduits en Europe, et il importerait grandement que la cinquième section s'occupât de mettre de l'ordre dans la détermination de ces espèces. Tout en reconnaissant l'utilité d'un semblable travail, et en faisant des vœux pour qu'il soit mené à bonne lin, M. Geoffroy Saint-IIilaire ex- prime la crainte qu'on ne rencontre dans l'exécution de cette tâche des difficultés fort sérieuses, par suite du nombre considérable des espèces d'Eucalyptus, des ressemblances très grandes qui existent entre beaucoup de ces espèces, enfin des nombreux croisements qui se sont produits et qui ont donné naissance à des types métis, lesquels viennent encore compliquer la question. — M. Raveret-Wattel signale à l'assemblée l'intérêt qui s'attacherait îi l'introduction de la culture des Quinquinas dans plusieurs de nos colo- nies. On a longtemps cru, dit-il, qu'en dehors de la question du climat, certaines conditions d'altitude étaient absolument nécessaires à la végé- tation des Cinchonas. Or les heureux essais de culture entrepris à l'île de la Réunion par M. Morin, lauréat de la Société, et plus récemment les importantes plantations créées à Java par les Hollandais et dans l'In- doustan par les Anglais, ont prouvé que les Quinquinas peuvent être cultivés dans une zone assez étendue. Des milliers de balles d'écorce sont importés chaque année en Europe des Indes anglaises et néerlan- daises. D'un autre côté, on sait que dans l'Amérique du Sud, dans les Andes, les Quinquinas tendent à disparaître rapidement, par suite de l'exploitation abusive faite par les casmr///ero,s ou chercheurs d'écorce, qui détruisent tout, les arbres jeunes comme les arbres vieux. Il inipor- terait donc de rechercher , dans nos possessions hors d'Europe , les stations oîi des plantations de Quinquinas pourraient être faites à l'instar de celles des Anglais et des Hollandais. — M. Camille Dareste donne lecture d'qne note faisant connaîtra le résultat de ses études expérimentales surl'incubation (voy. an Bulletin). — 4 l'occasion de cette note, dans laquelle se trouvent mentionnées des observations faisant ressortir quelques-unes des causes qui peuvent contribuer à la fornîation des monstruosités chez les oiseaux, ftl. Millet rappelle que des observations analogues ont été faites en ce qui concerne les poissons. Depuis (ju'on s'occupe de l'incubation artificielle çjes œufs de poissons, dit-i|,on a remarqué que, dans les élevages, le nombre des monstres est parfois assez considérable, et l'on a généralement attribué ce fait à la fécondation artificielle. En réalité, il tient surtout aux se- cousses que les œufs ont eu à subir, soit pour leur transport, soit pour leur manipulation. D'oii l'utilité d'un emballage très soigné pour les PROCÈS-VERBAUX. 59 expéditions à'de'grandes distances, et la nécessité de ne faire voyager les œufs que quand ils sont déjà embryonnés, parce qu'à celte époque de leur développement ils supportent mieux les secousses inévitables du trans- port. — M. Fornet fait remarquer que quand un œuf reste plusieurs jours ou plusieurs semaines sans être remué, il perd assez rapidement sa vi- talité ; mais que si cet œuf est remué soit tous les jours, soit tous les deux ou trois jours, il peut être conservé pendant deux et trois mois, et être mis ensuite en incubation. Les Poules ont bien soin de remuer leurs œufs de temps en temps, et c'est ainsi qu'elles- amènent à éclosion la presque totalité des œufs qu'elles couvent. Lorsque l'on conserve des œufs dans de l'eau de chaux, si les œufs restent sans être remués, un certain nombre d'entre eux deviennent impropres à l'alimentation, parce que le jaune se colle à la paroi interne de la coquille. Aussi les mar- chands ont-ils souvent l'ecours à l'emploi de cuves où, presque journel- lement, un appareil à aubes remue les œufs dans l'eau de chaux. — Au sujet des monstruosités observées chez les Poissons et attribuées à la fécondation artificielle, M. Dareste rappelle que le terme monstruo- sité comprend deux genres bien différents : la monstruosité simple et la monstruosité double. Les monstres simples sont ceux chez lesquels il n'y a qu'un seul corps embryonnaire. Les monstres doubles, beaucoup plus rares, sont dus probablement à un état particulier du germe. Les mons- truosités simples peuvent être produites par des causes inhérentes à l'incubation; les monstruosités doubles sont vraisemblablement déter- minées antérieurement à l'incubation, et pourraient bien tenir, comme tendent à je faire admettre les observations récentes de M. Hermann Faure, à un mode particulier de fécondation. Contrairement à ce qui a été longtemps admis par les physiologistes, pour que le germe soit fécondé, il suffit qu'un seul spermatozoïde pénètre dans l'œuf; dans les conditions ordinaires, dès qu'il a pénétré, le chemin est barré aux autres. Toutefois, il peut arriver que la modification de l'ovule qui ferme ainsi l'entrée, ne se produisant pas assez rapidement, deux ou trois sperma- tozoïdes s'introduisent dans l'ovule, et il se pourrait qu'il y eût là une cause modifiant la constitution du germe et le rendant apte à produire des monstres doubles. Peu|-être les monstruosités doubles constatées en grand nombre chez les poissons produits artificiellement ne tiennent-elles qu'à un procédé de fécondation artificielle qui ne réalise pas ce qui se produit dans la fécondation naturelle. — M. Fornet estime que les monstruosités par arrêt de développeirient proviennent surtout des variations de la température, et surtout des va- riations en plus. Dans l'incubation naturelle, la température varie extrê- mement comme température en moins, mais jamais en plus. Dans les appareils d'incubation, elle varie sensiblement en plus, et ces variations ont été une grande cause d'insuccès pendant de longues années. Les 60 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. courants d'aii" chaud qui se produisent dans des incubateurs mal établi ou mal dirigés amènent parfois la production de monstres par atrophie ou par développement exagéré de certaines parties. — M. Dareste dit qu'il n'attache aucune importance à savoir si ces phénomènes sont des monstruosités ou des arrêts de développement. L'emploi d'une chaleur trop forte lui a servi à produire un grand nombre de monstruosités; mais il en a obtenu par beaucoup d'autres procédés, 'foules les fois, du reste, que les conditions de la production sont modi- fiées, on arrive à produire des monstres. — M. Latasle donne lecture d'une note sur le Dipodillus Simoni et sur l'élevage de ce rongeur (voy. au Bulletin). — M. le Président fait remarquer que l'acdiniation de cette espèce en dehors de la captivité pourrait avoir des inconvénients, mais qu'en captivité elle sera avantageuse pour un grand nombre d'expériences. -- Il est offert à la bibliothèque de la Société : 1" Observations aur le règne végétal au Maroc, par P. K. A. Sehous- boe, édition française-latine avec planches, par le docteur Bertherand. Paris, imp. liaillière et fils, 1 vol. (L'Auteur.) 2" Dus ressources que la matière médicale arabe peut offrir aux pharni'icopées françaises en Algérie, \)av\e docteur Bertherand (Extrait de la Gazette médicale de l'Algérie) Alger, 1879, imp. A. Bourget, 1 broch. (L'Auteur.) 3° L'Eucalyptus au point de vue de l'Hygiène en Algérie, par le docteur Bertherand. Alger, 1876, typ. V. Aillaud et C'«, 1 broch. (L'Auteur.) i" Le noyau de Dattes au point de vue des propriétés alimentaires, thérapeutiques et industrielles, de la falsification du café. Alger, 1882, imp. Fontana et C'*", 1 broch. avec planche. (L'Auteur.) 5° Le musc de Gazelle au point de vue des applications thérapeuti- ques, par le docteur Bertherand. Alger, 1878, imp. V. Aillaud et C'% 1 broch. (L'Auteur.) 6» L'Arenaria rubra dans la gravelle et le catarrhe vésical, par le docteur Berlherand. Alger, 1878, imp. Victor Aillaud et G'", 1 broch. (L'Auteur.) 1" Conseils aux Arabes sur les végétaux dangereux de l'Algérie, parle docteur Bertherand. Alger, 1879, imp. Victor .\illaudet C'% 1 broch.) (L'Auteur.) 8° L'Aceras Anthropophora, par le docteur Bertherand. Alger, 1806, imp. Paysan et C'% 1 broch. (L'Auteur.) 9" Le Bambou au point de vue des dessèchements, par le docteur Bertherand. Alger, imp. Lavagne, 1 broch. (L'Auteur.) Le secrétaire des séances C. Baver ET- Wattel. IV. FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE Le Colin de Virginie. Le Colin Ho-oui ou de Virginie (Ortyx Virginianus) est originaire de l'Amérique méridionale; son aire de dispersion est comprise entre le Canada, les montagnes Rocheuses et le Mexique, mais on le rencontre surtout dans le centre et le sud des États-Unis. Cette espèce tire son nom du cri que le mâle fait entendre au moment des amours, cri que les Nalchez ont traduit par Ho-oui, et les habitants du Massachussett par Bob-AVhite. Sédentaire dans le sud, le Colin Ho-oui est voyageur dans le nord, d'oïl il émigré à l'automne. Florent Prévost, ((ui, le premier en France, a tenté son acclimatation, dit que le (]oliii Ho-oui est d'un tiers environ plus petit que la Perdrix; il est, sous ce rapport, intermédiaire entre elle et la Caille. La femelle, toujours un peu plus petite que le mâle, en diffère en ce que toutes les parties noires chez celui-ci sont rousses chez elle ; la gorge est aussi de cette couleur, mais beaucoup plus paie. Le Colin Ho-oui vit ordinairement dans les champs entourés de buis- sons, de haies épaisses, oîi il peut facilement se cacher lorsqu'il est inquiété, et ne fréquente guère les terres cultivées, si ce n'est après la récolte. D'un naturel peu farouche, il se prête facilement à toules les tentatives de domestication et d'acclimatation; il ne craint pas les grandes chaleurs ni les froids même rigoureux. n s'éloigne peu du lieu où il s'est fixé, à moins qu'il n'y soit contraint par la faim; il arrive alors jusque dans les cours des fermes, se mêle aux poules et partage leurs repas. « Si alors l'homme le reçoit avec hospi- talité, dit Brehm, il passe toute la saison au voisinage de sa demeure; il prend plus de confiance et arrive même parfois à devenir un animal à moitié domestique. » Le Colin Ho-oui est monogame. L'accouplement a lieu en avril, et au commencement de mai, la femelle construit son nid sous un épais buisson. Après avoir creusé en terre une dépression hémisphérique, elle garnit ce trou de feuilles et d'herbes sèches, puis le recouvre en ramenant en dôme les plantes qui croissent naturellement autour et en ne laissant qu'une seule ouverture de côté. Elle y pond de 15 à !2i œufs d'un blanc pur, qui éclosent au bout do vingt-trois jours. Les petits quittent le nid presque aussitôt après l'éclosion. Une nouvelle ponte a lieu en juillet; la seconde couvée ^e réunit alors à la première, et la famille ne se disperse (|u'au printemps suivant. 0:2 SOCIÉTÉ NATIONALK D'AGCLIMATATION. •Le màle est très attaché à sa femelle et veille sur ses jeunes avec la plus vive sollicitude. Le Colin Ho-oui se nourrit de toutes sortes de graines, de baies et de jeunes pousses de végétaux herbacés ; pendant la belle saison, il re- cherche avec avidité les insectes, surtout les coléoptères. En septembre et octobre, il se répand en grand nombre dans le voisi- nage des plantations pour y chercher des semences. En captivité, on lui donne du blé, du millet, de l'avoine ; il est très friand de chènevis et mange beaucoup de verdure. C'est un des gibiers les plus recherchés et les plus répandus aux États- Unis. Cet oiseau se prend au filet et le plus souvent est apporté vivant sur les marchés. La chasse de ces Colins exige un tireur adroit, car ils ont le vol plsn vif et plus inégal que celui de nos Perdrix grises ; la compagnie surprise ' s'élève perpendiculairement à quinze ou vingt pieds de haut, puis se dis- perse de tous côtés; les oiseaux qui réussissent à gagner les arbres s'y rasent et échappent ainsi aux regards, car ils ne font aucun mouvement et on pourrait les tuer les uns après les autres sans que ceux qui restent abandonnent la place. Un couple de ces oiseaux remis par M. Florent-Prévost à M. Lory de Fontenelle (Seine-et-Marne) s'est reproduit en 1816, Chez cet amateur, ils avaient construit leur nid dans une luzerne sur la lisière d'un bois; une compagnie de quatorze petits en naquit, mais ils disparurent et au prin- temps suivant on n'en retrouva plus. En 1828, deux couples lâchés par M. Florent-Prévost dans l'ancien clos de Chalais (haras de Meudon) ne donnèrent aucun résultat. Mais en 1837, deux couples remis par lui à M. deCossette, multiplièrent tellement en Bretagne que pendant plusieurs années on put chasser le Colin sur quelques terres de cette province. Après les résultats si concluants acquis par M. Florent-Prévost nous ne devons pas nous étonner des succès obtenus en 1853 et années sui- vantes chez M. Coeffier à Versailles ; le rapport qu'il a présenté à la So- ciété d'Acclimatation à ce sujet est plein d'intérêt (1). C'est, du reste, une acclimatation accomplie depuis longtemps en An- gleterre, surtout dans les comtés de Norfolk et Suffolk. Au moment où on se plaint de la disparition de la Perdrix, il serait à désirer que les essais de repeuplement se portassent sur cette espèce qui se reproduit facilement, ne quitte guère ses cantonnements et assu- rerait au propriétaire une chasse productive. Jules Grisaud. (i) Voy. Bull, mensuel delà Soc. imp. d'Acclimat.,ï8ho, p. 143. FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESt^bisbÀNCE. Go La Balsamiue géante couinie plante niellifèi*e. Lettre adressée par M. de Behr, Président de l'Association allemande de pisciculture, à M. Raveret-Wattel, secrétaire des séances. « Berlin, "Il novembre 1882. » Cher Monsieur, » La Société d'Acclimalation s'intéressant à la propagation des végétaux utiles, peut-être croira-t-elle devoir s'occuper d'une plante qui nie paraît appelée à rendre des services aux apiculteurs par sa belle et abondante floraison. Cette plante, c'est la Balsamine géante {Impatiens glandidi- gera lioyle), concernant laquelle vous trouverez ci-joint une petite note, et dont je vous expédierai prochainement de la graine. » Sincèrement à vous, » De Behr. » Note. — « La Balsamine géante (Impatiens glanduligera, Royle, s. Imp . Botjcli VValp.), bien que connue déjà dans les jardins botaniques, ne fut signalée pour la première fois, comme plante utile pour les Abeilles, qu'à l'Exposition apicole de Potsdam, en septembre 1881. « D'aspect assez grêle, l'échantillon présenté laissait quelque doute sur l'authenticité de l'espèce qu'on savait être de taille géante, d'après les indications données à l'Académie royale par Walper. Les renseignements très favorables fournis sur le compte de cette plante engagèrent M. de Behr à en essayer la culture. 11 en remit de la graine à son jardinier, M. Donau, qui sema en septembre dans des sillons de 4 à 5 centimètres de profondeur, et distants d'environ 9 centimètres. Bien que peu abritée, la graine résista bien à l'hiver et germa vigoureusement au printemps. Quand le semis eut 3 ou 4 centimètres de hauteur et que les gelées de la nuit ne furent plus à craindre, quelques pieds furent repiqués à peu de distance d'un rucher. Vers le milieu de juillet, les Balsamines avaient ■i",50 de hauteur; c'étaient de belles plantes, vigoureuses, bien dévelop- pées, couvertes de jolies fleurs rouges. De nouvelles branches se déve- loppaient constamment, et, dès le commencement de septembre, les tiges atteignaient de 2 mètres à 2"',50 de hauteur; les rameaux étaient longs et forts à l'avenant. Pendant le jour, ces plantes étaient littéralement couvertes d'Abeilles. Les fleurs se comptaient par milliers, et, néanmoins, à certaines heures, il n'y avait pas une de ces fleurs qui n'eût un insecte. Très ornementale, d'un superbe effet décoratif, la Balsamine géante peut aussi devenir une ressource précieuse pour les Abeilles, à une époque de l'année où ces insectes n'ont guèfe à leur disposition que le Chanvre, car, en septembre, le Trèfle blanc n'a que peu de miel. » 04 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. Vignes de Perse. Extrait d'une lettre adressée à M. le Directeur du J:irdin zoologiquc d'Acclimatation. Tauris, le 19 décembre 1882. ... J'ai confié au courrier de notre légalion, parti de Tauris le 12 de ce mois, une quarantaine de plants et un certain noiubre de boutures de Vignes de Perse, le tout en un paquet bien conditionné, qui a dii être remis à Poti, à l'agence des bateaux-paquets de Marseille. Mon envoi est composé de cinq espèces de Vignes : 1" Le « Cliabany » (royal), qui pro- duit un raisin à gros grains dont on fait spécialeinent le vin rouge dans cette province; 2" Le « Piiclie-Baba » (barbe de papa) blanc, dont le grain est long et gros comme le pouce ; 3" Le « Askéry » (des troupes), raisin blanc sans pépins (invisibles à l'œil nu); la peau en est si mince qu'il est difficile de l'égrener sans l'écraser; 4." Le Kicbmicb, raisin blanc à petit grain sucré et très alcoolique ; 5» Le Sâhéby (du iriaître), raisin rouge foncé, plus délicat que le Cbabany pour la table. D'après ces indications, il sera aisé de recon- naître ces différentes espèces de raisins dès que les plants produiront. J'ai joint à mon envoi un certificat établissant que la Perse est indemne du l'iiylloxéra. Je serai très heureux. Monsieur le Directeur, si je par- viens à introduire en France la Vigne de Perse, car elle produit Les meilleurs raisins connus. Je n'ai pu vous envoyer cette fois des Pêchers, notre courrier était trop chargé; dès que les froids auront cessé, je vous en expédierai. Quant aux animaux que vous désirez, ils ne sont pas difficiles à trouver, excepté la Perdrix royale (Tétraogalle). qui est plus rare ici qu'à Téhéran ; mais je cherche en vain le moyen de vous les envoyer; nos courriers vont trop vite, ils les tueraient : il s'agirait de découvrir un voyageur complaisant qui voulût bien prendre une pareille peine. Veuillez, etc. Bernay. Consul de France. Le gérant : Jui.es Grisard. MoTTEr.oz, Adm.-Dirccl. des Imprimeries rcunies, A, rue Mignon, 2. Paris I. TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ NOTES SUR LE CANARD GASARKA (ANAS CASARKA, DE Linné; TADORNA GASARKA, de Macgillivray; GASARKA RUTILA, de Ch. Bonaparte) Par M. le comte De MOIVTLEZUIVI D'après Brehm le Canard Gasarka est originaire de l'Asie centrale, qui doit être regardée comme le foyer de l'aire de dispersion de ce palmipède. On le rencontre en Grèce et dans le sud de l'Italie. On le remarque encore sur les lacs de l'Egypte, dans la Tunisie, en Algérie et au Maroc. Gertaines années il paraît qu'il est commun dans les Indes. Le Ganard Gasarka a le bec, les pieds et les tarses noirs ; la tête et le cou roux jaunâtre ; la base du cou, le dessus et le dessous du corps roux rougeâtre avec couleur plus accentuée et plus foncée sur la poitrine. Ses ailes sont blancbes et noi- res, presque entièrement recouvertes par les plumes du manteau et des flancs qui ne laissent paraître que les grandes l'émiges qui sont d'un beau noir et partie des rémiges secon- daires qui sont aussi noires, mais à reflet vert foncé ; ces dernières forment ce que l'on appelle le miroir de l'aile. Le croupion et la queue sont noirs. La femelle est presque semblable au mâle, mais son plu- mage est moins coloré, le dessus de sa tête est légèrement gris et elle a la face blanche. J'ai depuis l'an dernier un couple de Canards Gasarka qui vivent dans une prairie bordée d'une pièce d'eau; la pièce d'eau et la prairie sont entourées d'une clôture de la mon- tagne noire. Dès leur arrivée, ces oiseaux se trouvèrent en compagnie d'un couple d'Oies du Canada et d'un couple de Canards de la Caroline avec lesquels ils ne purent jamais sympathiser. Lan dernier la femelle ne pondit pas ; je crus comprendre 3' SÉuiE, T. X. — Février 1883. 5 66 SOCIÉTÉ NATIONALE d'AGCLIMATATION. que le déplacement et les fatigues d'un long voyage étaient la cause de mon insuccès. Mes Gasarka passèrent l'hiver en bonne santé, ils ne paru- rent pas plus contrariés par les jours froids que par les cha- leurs de l'été. En 1882, dès le mois de janvier, j'avais remarqué quelques accouplements; toutefois, je ne comptais guère sur des résultats plus heureux que ceux de l'an dernier. Le mâle était tellement rageur que je doutais de sa fécondité. Sa jalousie était si grande qu'il ne pouvait supporter ni ses compagnons de captivité ni les poules qui se hasardaient à franchir la clôture de son parc. Les Oies du Canada, à cause de leur grande taille, étaient les seules respectées. Cependant on les voyait se hérisser à leur approche et il ne leur manquait que la force pour oser les attaquer. J'ai dû, pour éviter une guerre continuelle et calmer la mauvaise humeur du mâle, établir une division dans le parc, pour les séparer entièrement de ses congénères. Dès les premiers jours de mars, ayant remarqué que le foin dont j'avais garni la niche était remué, je surveillai de près mes oiseaux et ne tardai pas à m'apercevoir que la femelle Gasarka y était entrée. Le 26 mars, je trouvai dans la niche un œuf à peu près semblable à celui d'un Canard ordinaire, peut-être un peu plus gros. 11 était blanc, à coquille lisse, très légèrement teintée de couleur paille. La ponte avait commencé; elle continua à jour passé et dura jusqu'au 11 avril. Dès le pre- mier jour de la ponte la femelle arracha son duvet pour recouvrir ses œufs. 11 me fut facile de constater que la quan- tité de duvet augmentait en raison directe du nombre d'œufs pondus. Le 41 avril, tous les œufs étaient entièrement recouverts de duvet ou de plumes. A partir de ce moment, la couveuse ne quitta plus son nid que pour aller manger. Elle se levait deux et trois fois par jour et restait hors du nid une heure environ, quelquefois plus. Un jour elle ne renira dans sa LE CANARD CASAHKA. 67 niche que deux heures après en être sortie, ce qui me faisait craindre qu'elle ne menât pas à bien sa couvée. Cependant je pus reconnaître que le duvet empêchait le refroidissement des œufs. L'incubation a duré trente jours. Le vingt-neuvième jour tous les œufs étaient piqués et le trentième jour les neuf petits étaient sortis de la coquille. La couveuse les tenait soi- gneusement recouverts de ses ailes, elle les a gardés dans la niche pendant vingt-quatre heures, après quoi elle les a con- duits à l'eau. C'était plaisir de voir ces petits Canards recouverts de duvet brun et blanc plonger et s'ébattre sur l'eau à la suite de leur mère; on n'aurait jamais cru les voyant si alertes qu'ils étaient nés de la veille. Pendant les quatre ou cinq premiers jours les nouveau-nés se sont contentés de picoter quelques petits insectes qui se trouvaient parmi les lentilles d'eau : depuis ils se sont insensiblement accoutumés à manger quelques mies de pain, quelques grains de petit millet ou de panis. Je les ai nourris pendant quatre semaines avec de la mie de pain, du petit millet, du panis et des lentilles d'eau. Je ne leur ai donné ni œufs de fourmis, ni pâtées, ni produits alimentaires; cependant le développement s'est effectué dans les meilleures conditions et un mois après leur naissance les plumes ont commencé à remplacer le duvet. A l'âge de quarante jours, mes Casarka étaient entièrement recouverts de plumes rougeâtres et teintées de gris dans la région des ailes et du dos. A partir de ce moment, je leur ai donné de l'avoine, du blé, des graines de sorgho à balai. Les ailes des Casarka se développent rapidement. Ils peu- vent parfaitement voler à l'âge de soixante jours ; dix jours plus tard ils ont leurs ailes entièrement développées. On ne peut bien distinguer le sexe de ces oiseaux que lorsqu'ils ont leur plumage d'adulte, c'est-à-dire avant la fin de l'automne qui suit leur naissance. DES PRODUCTIONS VEGETALES DU JAPON Par le docteur Edouard îflÈIVE {Suite) En dehors de ces Lis qui étaient au jardin du Trocadéro, les autres Lis japonais sont : Le Lillum concolor de Salisbury (1), que les Japonais nom- ment Hime-yuri comme le L. callosum, indiqué par Mi- quel (2), par Franchet et Savatier (3). On le trouve cultivé dans les jardins japonais de l'île de Nippon, principalement dans les villes de Tokio et de Yokosi^a. Le L. concolor est haut de 0"',cJ5àO"\50 ; sa tige est ronde, grêle, glabre; ses feuilles alternes, lancéolées, sont plus larges dans la partie supérieure de la plante; ses fleurs sont réunies par 2-5 en ombelle terminale. Suivant M. Duchartrc (4), il existe une variété à une seule tleur, que Link regardait comme le type de l'espèce. Les fleurs dressées sont petites, campa- nulées, largement ouvertes, nonrévolutées, de couleur rouge minium, ou rouge clair uniforme, suivant M. Duchartre. D'après MM. Franchet et Savatier (5), ces fleurs sont de cou- leur jaune rougeâtre, marquées de points bruns à la base. Le L. concolor a été apporté de Chine en Angleterre, en 1806, par Gréville. M. Leichtlin dans sa collection l'indique comme une espèce distincte. Le Lilium pulchellum de Fischer (6), joli petit Lis à fleur solitaire dans la plante spontanée. Les folioles du périanthe sont rapprochées en cloche et non roulées en dehors ; elles sont de couleur rouge-tomate, parsemées intérieurement de petits points foncés. Ces fleurs sont remarquables par la briè- veté du style (7). (1) Salisbury, Par«d., tabl. il. (2) Miquel (F. A. W.), Proliisio florœ Japonicœ, p. 320. (3) Franchet et Savatier, Enum., vol. II, pars 1, p. 65, n° 1895. (4.) Duchartre, Jour, de la Soc. centrale d'hortic. de France, t. IV, p. 342-343. (5) Franchet et Savatier, vol. 11, pars 1, p. 65, n° 1895. (6) Hort. berol., 1834 et Animadv. botan,, tiécembrc 1839, p. 14. (7) Duchartre, Jour, de la Soc. centrale d'hortic. de France, l. IV, p. 282, 4870. " PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 69 MM. Franchct et Savatier, sur l'autorité de M. Maximowicz, font du L. pulchellum une variété du L. concolor Salisb. (i). MM. Koch (2) et Baker (3) le désignent comme une espèce distincte. Le L. pulchellum, qu'on trouve aussi dans la Chine sep- tentrionale et en Sibérie, a été introduit en Russie, en 1834-, par Raddi et y est cultivé depuis cette époque. Le Lilium coridion de Siebold (4), mentionné par Franchet et Savatier (5), noté dans le Phonzo-Zoufou (G) sous le nom Kihime yuri. Le Kihime yuri croît dans le Japon septentrional, d'où il a été rapporté en Europe par Siebold en 1856. C'est une plante haute de 0'",33, sa tige grêle, unie, glabre est garnie de nom- breuses feuilles linéaires, de couleur verl-émeraude en des- sus, blanchâtres en dessous ; une seule tleur terminale, petite, deO'",04. au plus, dressée, campanulée, sans odeur, decouleur jaune-citron en dedans, jaune plus clair en dehors. Etamines courtes. Avec une yoxiîiiQ parthenion Sieb. et de Vr., qui a été introduite par Siebold en 1870 ; désignée dans le Phonzo-Zou- fou il) sous le nom de Akal hime yuri (Lis des vierges). Suivant le D' Savatier, la fleur de VAkai hime-yuri est rose extérieurement et intérieurement à la base, et rouge vif su- périeurement, sans macules. D'après M. Duchartre (8) la fleur du L. parthenion est ter- minale, solitaire; les folioles du périanthe longues de 0"',03, larges de O^jOl, sont rouges avec la nervure médiane verte en dehors, maculées çà et là de rouge sombre à l'intérieur. (1) Franchet et Savatier, vol. II, pars I, p. 65, n" 1895. (2) Karl Koch, Das Geschieht der LiLien {Wochenschrift fur Gœrtnerei und Pflan^.enkunde, V, 1862, p. 301). (3) Baker (J. G.), A neiv synopsis of ail ihe knoivn Lilies {GardenefsChronide, 12 août 1871, p. 1034). (4) Siebold et de Vriese, Tuinbouw Flora, 2* partie, p. 341, avec pi. color., 1855. (5) Franchet et Savatier, vol. H, pars 1, p. 64, n" 1892. (G) Phonzo-Zoufou, vol. 51 , fol. 23 recto. (7) Ihid., vol. 51, fol. 23 verso. (8) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 472-473. 70 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. M. Duchartre, de même que Siebold, que MM. Leichllin, Franchet et Savatier, considère le L. coridion comme une espèce distincte et indique le L. parthenion comme une va- ' riété du L. coridion. M. Baker (1) regarde le L. coridion Qi]e L. parthenion comme deux variétés du L. concolor Salisb. Le Lilium avenaceuni de Fischer, espèce décrite par M. Maximowicz (2), marqué par M. Leichtlin dans sa collec- tion comme espèce distincte et remarquable, qu'on rencontre au Japon de même que dans les îles Kuriles et Sachalin, dans la Mandchourie et le Kamtschatka. Le L. avenaceum a des feuilles assez larges, lancéolées, disposées en verticilles. Suivant M. Duchartre (3), la fleur, de grandeur moyenne, a les folioles du périanthe peu révolutées et plutôt réfléchies dans leur partie supérieure, elle est de couleur rouge-ponceau, quelquefois orangée, elle est parse- mée de macules foncées. Le Lilium medeoloides d'Asa Gray (4), de Miquel (5), de Franchet et Savatier (0) ; Kuruma-yuri, suivant le Somoku- Dusets il) elle Phonzo-Z ou fou (8), Le Kuruma-yuri croît dans les champs des régions mon- tagneuses du Japon, et il tleurit en août. On le trouve dans les parties centrale et septentrionale de l'île de Nippon et dans l'île de Yeso où il a été observé, près de la ville d'Hakodate, par Ch. Wright. Avec une variété obovata, qui, suivant le D' Savatier (9), fleurit de juillet à août et est cultivée dans les jardins ja- ponais- (1) Baker {i.G.], A new synopsis ofaLl the Knoivn Lilies {Gardener's Chronicle, i2 août 1871, p. 1034). (2) Garlenflora, p. 290-292, pi. 485, 1865. (3; Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 282. (4) Gray (Asa), On the Botany of Japan {Mémoires de l'Académie améri- caine des arts et sciences, nouvelle série, t. VI, p. 415, 1857). (5) Miquel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p." 320. (6) Franchet et Savatier, vol. Il, pars 1, p. C3, n" 1891. (7) Somoku-Diisets, vol. V, p. 51, n" 77. (8) Phonzo-Zoufou, vol 51, fol. 18. (9) Franchet et Savatier, vol. II, pars 1, p. 63, n" 1891. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 71 La tige du Kuriima-yuri est glabre, nue inférieurement, garnie supérieurement de feuilles réunies en faux verlicille, lancéolées, étroites; la fleur est souvent solitaire; quelque- fois, il y en a 2 ou "3; elles sont petites, d'un rouge-brique ou rouge-orange, avec des macules foncées. Dans la variété obovata, les feuilles sont obovales et les fleurs identiques. M. le D' Savatiei- dit que le L. medeoloides d'Asa Gray, qui croît dans l'île de Yeso, est semblable au L.ai'ewaceitm Fischer, recueilli par lui et par M. Maximowicz dans les Alpes de Niko. D'après M. Duchartre (1), le L. medeoloides est considéré par M. Kocli comme identique au L. maculalum. Le Lilium alternans, importé du Japon par Siebold, en 1869, que M. Max Liechtlin indique dans sa collection comme espèce distincte, M. Duchartre (2) ne considère pas les caractères indiqués par Siebold comme suffisants pour donner une certitude d'es- pèce ou de variété. 11 décrit ce lis comme ayant des feuilles nombreuses, linéaires, lancéolées. Les fleurs qui se montrent dans le courant de juillet, sont nombreuses (une quinzaine environ), dressées, non révolutées, de couleur orange foncé, avec des taches jaunes et des stries brunes vers la base des folioles du périanlhe (3). Le Lilium testaceum de Lindiey (A), de Franchet et Sava- tier (5), ou L. habellinum de Kunze (6). Pour M. le D' Savatier, son origine est douteuse et il n'est peut-être qu'une des nombreuses formes horticoles du L. speciosum. M. le D' Regel (7), directeur du Jardin botanique de Saint- Pétersbourg, le regarde comme originaire du Japon. 11 en est (1) Duchartre, Journal de la Société centrale lïhorticuUure de France, t. V, p. 273. {■!) Ibid., t. IV, p. 474. (3) Ibid., t. IV, p. 473. (4) Lindiey, IM. reg., 1842, n» 7 ; Mise, n" 51, 1843, tabl. II. (5) Franchet et Savatier, voL II, p. 08, ii" VMO. (6j Kuiizo (('•■), Botanische Zeitunij, 1843, l, p. GUO. (7) Gartenflora, XI, 18G2, p. 2-3. 72 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. de même de M. Ducharlre(1)et deM. Leichtlin, qui l'indiquent comme Lis japonais et comme espèce bien distincte. Il est difficile d'affirmer s'il vient spontanément au Japon, mais il y est certainement cultivé dans les jardins. Le Lilium testaceum a une hauteur de 1 à "S mètres, sa tige est arrondie, glabre, nuancée de rouge et de vert ; ses feuilles nombreuses, alternes, sessiles, petites, sont bordées de poils blanchâtres; plusieurs fleurs (3 à 6), grandes, pendantes à l'extrémité d'un long pédoncule, non revolutées, de couleur nankin, plus foncées en dedans, plus claires en dehors, ponc- tuées; pollen rouge orangé. Le Lilium Fortunei de Lindley (2), mentionné par Mi- quel (3), par Franchet et Savatier (4), nommé au .lapon Ské- yuri d'après le Phonzo-Zoufoui^). Suivant M. Duchartre (6), ce lis est haut de 0'",50; ses feuilles sont alternes, linéaires, étroites ; la fleur solitaire est de couleur rouge orangé jaune, elle est maculée de brun foncé. D'après M. Koch (7), cette espèce est voisine du L. pul- chellum Fischer, sinon identique avec lui. Le Lilium Thimbergianum de Rœmer et Schultes (8), de Miquel (9), de Franchet et Savatier (10), nommé d'abord par Thunberg L. Philadeljjhicim{H), puis L. bulbiferum (12), (I) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 478, 1870. (-2) Lindley, Gardener's Chronicle, 1862, p. 212. (3) Miquel. (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 321. (4) Franchet et Savatier, vol. II, pars 1, p. 65, n" 1894. (5) Phonzo-Zoufou, vol. Ll, fol. 2, verso. (fi) ])ucharlTc, Journal delà Société centrale d'Jiorticulturede Fra7ïceM\ ,ïi.i80. (7) C. Koch, Wochenschrifl fàr Gœrtnerei und Pflanzenkimde {Bulletin hebdomadaire d'horticulture et de hotayiique), V, 1862, p. 301. (8) Rœmer et Schultes, Syst. Vil, p. 415. (9) Miquel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 319. (10) Franchet et Savatier, vol. 11, pars 1, p. 69, n° 1902. (II) Thunberg, Flor. Jap., p. 133. (12) Thunberg, Transactions of Linnean Society, II, p. 33. M. Baker, dans son ouvrage sur les Lis {A neiv Synopsis of ail the known Lilies), publié dans le Gardener's Chronicle, 12 août 1871, p. 1034, fait du L. Thunberg ianum, une sous-espèce du L. bulbiferum, sous le nom de L. bulbi- ferum Thunbergianum, avec les nombreux synonymes et les formes indiquées, par M. Duchartre {Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 353). PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 73 ensuite L. eleqans{\) désigné dans le Sàmoku-Dusets {^) sous les noms de Natsu-sukashi-yuri, de Haru-sukashi-yuri et de Hiratori-ynri, marqué dans le Phonzo-Zoufon (3) sous les noms de Skachi (forme des jardins, variant de couleur) et de Hogaku (à fleurs semi-doubles). Le L. Thunhergianum a une tige simple, de 0"',30 de haut, de nombreuses i'euilles alternes, lancéolées, sessiles, n'ayant pas de bulbilles à leur aisselle ; il donne en juillet une seule fleur, dressée, campanulée, jaune rougeâlre orangé, sans ma- cules ou à macules peu apparentes. On le rencontre dans les champs, principalement dans l'île Parry. 11 existe aussi dans l'île de Nippon et est commun aux environs de la ville de Yoko- hama, où ses bulbes comestibles sont employés dans la nour- riture japonaise. M. Maximowicz a décrit une forme plus robuste : leL. Thun- hergianum venustum ou L. venustum de Kunth, qui porte au sommet de la tige S-A fleurs en ombelle. Ces fleurs sont de couleur abricot avec des macules noires. Cette forme fleurit en juillet sur les collines de l'île Parry, où elle spontanée, ainsi que dans la partie septentrionale de Tîle de Nippon et dans l'île de Yeso. M. Duchartre (4), à l'exemple de Siebold qui a introduit le L. venustum de Kunth au Jardin botanique de Gand, regarde le L. venustum comme une variété du L. Thunhergianum . Le Lilium Thunhergianum est fréquemment cultivé dans les jardins d'Europe, et on en a fait un certain nombre de va- riétés, de couleur rouge, pourpre, rouge vif, jaune, jaune d'or. Parmi ces variétés sont : Le L. fulgens (5) de Gh. Morren, formé par plusieurs va- riétés que Siebold avait désignées sous les noms deL. Thunh. atro-sanguineum et L. Thunh. atro-sanguineum-macula- (1) Thunberg, Mémoires de V Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, 1811, p. -202, iig. 2. (2j Sàmokii-Dusets, vol. V, p. 49, n" 66, 67, 68. (3) l'honzo-Zoïifoti, vol. LI, fol. 14 verso et fol. 16 recto. (4) Duchnrtrn, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 351-352, 1870. (5) Ch. Morren, Note sur les Lis du Japon. 74 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. tum, noms sous lesquels ils sont désignés dans les catalogues de M. Van-Houtte. LeL. aurantiaciim (1). Le L. forniosiim (2). Le L. sanguineum (S). Le L. fulgens var. staminosum (4-) à fleurs de couleur orangé rouge, à points brun noir et plus ou moins semi- doubles. M.Max Leiclitlin a obtenu une variété à fleurs doubles {L. Th. flore pleno) qui est plus belle et plus double que le L. fulgens var. staminosum. M. Duchartre (5), à l'exemple de Siebold et de M. Koch (6), considère qu'il n'y a pas lieu de les regarder comme des es- pèces distinctes, mais seulement comme des variétés du L. Thunbergianum. Siebold, dans ses catalogues, indiquait 46 variétés du L. Thunbergianum. Suivant M. Duchartre, M. Max Leichtlin en a ajouté A. On doit aussi, d'après M. Duchartre (7), considérer comme des variétés du L. Thunbergiamim, les lis répandus dans le commerce par M. Grœnewegen, d'Amsterdam, et par M. Kre- lage, de Harlem, sous les noms de Kikak, de Kimi-gaya, de la-Ethal, de Sy-yets, de Fiu-kwama et de Fekinata. Le Lilium Wilsoni Ilort., belle plante japonaise, connue sous le nom de L. Thunbergianum par dinum^ qui, d'après M. Koch (8), a été trouvé chez un amateur anglais, M. Wilson. M. Leichtlin, dans sa collection, l'indique comme espèce distincte et remarquable. D'après cet amateur distingué et d'après M. Duchartre (9), IcL. Wi^.som atteint 1 mètre à 1™, 33 (1) Paxt, Magaz. of bot.. VI, 1839, p. l27-l!28. (2) Versch, Illust. Iiort., 1865, pi. 459. (3) Lindley, Bot. reg., 1846, pi. 56. (4) Ch. Lemaire, lllustr. hort., 1864, pi. 422. (5) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 350. (6) Karl Kocli, Woclienschrift fur Gœrtnerei und Pflanzenkunde {Bulletin hebdomadaire d'horticulture et de botanique), 1865, p. 99. (7) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 353. (8) Koch, Wochenschrift fïtr Gœrtnerei und Pflamenkunde, n" 18, 1870, p. 144. (9) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 486. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 75 de liant; ses feuilles sont elliptiques ; ses fleurs nombreuses, qui peuvent aller jusqu'à 20, forment une ombelle; elles sont grandes et larges de O'^^ à 0™,14, dressées, campanulées, de couleur rouge orangé, ou rouge brique, avec des points brun noirâtre, très nombreux ; chaque foliole du périanthe offre sur sa partie médiane une bande jaune. Le Lilium tigriîium Gawler (1), qu'on trouve désigné par Kaempfer (2), par Miquel (3), par Franchet et Savatier (4), classé dans le Sdnioku-Dusets{5) et dans le Phonzo-Zoufou (6) sous le nom de Oni-ijuri; très commun dans les îles de Nip- pon et de Yeso. Il est difficile de préciser s'il y est spontané. D'après \eSàmoku-Dusets, on le rencontre dans les montagnes. M. le D"^ Savatier ne l'a trouvé que cultivé dans les jardins japonais, où il a des variétés horticoles assez nombreuses ; le Phonzo-Zotifou n'en donne qu'une, à fleurs doubles, qu'il donne sous le nom de Yaï e tenko (7). Le Oni-yuri est très rustique ; il a 1 à 2 mètres de haut ; sa tige est arrondie, brunâtre, poilue ; les feuilles sont garnies de bulbillcs noirâtres à leur aisselle vers le haut de la tige. Ces feuilles sont alternes, sessiles, assez larges, lancéolées, elles ont 5-7 nervures médianes. M. Duchartre (8) décrit les fleurs de ce beau lis ; elles sont nombreuses, jusqu'à 15, en grappe ter- minale, larges, révolutées, pendantes, sans odeur, de couleur jaune ou d'un rouge orangé, maculées de brun rouge noirâtre. Les bulbes comestibles du Lis tigré sont mangés par les Japonais, cuits, bouillis et confits. Le Oni-yuri est recherché pour l'ornement des jardins et des habitations. 11 est fréquemment représenté sur les pein- tures, les porcelaines, les émaux cloisonnés, les laques et les broderies en soie. (1) Gawler, Botanical Magazine, tabl. 1237. (2) Kaempfer, Amœnilales exoticœ, 5e fasc, p. 871, 1712. (3j Miquel (F. A. W.), Proludo florœ Japonicœ, p. 320. (4) Franchet et Savatier, vol. II, pars 1, p. 60, n° 1898. (5j Sàmohi-Dusels, vol. V, p. 49, n°» 03 et 64. (6) Pliomo-Zoufou, vol. Ll, fol. 10 recto. (7) Ibid., vol. Ll, 11 recto. (8) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de france, i. IV, p. 476. 76 SOCIÉTÉ NATIONALE D' ACCLIMATATION. Le Lilium tigrinum Gawl. a été introduit en Europe, en 1804, par le capitaine anglais Kirckpatrick. Depuis cette époque, on en a obtenu un certain nombre de variétés. M. Leichtlin, en 1870, possédait dans sa collection: Le L. tigrinum Gawler et ses variétés suivantes : LU. tigr. Fortunei. LU. tigr. erectum. LU. tigr. foliis variegatis. LU. tigr. flore pleno, dont les fleurs doubles sont remar- quables. Lit. tigr. splendens Leichtlin, plus robuste, plus florifère que le type, à fleurs plus amples et à nuances plus vives (1). A l'exposition de Nancy (2), M. Galle avait exposé plusieurs sujets de L. tigrinum Gawl., ayant passé l'hiver à l'air libre. Le Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulogne possède le LiL tigriîium Gawl. et le LU. tigr. flore -pleno. Le Japon produit aussi une espèce voisine, le Lilium pseu- do-tigrinum de Carrière (3), qui a été envoyé de Chine au Muséum d'histoire naturelle de Paris. D'après M. Max Leichtlin, ce lis est originaire des îles Liu- Kiu. Il a 1 mètre de haut, ressemble au L. tigrinum Gawl. ; sa tige est verte, légèrement tigrée, garnie de poils blancs. Il ne produit pas de bulbillesà l'aissefle des feuilles. Ces feuilles sont alternes, nombreuses, rapprochées. Les fleurs sont hori- zontales à l'extrémité d'un pédoncule garni d'une longue bractée; elles sont bien ouvertes, révolutées, d'un rouge mat avec des points et des macules de couleur foncée à l'intérieur. C'est une plante très rustique. Le lis désigné dans le Sàmoku-Dusets (4) sous le nom de Ko oni yuri est le L. Maximowiczii de Regel (5), espèce voi- sine de L. tigrinum. Suivant MM. Franchet et Savatier (G), il (1) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, t. IV, p. 4-76. (2) Catalogue de l'exposition de Nancy, p. 61, n" 1658, 1880. (3) Revue horticole, I, novembre, p. 411-412, 1867. (4) Sàmoku-Dusets, vol. V, p. 49, n» 64. (5) Supplem. ad ind. sem. hort. Petrop., 1866-1867, p. 26. Gartenflora, 1868, p. 322, pi. 596. (6) Franchet et Savatier, vol. Il, pars 1, p. 65-66, n° 1896, PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 77 s'en distingue par ses feuilles plus étroites, dépourvues de bulbilles à leur aisselle. D'après M. Duchartre (1), ses fleurs sont grandes, révolutées, ondulées, colorées en beau rouge écarlate ou orangé, marquées dans leur partie inférieure de points ovales de couleur pourpre noir. Le Ko ont yuri, à l'état spontané, est uniflore ; la forme cultivée dans les jardins est plus robuste et pluriflore. Il fleurit en août dans les parties herbagées des montagnes. M. Maxi- mowicz l'a trouvé dans l'ile de Kiusiu, aux environs de la ville de Nagasaki. M. le D' Savatier l'a rencontré dans l'île de Nip- pon, sur les montagnes d'Hakone et dans la province de Sa- gami. Le Ko oni yuri a été introduit en Europe par M. Maxi- mowicz au Jardin botanique de Saint-Pétersbourg. Quant au Lilium Leichtlini de Hooker (2), mentionné par MM. P'ranchet et Savatier (3) comme une espèce très voisine des LU. tigrinum et Maximowiczii, il est indiqué dans le Phonzo-Zoufou (4) sous le nom de Hirato-yuri. On le trouve sur les collines herbagées de l'île de Nippon, principalement au pied du volcan Fudzi-yama. Le Hirato-yuri^ qui a été dédié par DallonHookeràM. Lei- chtlin, a 1 mètre de haut ; sa tige est glabre, ses feuilles alternes, sessiles, linéaires, lancéolées, un peu velues à la base (5). La fleur est solitaire, il y en a quelquefois cependant 2 ou 3, pendantes, révolutées, de couleur jaune-citron, par- semées à l'intérieur de nombreuses mouchetures pourpres ou noirâtres. Le Lilium tenuifolium de Fischer (6), qui croît au Japon, de même que dans la Sibérie méridionale. Ses feuilles sont linéaires, ses fleurs sont réfléchies, révo- lutées, de couleur rouge, non ponctuées. (1) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, l. IV, p. 4S4-485. (2) Bolanical Magazine, novembre 1867, pi. 5673. (3) Fr.incliet et Savatier, vol. U, pars. 1, p. 65, n" 1807. (4) Phonzo-Zoufou, vol. LI, fig. 10 verso. ^5) Durliartre, Journal de la Société centrale dlio ticuUure de France, t. IV, p. 484-485. (6) Fischer, Ind. pi. hort. Gorenk, p. 8, 1812. 78 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. M. Leichllin le marque dans sa collection comme une es- pèce très nette. îH M. Duchartre (1), de même que M. Leichllin, regarde comme une variété de cette espèce le Lis introduit du Japon par Siebold, en 1856, sous le nom de L. punicetim, cédé par lui à M. Krelage (2) à Harmle. Ce lis est plus fort et ses fleurs, qui se montrent en mai, sont plus nombreuses et peuvent aller jusqu'à 15. ! ■'■.■n 'siii.i) i, Le Lilium callosum : Hime-yuri (S) de Siebold' et Zucca- rini (4), mentionné par Miquel (5), par Franchet et Savatier (6), ou L. pomponium de Thunberg (7). D'après Kaempfer(8) et Siebold, \e H ime-yuri est fréquent, à l'état sauvage, dans les régions montagneuses, peu boisées du Japon, à une altitude de 165 à 650 mètres. M. Maximo- wicz dit qu'il est communément cultivé dans l'île de Kiusiu, aux environs de la ville de Nagasaki. Les Japonais utilisent dans leur nourriture les bulbes co- mestibles du L. callosmn et les mangent cuits, bouillis et confits. Ils retirent de ces bulbes une fécule blanche qui était représentée dans l'Exposition par des bocaux remplis de cette fécule en morceaux (classe 69, céréales, produits farineux et leurs dérivés) du département d'Iwaté, province de Rikuchiu. Le Hime-yuri (Lis mignon) que les Japonais nomment souvent Yama-yuri (Lis de montagne) vient aussi en Chine, où il est connu sous le nom de Santan. Il est fréquemment cultivé dans les jardins japonais et il est alors plus vigoureux qu'à l'état sauvage. Sa tige simple, arrondie, s'élève jusqu'à 1 mètre; sesfeuilles sont alternes, étroites, aiguës, de couleur vert clair. (1) Duchartre, Journal de la Société centrale d'horticulture de France, 1. 1\', p. 282. (2) Annales d'horticulture et de botanique ou Flore des Pays-Bas, p. 23, 1861. (3) Sômoku-Dusets, vol. V, p. 49, n" 65. (4) Siebold et Zuccarini, Flora /a/^onica, p.. 86, tabl. 41, 1835. (5) Miquel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 320. (6) Franchet et Savatier, vol. II, pars. 1, p. 65, n° 1893. (7) Thunberg, Flora Japonica, p. 134. (8) Kaempfer, Amœnitates exoticœ, fasc, 5, p. 871, 1712. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 79 Ses fleurs, au nombre de six à dix, sont disposées en grappe terminale; elles sont légèrement pendantes, leur pédoncule sort de l'aisselle de deux bractées inégales s'épaississantàleur sommet en une callosité qui a fait donner à ce lis le nom de Callosum (1). Elles sont d'un rouge vif, parsemées de points d'un rouge foncé. M. Geoffroy Saint-Hilaire a reçu directement du Japon pour le Jardin d'Acclimatation du Bois de Boulogne, dans le cou- rant de l'année 1882, un album représentant les fleurs admi- rablement peintes de vingt-quatre lis japonais, en même temps qu'une collection des bulbes de ces lis, se rapportant comme numéros, aux numéros identiques de l'album. M. Geoffroy Saint-Hilaire les a fait planter par M. Palry, jar- dinier en chef du Jardin. D'après les renseignements qui m'ont été donnés par M. Patry, très peu de ces lis ont réussi en 1882. Len"2a fleuri régulièrement et a donné, en juillet, une belle fleur, terminale, de 10 centimètres de large, dressée, campanulée, à divisions du périanthe plutôt pliées que révo- lutées, d'un beau rouge pourpre uniforme, sans macules en dedans, d'un rouge clair à l'extérieur. Le n" 4 a donné une petite fleur campanulée, à extrémités des folioles du périanthe pliées, d'un beau jaune à l'inté- rieur, avec des points rouges disséminés, de couleur jaune clair en dehors. Le n" 9 a produit, en juillet, un grand lis blanc, lavé de vert clair à l'extérieur dans la partie s'attachant au pédon- cule, tubulé, médiocrement ouvert, non ré volute. Le n" 15 a fourni une belle fleur de 10 cenlimètres de large, campanulée, largement épanouie, révolutée, jaune, avec des macules rouge foncé en dedans, de couleur jaune clair sur la face externe. Len°24 a avorté. Les autres lis n'ont pas réussi. Les vingt-quatre lis figurés dans l'album japonais envoyé (1) Duchartre, Journal de la Société centrale d'Iiorticullure de France, t. IV, p. 349. 80 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION, au Jardin d'Acclimatalion du Bois de Boulogne, peints, dans leur grandeur normale et avec leurs véritables nuances, sont les suivants (1): N" 1. Lis à tige ronde, glabre, de couleur verte, à feuilles sessiles, alternes, allongées, d'un vert clair en dessus, d'un vert jaunâtre en dessous. Pleur de 18 centimètres de large, portée sur un pédoncule assez long, horizontal, largement ouverte, ondulée, révolutée, d'un blanc légèrement rosé, parsemée en dedans de gros et nombreux points pourpres, avec une large bande médiane d'un jaune uniforme; étamines à grosses anthères de couleur rouge brique , large pistil vert clair. Le bouton de la fleur, gros, long, renflé à sa partie moyenne, d'un blanc rosé dans le milieu et vers la pointe, blanc lavé de vert près du pédoncule. N° 2. Lis à tige ronde, glabre, vert jaunâtre; à feuilles sessiles, disposées supérieurement en verticille, linéaires, d'un beau vert en dessus, vert jaunâtre en dessous; fleur terminale, dressée sur un pédoncule assez gros et assez court, de 13 centimètres de large, campanulée, à divisions du périanthe plutôt pliées que révolutées dans leur tiers supé- rieur, d'un beau rouge pourpre foncé, en dedans avec une nervure médiane d'un rouge plus clair, d'un rouge moins foncé à l'extérieur. Étamines rougeâtres ; gros pistil dépas- sant peu les étamines. N" 3. Lis à tige ronde, glabre ; à feuilles sessiles, alternes, étroites, linéaires, vert clair en dessus, vert jaunâtre en des- sous; deux fleurs à l'extrémité supérieure de ia tige, dressées, portées par un pédoncule de grosseur moyenne, campanu- lées, révolutées, de 12 centimètres de large, de couleur rouge orange ou rouge tomate, uniforme en dedans et en dehors, un peu plus foncé au centre, sans macules. Anthères de cou- leur rouge pourpre ; pistil rougeâtre. Le bouton de la fleur, ovale, de couleur rouge clair. N° 4. Petit lis à tige ronde, glabre ; feuilles sessiles, verti- cillées supérieurement, linéaires, étroites, peu longues; fleur (1) J'ai suivi dansTénumération l'ordre des numéros indiqué dans l'album. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 81 terminale de 6 centimètres de large, dressée, campanulée, légèrement pliée à l'extrémité de chaque foliole du périantlie, d'un jaune clair uniforme à l'extérieur, d'un jaune plus foncé en dedans, avec des points nombreux, disséminés, de cou- leur rouge brique ; étamincs à anthères rougeâtres assez longues. N° 5. Beau lis à tige jaune verdâtre, ronde, glabre, à feuilles sessiles, alternes, linéaires, peu nombreuses; fleur de 13 cen- timètres de long sur 15 centimètres de large, horizontale, sur un pédoncule de 9 centimètres de long, campanulée, pliée à l'extrémité des folioles du périanthe, d'une belle couleur rose carmin, uniforme, sans macules, plus foncée en dedans qu'en dehors; étamines courtes, rapprochées, à anthères de couleur rouge brique. N" 6. Magnifique lis, à tige ronde, glabre, ta feuilles ses- siles, alternes, nombreuses, assez larges, obovales, réguliè- rement espacées dans la hauteur de la tige, d'un beau vert foncé en dessus, jaunâtres en dessous; à fleurs de il centi- mètres de large, obliques sur im pédoncule de 6 centimètres de long, largement ouvertes, révolutées, ondulées, d'un blanc rose extérieurement, blanc en dedans, carminé vers le milieu, parsemées de gros points nombreux de couleur car- min foncé; longues étamines à anthères de couleur rouge brique; long style verdâtre. Le bouton de la fleur, de couleur blanc verdâtre, lavé de rose vers la partie médiane. N" 7. Joli lis cà tige assez grosse, ronde, glabre; à feuilles sessiles, alternes, obovales; fleurs terminales de 12 centimè- tres de large, obliques sur un pédoncule grêle de 7 à 8 cen- timètres de long, largement ouvertes, ondulées, révolutées, d'un blanc pur, parsemé en dedans de gros points blancs plus foncés ; longues étamines à anthères, de couleur rouge brique; style dépassant de beaucoup les étamines. Le bouton de la fleur est blanc lavé de vert clair. 'N" 8. Lis à lige ronde, glabre, à feuilles alternes, sessiles, linéaires, allongées, les inférieures plus larges que les supé- rieures ; à fleurs terminales, dressées, de 12 centimètres de large, doubles, très largement épanouies, révolutées, de cou- 3' SÉRIE, T. X. — Février 1883. 82 SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. leur jaune orangé, ou rouge tomate, parsemées en dedans de nombreux et gros points rouge brun. Le bouton de la fleur, presque rond, de couleur rouge abricot, maculé de rouge brun. N" 9. Lis à ti^e ronde glabre, feuilles peu nombreuses, alternes, pétiolées (les pétioles plus courts dans les feuilles supérieures que dans les inférieures), en forme de cœur, de couleur vert clair en dessus, vert jaunâtre en dessous ; deux fleurs terminales, allant en sens opposé, horizontales, tubu- lées, les extrémités des folioles du périanthe légèrement repliées sans être révolutées, médiocrement ouvertes, de couleur blanche, légèrement lavée de vert extérieurement dans le quart de la longueur, près du pédoncule. N° 40. Petit lis, à feuilles sessiles étroites, linéaires, nom- breuses, rapprochées, d'un beau vert en dessus, vert jaunâtre en dessous, fleur terminale, dressée, de 8 centimètres de large, campanulée, non révolutée, simplement pliée à chaque extrémité des folioles du périanthe, assez largement ouverte, de couleur rouge clair en dehors, de couleur rouge lie de vin à l'intérieur, parsemée de points noirâtres. NMl. Beau lis à tige ronde, glabre; à feuilles sessiles, nombreuses, verticillées, assez longues, vert clair en dessus, vert jaunâtre en dessous ; fleurs terminales semi-doubles, de 14 centimètres de large, dressées, campanulées, non révolu- tées, pliées aux extrémités des folioles du périanthe, de cou- leur rouge clair à l'extérieur, d'un beau rouge pourpre uniforme en dedans, sans macules, ayant au milieu seize à dix-huit prolongements rougeâtres bordés de blanc, et treize filaments blancs grêles ; long style verdâtre. N° 15. Large et beau lis à grosse tige ronde, glabre ; à feuilles sessiles, assez nombreuses, verticillées dans la partie supérieure de la tige ; fleur terminale de 14 centimètres de large, dressée, campanulée, non révolutée, ayant les extré- mités des folioles du périanthe repliées, d'une belle couleur pourpre velouté, uniforme en dedans, sans macules, rouge clair à l'extérieur ; étamines à grosses anthères de couleur chocolat ; fort style rougeâtre. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 83 N" 13. Beau lis à tige arrondie, glabre; à feuilles nom- breuses, sessiles, petites, linéaires, de couleur vert clair en dessus, vert jaunâtre en dessous; fleurs de 10 à 12 centimè- tres de large, obliques sur de longs pédoncules grêles, large- ment ouvertes, révolutées, ondulées, d'une jolie couleur abricot foncé ou jaune orangé, avec une nervure médiane orangée, parsemées de gros points rouge pourpre, très nom- breux, de couleur rouge orangé clair à l'extérieur; étamines à grosses anthères de couleur rouge brique ; long style dépas- sant de beaucoup les étamines. Le bouton de la fleur ovale allongé, de couleur rouge orangé, lavé de vert. N" 14. Lis cà grosse tige ronde, glabre, vert jaunâtre, à nombreuses feuilles alternes, sessiles, assez larges, obovales ; fleurs de 14- à 15 centimètres de large, bien ouvertes, peu révolutées, plutôt pliées, de couleur blanche avec une bande jaune clair de 1 centimètre de large sur le milieu de la face interne de chaque foliole du périanthe qui est parsemée de gros et nombreux points jaunes de la môme nuance que la bande ; étamines courtes, à grosses anthères de couleur rouge brique; large style verdâtre. Le bouton de la fleur blanc lavé de jaune dans la moitié dé sa longueur près du pédoncule. NMô. Lis à tige assez grosse, à feuilles alternes, sessiles, nombreuses, étroites, allongées; à fleurs de 0,10 à 0,1 !2 de large, obliques sur le pédoncule, campanulées, légèrement ouvertes, d'un jaune clair à l'extérieur, d'un jaune plus foncé sur la face interne des folioles du périanthe, qui sont parse- mées de nombreux et gros points, de couleur rouge brique ; longues étamines avec anthères rougeâlres ; style jaunâtre. Le bouton de la fleur, ovale allongé, jaunâtre, est légèrement lavé de vert près de son attache au pédoncule. NMô. Lis à grosse tige vert jaunâtre, ronde, glabre, à jolies feuilles alternes, sessiles, nombreuses, assez étroites, allongées, d'un beau vert en dessus, bordées de blanc, veri jaunâtre en dessous ; grandes fleurs terminales, horizontales, campanulées, légèrement révolutées, un peu ondulées, blan- 8-4 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. che?, lavées de vert clair près du pédoncule et à la partie movenne de la face inlerne des folioles du périanlhe : étamine* cour'ips, à larges anlhères; style assez gros. L^'. bouton de la ileur ovale allongé, blanc lavé de vert. N° 17. Lis à tige grêle, jaunâtre, à feuilles sessiles, verti- cillées, linéaires, allongées; trois tleurs terminales, obliques, petites, de G centimètres, bien ouvertes, étalées, révolutées,, d'tin jaune clair à l'extérieur, d'un jaune plus foncé en de- dans, parsemées de nombreux points de couleur rouge bri-^ «jue ; étamines assez longues, à anthères rougeâtres ; long- style j.'iunâtre. Le bouton de la fleur ovale arrondi, jaunâtre, lavé de verh vers le pédoncule. , N" 18. Lis à grosse tige verdàtre, ronde, glabre, à feuilles- sessiles, nombreuses, étroites, allongées, verl clair en dessus,, bordées de jaune rosé, de couleur vert jaune en dessous;; fleur terminale, presque horizontale, tubulée de0™,15 de long. surO%li de large, légèrement révolutée, bien ouverte, d'un beau blanc lavé de verl clair dans le tiers de sa longueur près^ du pédoncule, sans macules; étamines courtes, dépassant peu le tube du périanthe, à grosses anthères, droites, jaunâ- tres ; style assez fort. N" 10. Lis à grosse tige verte, arrondie, glabre ; à feuilles- alternes, sessiles, nombreuses, allongées, de couleur vert foncé en dessus, vert clair en dessous ; magnifique fleur ter- minale, oblique sur le pédoncule, de 0'",15 de large, campa- nulée, largement ouverte, révolutée, ondulée, d'un blanc lavé de vert à l'extérieur, d'un beau blanc en dedans, parsemée- de gros et nombreux points de couleur rouge cramoisi, avec une large bande d'un rouge cramoisi sur le milieu de la lace interne de chaque foliole du périanlhe; longues élamiues ver- dâtres à grosses anlhères obliques, de couleur rouge brique;, long el gros style verdàtre. N° 20. Charmant lis à lige mince, d'un vert jaunâtre, à. fe\ii.les verticillées, étroites, linéaires, d'un beau vert; petite fleur tcrmhiale, horizontale, de0™,06 de large, campnnulée, largement ouverte, non révolulée, pliée à l'extrémité des. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 85 folioles du périanlhe, d'un beau violet foncé uniforme, sans macules, intérieurement et extérieurement ; six minces et lon- gues étamines à petites anthères, rondes, jaunâtres ; long et mince style. N" 41 . Lis à grosse tige arrondie, glabre ; à feuilles sessilos, alternes; deux fleurs terminales, tubulées, médiocrement ouvertes, horizontales sur un petit pédoncule, l'extrémité des folioles du périanthe plutôt pliée que révolutée, d'un blanc uniforme en dedans, sans macules, d'un blanc légèrement lavé de vert à l'extérieur; grosses étamines à anthères, droites, d'un beau jaune ; long et gros style. Bouton de la fleur renflé dans son milieu, de couleur blanche lavée de vert v(!rs le pédoncule. N" 2:2, Magnifique lis à grosse tige arrondie, glabre, à feuilles sessiles, alternes, linéaires, allongées, d'un beau vert en dessus, d'un vert jaunâtre en dessous; fleurs de 0'",17 de large, largement ouvertes, ondulées, révolutées, d'un blanc uniforme, sans macules, avec une large bande médiane d'un beau jaune sur le milieu de la face interne de chaque foliole du périanthe; grosses étamines de couleur chocolat; pistil gros et long de couleur vert clair. N°23. Beau lis à tige de grosseur moyenne, ronde, vcrdàtre ; feuilles nombreuses, sessiles, allongées, d'un beau vert en dessus, de couleur vert jaunati'e en dessous; fleur terminale, grande, horizontale, tubulée, médiocrement ouverte, non révolutée, de couleur blanc jaunâtre, maculée extérieurement de rouge et de brun, en plaques et en bandes allongées, d'un blanc jaunâtre uniforme en dedans, sans macules; grosses étamines droites, de couleur rouge brique ; gros et long style verdàtre. iV 24. Petit lis à tige mince, jaune clair, à feuilles verti- cillées, sessiles, linéaires, d'un beau vert en dessus, vert jau- nâtre en dessous, les feuilles inférieures plus longues que les •feuilles supérieures; fleuis horizontales sur un long |)édon- cule, largement ouvertes, de 5 centimètres 1/2, ondulées, révolutées, de couleur abricot, parsemées de nombreux points pourpres ; longues étamines à petites anthères obliques, de 86 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. couleur rouge brique; long style rose. Le bouton de la fleur ovale, presque rond, de couleur abricot. Erythronium grandiflorum. Katakuri. — Parmi les autres plantes utiles de la famille des Liliacées, le Sàmoku- Dusets (1) et le Phonzo-Zoufou (2) indiquent VErythro- nixim grandiflorum sous les noms de Katakuri et de Ka- tako-yuri. V Erythronium grandiflorum, qu'on trouve marqué dans Miquel (3), dans Francliet et Savalier (4), fleurit en mai. D'après le Phonzo-Zoufou, les fleurs sont de couleur pourpre violet clair ; la tige porte deux feuilles en général dissembla- bles, l'une plus grande, plus large, plus arrondie cà la base, presque toujours contractée en pétiole; l'autre lancéolée, plus petite, atténuée inférieurement; la capsule est obovale, arrondie au sommet (5). Suivant MM. Franchet et Savatier, la plante du Japon pourrait bien n'être qu'une forme k grande ileur de VEryt. dens canis. Le docteur Vidal (6) a commu- niqué au docteur Savatier ununlve Erythronium, qui rappelle VEryt. albidum Nutt. Il l'a recueilli aux environs de Niigata, dans la partie occidentale de l'île de Nippon. Le Katakuri se rencontre sur les coflines boisées des provinces septentrionales de l'île de Nippon, d'après le doc- teur Kramer et le docteur Savalier. Le botaniste japonais Keiske l'a marqué comme existant dans l'île de Yeso. C'est une plante qu'on rencontre à l'état sauvage, et dont les bulbes contiennent une fécule qui est employée dans l'ali- mentation japonaise. On remarquait dans la classe 09 (céréales, produits farineux avec leurs dérivés) des flacons de fécule iDlanche en poudre et en morceaux à'Erythronium grandi- florum sous le nom de Katakuri-ko du département d'Iwaté (province de Rikuchiu). (1) Sàmoku-Dusetz, vol. V, p. 51, n" 84. 1856. (-2) Phonzo-Zoufou, vol. VU, fol. 3-2. Yedo, 1828. (3) Miquel (F. A. W.), Proliisio florœ Japonicœ, p. 322. Amsterdam, 1866- 1867. (4) Franchet et Savatier, Enumeratio,\o\. Il, pars 1, p. ô'J, n" 1883. (5) Ibid., vol. Il, pars 1, p. 60. (6) Ibid., vol. 11, pars 2, p. 525, n" 2725. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 87 VOrithya ediilis de Miquel (1), de Franchet et Savatier (2), Amana et Mugi-giitvai, d'après le Sàmoku-Dasets (3), le Phonzo-Zoufou (A) et le Kwa-wi (5), qui est commun dans les champs, le long des routes, près des endroits boisés, dans les parties humides des montagnes, et qui donne, de mars à avril, des fleurs rosées à veines violettes. Il y a des variétés à fleurs blanches et rougeàtres. LOrithya edulis se rencontre, d'après Oldham, dans l'île de Kiusiu; suivant Siebold, il est fréquent dans toutes les parties de l'île de Nippon, et d'après le doc- teur Savatier, principalement aux environs de la ville de Yokoska ; Ainsi qu'une autre espèce, l'Or, oxypetala de Kunth (6) et d'Asa Gray (7). Hiroha Amana et Hiroha-miigi-guwaï, d'a- près le Sdmoku-Dusels (8), dont les feuilles sont plus larges et dont les fleurs sont blanches cà l'intérieur et lavées de rose en dehors (9). La famille des Liliacées fournit aussi plusieurs espèces d'HemerocalHs. VHemerocallis fulva, Lin., indiqué par Miquel (10), Fran- chet et Savatier (ii), marqué dans le Sômoku-Dusets (1^) sous les noms de Yahu-Kuiuanzo et de Oni-Kuwanzo et sous- celui de Wasuregusa (1o) (forme des jardins à fleurs doubles) ^ avec une \ariéié angustifolia de Baker(14-), désignée par Miquel sous le nom d'Hemer longituha et classée dans le Sàmoku- Dusets{[b) sous le nom de Zentel Kuiva, remarquable suivant (1) Miquel (F. A. W.), Prolusio florce Japonicœ, p. 322. (2) Franchet et Savatier, vol. 11, pars 1, p. 60, n" 1884. (3) Somoku-Dusets, vol. V, p. 51, n» 82, (i) Pliouw-Zoufou, vol. VII, foi. 30, verso, fig. dexlr. (5) Kwa-wL Herb. I, p. 19, n° 22. (6) Kunth, Enmnerat., 4, p. 227. (7) Asa-Gray, Plant. Jap., p. 322. (8) Sômoku-Dusets, vol V, p. 51, n» 83. (9) Phonzo-Zoufou, vol. VII, fol. 30 verso, fig. sinist. (10) Miquel (F. A. \V.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 316. (11) Franchet et Savatier, vol. H, pars 1, p. 80, n° 1930. (12) Sômoku-Dusets, vol. VI, p. 55, n" 14. (13) Ibid.,\o\. VI, p. 55, n° 13. (14) Baker, On Liliac in the Journ. of Ihe Linnean Society, XI, p. 358. . (15) Sômoku-Dusets, vol. VI, p. 55, n. 17. 88 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. MM. Franche! et Savatier par la longueur de son tube péri- gonal qui atteint jusqu'à 4 centimètres. Cette variété qui est peut-être spontanée au Japon, y est cultivée comme plante ornementale. VHemerocallis Dumortieri (1) ou Hemer. graminea, var. humilior de Maximowicz (2), et de Miquel (;:]), Yu-usuge et Yosinho-Kisuge, d'après le Sdmoku-Dusets (4). Celle espèce qui est cultivée dans les jardins de l'ile de Yeso, aux envi- rons de la ville d'Hakodate, sans qu'on puisse préciser si elle y est spontanée, est remarquable d'après le docteur Savatier (5) par ses fleurs presque sessiles et la brièveté de son tube péri- gonal qui n'atteint pas un centimètre. Le Sômoku-Dusets (6) et le Phonzo-Zoufou (7) indiquent de plus : L'Hime-Kuwanzo, Hemer . Middenfordii qui esi cultivé dans les jardins et dont le tube périgonal est de 10 à 15 milli- mètres. On trouve aussi au Japon VHemerocallis flava,Kwandzoo, qui y est cultivé dans les jardins et qui y est peut-être spon- tané, ainsi que VHemerocallis minor ou Hemer. graminea (8) qui sont synonymes suivant Baker (9) et que le Sàmoku- Dusels relate sous la dénomination do Deni-Kuwandzo (10). Les fleurs de VHemerocallis graminea séchées sont usi- tées quelquefois dans l'alimentation japonaise, mais c'est prin- cipalement en Chine qu'elles sont employées dans la nourri- ture et elles consliluent un plat favori des Chinois. On en remarquait des échantillons dans l'exposition chinoise n" 8098 provenant des douanes chinoises de Chinkiang et au n" 2608, des tiges (ÏHemerocallis recommandées dans la médecine (1) Moir, Hort. Behj., II, p. 195. tabl. 43. (2) Maximowicz, Primiliœ florœ Amurensis ( Mémoires présentés à l'Aca- démie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, t. IX, p. 28"), 185U). (3) Miquel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 31(5. (4) Sànwku-Dmets, vol. VI, p. 55, n" 18. (5; Fraiicliot et Savatier, vol. U, p. 79, n" 1929. (6j Sômoliu-Dusels, vol. Vi, p. 55, n° 15. (7) Phomo-Zoufou, vol. XVll, fol. U verso. (8) Miquel, Prolusio florœ Japonicœ, p. 316. (9) Baker, On Liliac. in the Jour», ofllie Linnean Socieltj, XI, p. 358. (10) Sômoliu-Dusels, vol. VI, p. 55, n" 16. PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 89 chinoise comme médicament stimulant et venant des douanes chinoises de Canton. La province du Shantung exporte une quantité considé- rable de fleurs séchées de VHeniewcallls graminea. On trouve au Japon plusieurs espèces de Funkia: le Fiin- kiacordata, de Spreng (l), de Miquel (-2), de Franchet et Savatier (3) : Funkia grandi flora, de Siebold (4), que le Sànwku-Dusels désigne sous le nom do Tô-giboski (5) et sous celui de Tamano-Kandsaki (G), qui est celui qu'on trouve marqué dans le Phonzo-Zoufou (7). Le Funkia cordata a une tige de 0'",30 à 0'",35 de haut, des feuilles radicales en forme de cœur; des fleurs nombreuses, odorantes, blanches, rayées légèrement de rouge, en grappes «lunies de deux bractées dont Tune caduque et l'autre persis- lanle, ovale et blanchâtre. C'est une espèce élégante cultivée par les Japonais pour l'ornement de leurs jardins ainsi qu'une autre espèce : Le Funkia Sicboldiana, de Ilooker (8), relaté dans Mi- quel (9), dans Franchet et Savatier (10), Hemerocallis cordata de Thunberg (11). Kuro-giho>ihi, suivant le Sdmoku-Dusets (12), qu'on ren- contre aussi à l'état sauvage diins les bois des montagnes de i'île de Nippon où il fleurit en août. Ses fleurs nombreuses sont quelquefois réunies en verticilles; quant à ses feuilles, elles sont ovales et plus petites de moitié, de même que les fleurs, que dans le Funkia subcordata. Le Funkia Sieboldiana était représenté à l'Exposition de Nancy (13), exposé par M. Gerbeaux. (1) Spren?y Sust. 2, p. 41. (2) MiqiiPl 'F. A. W.), Prnlusin florœ Japonicœ. Amsterdam, 1865-1867 (3) Franchet et Savalier, Enuineralin, voi. II, pars 1, p. 80, a° i931. (4) Siel>olil, FI. des Serr. labl. 158-159 (foiine des jardins). (5) Sàmnkii-Dmits, vol. VI, p. 56, n" 21. (6) Ibll., vol. VI, p. 56, n»25. (7) Phonzo-Znufnu,\o\.\\\\\Ji\\. 13 recto. (8) Ilooker, Hnlanical magminc, tiilil. 3 i63. 1867. (9) Mi((iiel (F. A. W.), Proluxin flonr. Jaiionicœ, p. 317. (10) Fran.het et Savati-r. Rnuineratio, vol. II, parsl, p. 81. n" 1932. (11) Thnnliert?, Flora Jiipnmca, j». 143. (12) Sônvilm-'lJusel^, vol. VI, p. 57, n° 27. (13y Catalogue de r Exposition de Nancy, p. 61, n" 1650. 1880. 00 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Les. Japonais ciiltivenl aussi dans les jardins comme plantes d'ornement ; le Funkia ovata de Spreng (i), relaté dans Franchet et Savatier(2) ou Hemerocallis cœrulea de An- drews (3), dénommé dans le Sàmoku-Dusets ('4), Gibo et Giboshi, c'est VHemerocalle bleue, à tige de 0™,50 de haut, à feuilles ovales, à fleurs d'un bleu violacé, qui fleurit au Japon de juillet à août. Le Phonzo-Zoufou (5) en indique une forme dont les feuilles sont bordées de blanc; cette forme est notée dans le Sànioku-Diisels ((5) sous le nom de Oba-Giboshi. C'est le Funkia cœruJca albo-marginata. Le Sômokii-Diisels en marque une autre forme sous le nom deKobaGiboshi{l),qm est le Funkia ovata forma lancifolia. Le Funkia cœrulea et le Funkia cœrulea albo-marginata étaient exposés à Nancy par M. Gerbeaux en 1880 (8). Le Funkia lancifolia de Spreng (9), de Franchetet Sava- tier (10), Hemerocallis lancifolia de Thunberg (H), Midzu (jibosld et Sagi gibosJti d'après le Sàmoku-Dusets (12) qui fleurit en juillet et août et qui vient à l'état sauvage dans les montagnes boisées de toute l'étendue du Japon. Le Phonzo-Zoufou (13), suivant MM. Franchet et Sava- tier (14), en relate plusieurs formes. Fol. 15. Sous le nom de Gibosi : Funkia à feuilles large- ment lancéolées et bordées de blanc, à fleurs violettes. Fol. 16 recto. Sous le nom de Kinran: Funkia à feuilles lancéolées, glauques en dessous, à fleurs d'un violet foncé à l'intérieur, et d'un violet clair en dehors. (1) Spreng, S>ist. \\, p. 210. (2) Franchet et Savatier, Enumeratio, vol. II, pars 1, p. 80. n° 1933. (3) Andrews, Dot. rep., t. VI. (4) Sàmoku-Dusets, vol. VI, p. 56, n" 19. (5) Phonzo-Zoufou. yo\. XXUI, fol. 15 recto. (6) Sômoku-Dusels, vol. VI, p. 56, n" 20. (7) md., vol. VI, p. 56, n» 21. (8) Catalogue de l'exposition de Nanoj, p. 61, n° 1656, 1880. (9) Spreng. Sijst. 2, p. 241. (10) Franchet et Savatier, Enumeratio, vol. H, pars 1, p. 80, n" 1934. (11) Thunberg, Transactions of the Linnean Society... 11, p. 335. (12) Sàmoku-Dusets, vol. VI, p. 51, n" 23. (13) Plwn:-o-Zoiifou, vol. XXIll, fol. 16 et 17. (14) Franchet et Savatier, Enumeratio, vol. Il, pars 1, p. 82, n" 1934- PRODUCTIONS VÉGÉTALES DU JAPON. 91 Fol. 16 verso, avec la dénomination de Guimrau : Funkia à feuilles lancéolées, d'un vert foncé, à fleurs blanches lisérées de vert. Fol. 17 recto. Kahim-Ooshi: Funkia à feuilles lancéolées, à teinte jaunâtre avec les bords du limbe verts, à fleurs vio- lettes. Fol. 17 verso. Miclzu-gibosi à feuilles lancéolées, li- néaires, à fleurs violacées et blanches lavées de vert en dehors. MM. Franchet et Savatier (1) indiquent, en outre, le Funkia longipe.'i, espèce nouvelle marquée dans le Somoku-Dusetsi^l), sous le nom à'Iwa Giboshi, qui fleurit en juillet dans les par- ties boisées des montagnes de l'île de Nippon, principalement sur les montagnes d'ilakone. On rencontre au Japon : VAnthericum Yedoensis, Keibi- ran (8), relaté par Maximowicz et qui, d'après le docteur Savatier (4), est cultivé, mais rarement, dans les jardins de la ville de Tokio. Les Japonais cultivent aussi comme plante d'ornement, VOphiopogon spicatus de Gawlcr (5), de Franchet et Sava- tier (6), Convallaria spicata de Thunberg (7), marqué dans le Somoku-Dusels (8) sous le nom de Yaburan, qui, d'après M. Maximowicz, a trois variétés : var. communis (9) ; var. gracilis (10) et var. minor (11). Cette dernière porte le nom de Hamani-ran. Le Yaburan est cultivé dans les jardins; il croît aussi à l'état sauvage dans les lieux incultes, arides, le long des che- mins dans presque toutes les provinces du Japon, principale- (1) Franchet et Savatier. Enumeralio, vol. II, pars 1, p. 82, n" 1935. (2) Somoku-Dusels, vol. Vi, p. 56, n" 22. (3) Ihid., vol. VI, p. 59, n" 46. (4) Franchet et Savatier, vol. H, pars I.p. 83, n" 1937. (5) Gawlcr, Botanical magazine, \.nh\. \063. (fi) iM-aiicliet cl Savatier, vol. II, pars 1, p. 83, n° 1938. (7) Thunberg, Flora Japonica, p. lit. (8) Sômoliu-Dusets, vol. VI, p. 50, n° 44. .... (9) Maximowicz, Mélanges biologiques tirés du Bulletin de l'Académie impé- riale des Sciences de Saint-Pétersbourg, t. VU, p. 303 (10) IbUL, t. VII, p. 323. (H) Ibid., t. Vil, p. 324. 92 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. meut dans l'île de Kiusiu et dans la partie septentrionale de l'île de Nippon. Il est commun en Chine. LOphiopogon spncatus était représenté à l'Exposition de Nancy, en 1880, exposé par M. Lemoine (1). Quant au Muguet de mai, Convallaria maïalis, il se ren- contre au Japon, dans les bois humides des îles de Nippon et de Yeso et se nomme Kimi-Kakeso et Sudzuran, d'après le Sàmoku-Dusets (2). On rencontre au Japon plusieurs espèces de Fritillana. Le FritiUaria Thunbergii décrit par Miquel (3), par Fran- chet et Savatier (4), Uvularia cirrhosa de Thunberg (5), désigné dans le Sàmoku-Dusets (6), sous le nom de Baimo et dans le Kwa-wi (7), sous celui de Hawakuri ; à tige ronde, bleuâtre, qui donne en juin des fleurs d'un jaune clair, quel- quefois blanchâtres. Le FritiUaria Thunbergii est fréquemment cultivé dans les jardins, mais, d'après le botaniste japonais Keiske et d'après Siebold, il croît à l'état sauvage, dans plusieurs îles du Japon, notamment dans l'île de Nippon. ML Franchet et Savatier (8) pensent que le FritiUaria verticillata de Wildenow, cité par Miquel (9), est identique avec le FritiUaria Thunbergii. Quixnl a.\i FritiUaria riUhenica, cité par Miquel, dont les fleurs sont plus petites et plus nettement campanulées que celles du FritUlaria Thunbergii, c'est, suivant le D'" Savatier, une espèce peu connue et sur laquelle il est difficile de se pro- noncer. Le Sàmoku-Dusets mentionne aussi : le FritiUaria Kamts- chalcensis (10) de Gawler, sous le nom de Kure Ywî'o, qui (1) Catalogue de V Exposition de Nancy, p. 89, n" 1828, 1880. (2) Sàmoku-Dusets, vol. VI, p. 53, n° 1. (3) Miquel (F. A.W.), Prolusio (lorœ Japonicœ, p. 321. Amsterdam, 1865-1867. (A) Franchet et Savatier, Enumeralio, vol. Il, pars 1, p. 61, n" 1888. (5) Thiiiibern;, Flora Japonica, p. 136. (6) Sàmoku-Dusets, vol. V, p. 51, n" 79. (7) Kwa-iviJIerb., I, p. 10, n" 2. (8) Franchet et Savatier, Enumeralio, vol. H, pars 1, p 62. (9; Miquel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 360. Amsterdam, 1865-1867 . (lOj SomokU-Dusets, vol. V, p. 51, n" 78. PRODUCTIONS VEGETALES DU JAPON. yà donne en juillet, des fleurs d'un rouge brun avec des ponc- tuations ibncées ; on le trouve dans les montagnes de la partie septentrionale de l'île de Nippon et dans l'île de Yeso. Le Frilillaria japonica (1) de Miquel (^1), sous les dé- nominations de Ko baimo et de Tengai Ywi, qui croît dans la province d'Owari. D'après le D' Savalier (8), celte espèce est indiquée dans l'ouvrage du botaniste japonais Keiske (4). De la famille des Liliacôes, on cultive aussi au Japon: La Tubéreuse des jardins {Polyanthes iuberosa) : Gekkako, d'après le Somoku-Dusets (5), à fleurs blanches, lavées de rose) odorantes, avec variétés doubles ou semi-doubles. La Sansevière carnée {Reinekia carnea) de Kunth : Kichi- joso, 5m\i\nl\e Sàmokii-Diisets (6), le PJionzo-Zoufou (7) et le Kwa-wi (8), qui pousse dans les herbages, dans les massifs de bambous, dans les bois, que les Japonais et les Chinois plantent dans les interstices des rochers artificiels de leurs jardins. Le Kichijoso à rhizome tubéreux a une tige pourpre violacé, lisse ; il donne en septembre de nombreuses fleurs en épis, d'un blanc violacé ou rosé en dehors, blanches en dedans, odorantes. Le Reineckia carnea Kunth était représenté à l'Exposition de Nancy (9), en 1880, exposé par M. Galle. Le Rhodea japonica de Rothler(10),que le Sômoku-DuseU désigne sous le nom de Omoto (il), qui fleurit en septembre, dans les lieux bas et humides des îles de Nippon, de Kiusiu et Jokasima. (I) Sùmoku-Dusets, vol. V, p. 5i, 80. ('2j Mniiiel (F. A. W.), Prolusio florœ Japonicœ, p. 3-22. (3j Fraiicliet cl Savatier, vol. 11, pars 1, p. 61, n" 1889. (4) Kf'iske, Nihon nan bouto shi (Ouvrage sur les produclioiis naturelles du Japon), vol 11, fol. 17. (5) Sùmohi-Diisets, vol. V, p. 47-4.8, n" 55. (6) Ibid., vol. vil, p. 6-2, 11" 11. (7j Plioiizo-Zoïifon, vol. 39, fol. 7 recto. (8) Kiva-wi, vol. IV, p. 53, ii" 1. (9; C'Ualogue df. rF.xposUion de Nanci/, p. 89, u" 1829, 1880. (10) Rollilcr, Nov. sp., 197. (II) Somuliu-Dusets, vol. Vil, p. 6:!, n" 16. 94- SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Le Sugerokia japonica de Miquel (1), Scilla japonica de Thunberg (2), Shojo-Bakama, suivant le Sdmoku-Dusets (3), qui fleurit en août dans les parties humides et boisées des montagnes de l'île de Nippon et que le D' Savatier a rencon- tré dans les environs de la ville de Yokoska (4). (1) Miquel (F. A. W.), Prolusio florœJaponicœ,\).209. Amsterdam, 1865-1867. (2) Thunberg, Flora Japonica, p. 137. (3) Sàmoku-Dusets, vol. VI, p. 60, n" 48. - (4) Franchet et Savatier, vol. H, pars 1, p. 88, n" 1947 {Melanthaceœ). {A suivre.) Il- TRAVAUX ADRESSÉS ET COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ. NOTE SUR LES NAISSANCES, DONS ET ACQUISITIONS DE LA MÉNAGERIE DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE Pendant les mois d'octobre, novembre et décembre 1882 Par m. HUET Aide naturaliste chargé de la ménagerie. Dans une précédente notice, j'avais annoncé la naissance d'une femelle de Gnou, et j'avais ajouté que c'était la pre- mière fois que cette antilope se reproduisait dans les jardins aoologiques; je dois ajouter que peut-être un pareil fait a déjà été observé à la ménagerie de lord Derby ; cardans l'ouvrage descriptif qui a été publié sur les animaux du parc de Knows- iey, se trouvent représentés les jeunes de Gnou et de Gor- gone. Cependant il n'est pas dit dans le texte que ces anti- lopes soient nées en Angleterre, et il est possible qu'elles aient été figurées d'après des dépouilles rapportées d'Afrique; je serais tenté de le croire, car les dessins ne donnent en aucune façon une idée exacte du port et des allures de ces petits animaux. (juoi qu'il en soit, notre jeune femelle de Gnou née le 8 août et qui a maintenant cinq mois, s'est développée très rapidement, elle est presque aussi grande que sa mère, toutes deux vivent à l'air libre, au moins pendant le jour, car depuis que la femelle a mis bas, nous avons pu la renfermer dans la cabane, ce qui était impossible auparavant; il semble que cette bête ait compris qu'il fallait un abri pour son jeune, qu'il était trop faible pour supporter la température des nuits ; chose remarquable, quand la ration du soir est servie et que la mère hésite à rentrer, le jeune la pousse doucement avec les cornes, la forçant à se faire renfermer, et il la suit* alors on baisse la coulisse et chacune d'elles va trouver la ration qui lui est destinée. Cette jeune femelle de Gnou, en se développant, a com- 96 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. plèlement changé couleur de robe, qui, de grise qu'elle était, est devenue marron foncé ; les cornes, au lieu d'être contournées comme chez l'adulle, où elles se dirigent en avant et forment un crochet vers le bas, ont chez le jeune une direction verticale formant un angle presque droit avec la Ijo-ne du nez. Ces prolongements frontaux se modifieront sans doute plus tard et reproduiront ce caractère si singulier dans cette espèce. Quant au pelage, il est exactement semblable comme disposition à celui des parents, on trouve ces longs poils sur le nez, sous le menton et la gorge, ainsi que ceux de la crinière et de la queue, enfin maintenant c'est bien un véritable Gnou, que nous considérons comme élevé, car il est assez fort pour supporter les froids que nous pouvons avoir. Nous avons pour terminer l'année, quelques naissances à indiquer, ce sont : 2 mâles d'Antilope Isabelle {Eleolragus reduncm); 2 mâles et 4 femelle de Cerf cochon {Cervu^s porcinus); 4 Agouih {Dasyproda acutl); i Guib femelle {Tra(jela}ihus scriptus) ; 1 Bison (Bos A mericamis) ; i Muntjac hybride de Cervukis lacrymans et de C. Reevesii; l Kob mâle {Kobus uncluosus) ; 4 Perdrix brunes {Perdix fusca). Le jeune mâle de Kob est né le \" novembie; nous crai- gnions pour lui les froids, mais jusqu'à ce jour il n'en paraît pas souffrir, il grandit très rapidement ; nous prenons seule- ment le soin de ne pas le laisser sortir trop tôt le matin, quand il fait mauvais temps, et nous le renfermons de bonne heure dans l'après-midi quand la température est basse. C'est le troisième jeune de cette belle espèce que nous avons obtenu en deux ans, du mâle et des deux femelles qui ont été offerts au Muséum, par M. Brière de l'isle, lorsqu'il était gouverneur du Sénégal. Nous avons reçu en cadeau : 1 Macaque {Macaciis cynomolgus), don de M, Cochet; 2 Macaques bonnet chinois [Macaciis siniciis), don de M. Morgan ; NAISSANCES, DONS ET ACQUISITIONS DU MUSÉUM. 97 2 Callitriches {Cercopithecus griseo-viridis), don de M. Livio ; 1 Sajou à gorge blanche {Cebus hypoleucus), don de M. Birr ; 1 Mangouste grise {Herpestes griseus), don de M. le comte deTurgot; i Vison {Mus lela vison), don de M. Trouëssart; 1 Ocelot {Felis pardalis), don de M. Nantouson; 1 Gazelle {Gazella subgutlurosa), don de M. Grespin, capi- taine de frégate; 1 Ghèvre de Madagascar, don de M. Grespin, capitaine de frégate; 1 Aigle fauve (Aquila fulva), don de M. Lefevre; 1 Busard de marais (Circus œriiginosus) , don de M. Moi- neau; 1 Aigle Jean le Blanc (Circaelus gallicus), don de MM. Agard et Porthé ; i Goéland bourgeimestre {Larus glaucus) , don de M. Rabot ; 1 Goéland jeune {Larus argen talus), don de M. Morin ; 2 Gerbilles Simon {Gerhillus Simoni) ; 3 Papions {Cynocephalus sphinx) ; 3 Sajous {Cebus flavus) ; \ Otarie {Otaria califurniana); 1 Lion {Felis leo); 1 Bles-Block femelle {Alcelaphus albifrons). 1 Biche Milou {Elaplmrus Davidiunus); J'ajouterai que des expériences sur l'hybridation de divers Ruminants et sur la formation des races chez les mammifères et les oiseaux, se poursuivent depuis plusieurs années à la ménagerie du Muséum, elles ont déjà fourni des résultats intéressants, mais avant de pouvoir en rendre compte, il est nécessaire de laisser les faits s'accumuler; il faudra encore de nombreuses observations avant d'arriver à la solution des problèmes biologiques dont nous poursuivons l'étude. 3e SÉHIE, T. X. — Février 1883. ACTION BIOLOGIQUE DES SELS DE L'EAU DE MER AU POINT DE VUE DE L'ENTRETIEN DES ANIMAUX MARINS Par H. A. COUTANCE Professeur aux écoles de médecine navale F'Iiarmacien en chef de la marine Président de la Société académique de Brest. Les animaux marins sont des organismes d'une excessive sensibilité et qui subissent les influences variées du milieu dans lequel ils vivent. La répartition des faunes de la mer a pour facteurs la composition de l'eau salée, la nature et la quantité des gaz dissous, la température, les pressions, et l'action des courants. La succession des espèces de la mer dans les couches géologiques peu différentes les unes des autres au point de vue de la nature des sédiments, indique bien que des influences qui nous semblent de peu d'impor- tance, ont régi cette succession même. J'ai voulu constater l'action que des modifications dans la nature des sels dissous pourraient exercer sur les animaux de la mer, et j'ai entrepris une série de recherches afin d'éta- blir un parallèle biologique entre ces sels. Mes expériences ont porté seulement sur les Mollusques de nos rivages, et sur ceux qui sont une ressource alimentaire pour nos popula- tions. L'eau de mer contient en moyenne 35 pour 1000 de sels divers en dissolution, parmi lesquels le chlorure de sodium semble avoir sur la vie une action prépondérante. Sans doute il est permis de penser que les autres substances ont un eftet utile dans une certaine limite, ils n'ont pas au moins d'action nuisible manifeste. J'ai préparé huit solutions renfermant 35 grammes pour 1000 d'eau distillée des substances suivantes : DES SELS DE L EAU DE MER. 99 Solution a" 1 : 2 3 Chlorure de sodium Chlorure de magnésium.. . Sulfate de magnésie 35/1000 » — k Bromure de potassium ï 5 lodure de potassium » — 6 7 8 Chlorure de potassium Sulfate de soude > — Sulfate de potasse » Voilà donc huit solutions l'éduites à un seul des éléments naturels de l'eau de mer, dans la pi'oportion où elle contient leur totalité. Le sulfate de soude seul n'appartient pas à pro- prement parler à l'eau de mer, bien que ses éléments y ligu- rent. Trois autres solutions ont été préparées, dans lesquelles tous les éléments se trouvent réunis, mais dans lesquelles la prééminence quantitative, qui dans l'eau de mer appartient au sel marin, se trouve donnée ri" au chlorure de magné- sium, -2" au chlorure de potassium, 3" au sulfate de magnésie. Voici la composition de ces solutions : Solution n" 9 Solution n° 10: Solution n" H Chlorure de magnésium.. . 27,00 » de potassium., . . 0,75 » de sodium 3,70 Sulfate de magnésie 2,30 Sulfate de chaux 1,50 Bromure de potassium... 0,02 Eau distillée . 1000,00 Chlorure de potassium. . . . . 27,00 Chlorure de magnésium.. . 3,70 Chlorure de sodium 0,75 Sulfate de magnésie 2,30 Sulfate de chaux 1,50 0,02 Bromure de potassium.... Eau distillée . 1000,00 Sulfate de magnésie . 27,00 Chlorure de magnésium.. 3,70 Chlorure de potassium.... 0,75 Chlorure de sodium 2,30 Sulfate de chaux 1,50 Bromure de potassium.... 0,02 Eau distillée . 1000,00 100 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLLMâTATION. Une dernière dissolu don fut enfin composée de la manière suivante : Solution n'^ 12 : Chlorure de sodium 8 » de potassium 8 » de magnésium 8 » de calcium 8 Outre ces solutions, ou milieux d'expérimentation, furent encore employés : Solution n° 13 : Eau de Vichy naturelle (Gélestins). — U Eau commune (sources de Brest). — 15 Eau de mer naturelle (rade de Brest). — 10 Air atmosphérique. L'eau de Vichy représentait un milieu aqueux différent de l'eau de mer, mais riche en sels de soude. Il était en outre nécessaire de comparer l'action des milieux artificiels avec le milieu naturel, l'eau de [mer, et de voir si des Mollusques bien renfermés dans leurs coquilles ne pouvaient pas vivre quelque temps dans l'eau douce, ou même dans l'air. MODE D EXPÉRIMENTATION Les solutions précédentes furent versées dans des capsules de porcelaine, placées en pleine lumière à une lempéi^ature moyenne de 12 dêgi'és. Tous les deux jours l'eau évaporée était remplacée par de l'eau distillée de façon à. maintenir les solutions au même état de concentration. Chaque jour ces solutions étaient fortement aérées et agitées, pour les main- tenir dans des conditions analogues à celles de l'eau de mer. Les Mollusques très récemment péchés furent placés sur le fond des capsules à" une distance de 20 centimètres de la sur- face du liquide. . . DES SELS DE l'EAU DE MER. 101 SUJETS D EXPERIMENTATION. Un très petit nombre d'espèces ont été soumises à ces expé- riences physiologiques (1), ce sont : ■La Vénus réticulée {Venus reticulata); La Moule commune {Mylilus edulis) ; La Palourde commune (Venus decussata) ; La Littorine commune (Littorina viilgaris) ; Le Buccin de la Manche (Tritonium undalum). Ces Mollusques ont donné en raison de leur organisation des résultats fort diiïérents. Les bivalves, Moules et Vénus qui peuvent se clore entre leurs valves, ont en général beau- coup mieux résisté que les enroulés à opercules, Liltorines et Buccins. Parmi ces derniers même, les Liltorines, dont l'oper- cule peut clore complètement l'animal retiré prudemment dans les derniers tours de spire, ont beaucoup mieux résisté que les Buccins dont la porte ferme mal, et chez lesquels l'eau peut s'introduire par le canaliculede la bouche de la coquille. Les bivalves qui peuvent si bien résister aux influences extérieures entre leurs valves fermées, les bivalves ne se comportent pas non plus de la môme façon. La Moule résiste moins dans les milieux artificiels que les Vénus, et parmi celles-ci la Vénus réticulée ou Clovisse, beaucoup moins que !a Palourde (Venus decussata), qui présente une résistance très remarquable. Dans la solution de sulfiitc de magnésie par exemple, la Moule a succombé au bout de dix jours, la Vénus réticulée au bout de quinze jours, tandis que la Pa- lourde y vivait encore au bout de soixante jours. Ces propor- tions se sont à peu près maintenues dans les autres solutions, relativement à la durée de la vie dans ces milieux. Voici en ce qui concerne les Palourdes (Venus decussata) (1) Des Huîtres soumises au>: mêmes épreuves ont manifesté une variabilité d'impressions très grande, et ont i,'éiiéralcment très rapidement succombé dans les solutions diverses. 102 SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. le résultat de ces expériences. Des lots de cinq individus de cette espèce avaient été placés le 10 janvier 1882 dans des conditions identiques, dans les solutions diverses indiquées plus haut. Les mêmes soins, la même aération leur étaient donnés chaque jour. En même temps un certain nombre de ces Mollusques étaient placés comme témoins près des pre- miers dans des vases contenant de l'eau de mer naturelle. 10 janvier L'expérimentalion commence pour les Palourdes. 25 — Elles ont succombé dans l'iodure de potassium. 10 février — le chlorure de potassium. 15 — — dans l'air. 18 — le sulfate de potasse. 18 — l'eau commune. 20 — — la solution n" 10. 20 — le bromure de potassium. 20 — le chlorure de magnésium. 20 — — l'eau de Vichy. 22 — le chlorure de sodium. 22 • — la solution n° 12. 24 — — la solution n" 9. 10 mars — le sulfate de magnésie. 10 — — la solution nMl. 15 — Des Palourdes vivent encore dans le sulfate de soude. 15 — Les Palourdes placées dans l'eau de mer sont vivantes. REMARQUES SUR CES FAITS Il résulte de ces expériences que malgi^é la possibilité de se clore entre leurs valves, les Vénus subissent l'action des milieux puisque leur résistance est inégale. Les sels de potasse semblent bien moins favorables que les sels de magnésie, et surtout que les sels de soucie. La vie a cessé d'abord dans l'iodure, le bromure, le chlorure, le sul- fate de potassium, et dans la solution n° 10, dont le chlorure de potassium est l'élément dominant. Les sels de soude et de magnésie entretiennent encore la vie alors que les animaux ont succombé dans les sels de po- tasse. La solution n" 9 par exemple, dont le chlorure de ma- DES SELS DE l'EÂU DE MER. 103 gnésium est l'élément essentiel, a gardé plus longtemps ses habitants, il en est ainsi du sulfate de magnésie seul, et dans la solution nMI. La résistance des Palourdes dans l'eau de Vichy accuse l'action favorable des sels de soude sur l'entretien de la vie des animaux marins. Pendant quarante jours les Palourdes ont vécu dans cette eau minérale ! C'est dans le sulfate de magnésie et le sulfate de soude que la vie s'est éteinte en dernier lieu, et le sulfate de soude l'a emporté sur le sulfate de magnésie. Le 12 mars, j'ai dégusté des Palourdes gardées dans le sulfate de soude pendant soixante jours ; elles étaient excellentes et sans amertume. Cette observation pourra trouver son utilité dans l'économie alimentaire, les Palourdes étant un coquillage recherché, et le sulfate de soude une substance d'un bas prix. Un fait bien digne de remarque c'est que dans les solutions de sulfate de soude et de sulfate de magnésie, seules, des algues vertes avaient commencé à se montrer au bout de ces soixante jours. Les conditions qui favorisaient la vie animale marine se sont donc trouvées aptes à développer aussi la vie végétale. Ce parallélisme n'a rien de surprenant, mais il trouve dans la circonstance une confirmation originale. Une singularité : la solution de chlorure de sodium (sel marin impur) a moins longtemps entretenu la vie que les solutions de sels de magnésie et de sulfate de soude, et ce- pendant le sel est l'élément essentiel de l'eau de mer. Cela prouve que les Mollusques sont adaptés non pas au sel pur, mais à ce mélange particulier qui constitue l'eau de mer na- turelle ; et que les éléments secondaires, au point de vue de la quantité, y jouent un rôle important. Nous voyons encore là l'occasion de penser que les modifications accidentelles des eaux de la mer aux différentes époques géologiques, ont dû avoir une action marquée sur les extinctions d'espèces. Les Vénus sont demeurées fermées dans la plupart de ces solutions dont elles avaient sans doute apprécié la nature en entrebâillant très petitement leur coquille. Cependant elles ont envoyé quelquefois leurs siphons au dehors, dans le sul- 404 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. fate de magnésie et dans le sulfate de soude par exemple. Dans la solution de chlorure de sodium et dans l'eau de mer, elles gardaient presque constamment cette situation. Les Palourdes peuvent vivre plus d'un mois dans l'air dans un endroit frais. Pendant vingt jours environ elles demeurent fermées, plus tard elles entrebâillent leurs valves et font sortir leurs siphons. Au moindre toucher elles les rentrent et se ferment. Puis vient le moment où les muscles striés qui ramènent les valves n'en ont plus la force, mais les muscles lisses qui les retiennent le font encore quand on amène les valves à fermeture. Dans toutes les solutions où ces Mollus- ques ont vécu il en a été de même. L'affaiblissement musculaire s'est montré d'abord sur la partie striée des muscles adducteurs qui ramène les valves, puis enfin sur la partie lisse de ces mêmes muscles, qui re- tenait de moins en moins longtemps les valves artificielle- ment rapprochées (1). Les Venus reticulata ou Clovisses ont présenté des faits analogues; l'ordre d'extinction de la vitalité dans les solu- tions a été le même, mais ces Mollusques ont bien moins longtemps vécu que les précédents. Un mois après leur mise en expérience ils avaient succombé, dans les sels de potasse d'abord, dans les sels de magnésie ensuite, puis dans les sels de soude. Les Littorines ont moins longtemps résisté que les bivalves, et ont accusé aussi moins de répulsion pour le sulfate de soude dans lequel elles ont vécu quarante jours. Le gros Buccin {Trilonium undatum) succombe beaucoup plus rapidement, ne pouvant se clore hermétiquement comme les Littorines. Au bout de vingt-quatre heures il périt dans la plupart des solutions employées, et surtout dans les sels de potasse. Sa vie se prolonge au delà de quarante-huit heures dans la solution n" 12, dans le sulfate de magnésie et le sul- fate de soude, mais ne tarde pas à prendre fin. Pendant toute la durée de ces expériences, du 10 janvier (1) Voy, De l'Energie et de la structure musculaire cha les Mollusques acéphales. J.-B. Baillière, Paris. DES SELS DE l'eAU DE MER. 105 ^u 15 mars, les Palourdes elles Litlorines ontvécu dans l'eau de mer du laboratoire ; les Venus reticulata et les Moules moins longtemps, les Buccins quelques jours seulement. Il est un fait très important que nous signalons d'une façon toute spéciale, c'est que les sels constituant l'eau de mer et les diverses solutions que nous avons employées, communi- quent à l'eau la propriété de dissoudre des quantités variables d'air atmosphérique. Nous avons acquis la preuve par des expériences directes, que les solutions des sels de soude re- tiennent plus d'air quand elles sont agitées avec lui que les solutions de sels de potasse. 11 en résulterait donc que la toxicité des sels indiqués dans nos expériences, pourrait ré- sulter, pour une part, de ce qu'ils ne permettent pas à leurs solutions de s'aérer suffisamment : ils agiraient par asphyxie. €eci nous permet de comprendre comment le sulfate de po- tasse et le sulfate de soude, sels neutres auxquels les mollus- ques ne sont nullement adaptés, agissent si différemment sur eux, les sels de potasse les tuant rapidement, ceux de soude les conservant quelque temps. CONCLUSIONS 1° Les éléments salins de l'eau de mer agissent très diver- sement chez les Mollusques, 2" Toute modification à la constitution de l'eau de mer finit par devenir fatale à la vie de ces animaux. 3° Leur résistance plus ou moins grande tient à leur orga- nisation. Les bivalves résistent mieux que les enroulés, et dans ces deux groupes les résultats varient également suivant les espèces. 4^" Les sels de potasse sont moins favorables à la vie des Mollusques que les sels de magnésie, les sels de magnésie que les sels de soude. 5° En dehors des sels dissous dans l'eau de mer, le sulfate de soude semble jouir d'une neutralité conservatrice bien accusée. 106 SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. 6" La mort des bivalves est due à un affaiblissement mus- culaire général. 7° Les muscles ne pouvant plus ramener ni retenir les valves, l'animal est livré à l'action défavorable ou toxique du milieu (1). (1) Ce mémoire a été lu à la dix-neuvième réunion des Sociétés savantes de 1882, en séance générale EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ. SÉANCE GÉNÉRALE DU 2 FEVRIER 1883. Présidence de M. Henri Bouley, Président. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. — M. le Président proclame les noms des membres nouvellement admis par le Conseil, savoir : MM. PRÉSENTATEURS. , , ^ , , . ^^ j : Euî?. Aron. Aron (.lu es-Lazare), négociant, 90, rue La- \ t^ . ^ • ^ . *' . Eugène Dupm. fayette, a Pans. ( Ra.eret-Waltel. Bailly (Louis-Joseph), chef de bataillon en / retraite, commandant le 2* bataillon du ) . a r . i 9* territorial d'infanterie, U, rue Charles- ) ,' „' ,,' , . <> . ^T 11 /o • X I J--E. Caroiy. Lafitte, à Neui y Seine). [ ■' l 0. C. Béren^'er. Beauchaine (Gustave), propriétaire, à Cha- \ r.' .' ^ ^ ' , ,,,. " f r Eugène Uupin. tellerault (Vienne). ^, r- a ^ ' \ Maurice Girard. ^ .. 1 . 1 N 1 .1 i E. Dupin. Bellecombe (André de), homme de lettres, ^ . . ^ . , 43, rue Jacques-Dulud, à Neuilly (Seine). \ Raveret-Wattel. ,.._., . . . 1 0. C. Bérenger. COLLIN (Antoine-Fritz), ancien notaire, juge \ . ç- \ de paix, à Lussac-les-Châteaux (Vienne). / .^ n i ^ ' ^ ' \ \ . Palyart. _,,.,.._„ { Bourdel. COLLINET (Edmond), négociant, 53, avenue \ . ., » „ • .u-i • , ^, .,, , ., .,, ,o ■ ' \ A. GeoffroySamt-Hilaire. de Neuilly, a Neuilly (Seine). j ^ p^^,^^ / J. Cornély, GÉRARD (Albert), rue Drouot, 8, à Paris. | A. Geoffroy Saint-Hilaire. ( Saint-Yves 3Iénard. „ . . , „,, l k. Dubief. Lelubez (Grégoire), constructeur, 59, rue \ „ . „ . -, ^ f^ : \ Eugène Dupin. Condorcet, a Pans. / i i" r • a ' V Jules Gnsard. PiMONT (Georges-Pierre-Laurent), proprié- ( A. Geoffroy Saint-Hilaire. taire, à Vilainville par Criquetot d'Esneval \ A. Porte. (Seine-Inférieure). ' ( Saint-Yves Ménard. ^. , , , . ,„ ( A. Geoffroy Saint-Hilaire, RoULiNAT (Charles), négociant, 49, rue ^ Charles-Lafitte, à Neuilly (Seine). ( Saint-Yves Ménard. ...... • r., ( Louis liesèble. Vianelli (Albert), artiste peintre, 84, avenue ) » n .^ des Champs-Elysées, à Paris. / o • . ^ xi- i V i ^ ( baint-Yves Ménard. 108 SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. — Des remerciements pour leur récente admission sont adressés par MM. A. de Bellecombe, Delaquys et Bravard. — MM. A. Blanchon, Baril, Goil, Mérat, Bénardaky, vicomte de Mon- dion et 0. Massias font parvenir des demandes de cheptels. — Renvoi à Ja Commission spéciale. — Des comptes rendus sur la situation de leurs cheptels sont adressés par MM. Le Berre, comte d'Archiac, Sénéquier, Marlel-Houzet et Gorry- Bouteau. — M. le préfet de Constantine transmet deux rapports de MM. les administrateurs des communes mixtes d'Oued-Marsaet de Takitount rela- tifs aux encouragements à accorder à des cultivateurs de leurs com- munes. — Renvoi à la Commission des récompenses. — La Société impériale d'horticulture de Russie annonce qu'à l'occasion du 25* anniversaire de sa fondation, elle organise, à Saint- Pétersbourg, une Exposition internationale d'horticulture et un congrès de botanistes et d'horticulteurs. L'ouverture en est fixée au 5/17 mai prochain. — M.Julien écrit de Chantenay : « Les Canards du Labrador sont très répandus maintenant dans la Loire-Inférieure et dans les départe- ments voisins grâce au couple que j'ai reçu de M. Garnol. J'ai distribué à tous les demandeurs (et ils ont été nombreux), tous les œufs pondus par ma Cane. N'en ayant élevé que cinq ou six que j'ai également don- nés, il ne me reste plus que les deux premiers oiseaux qui m'ont été envoyés. Je vais cette année essayer l'élevage d'une couvée pour rem- placer les vieux dont j'ignore l'âge, d — M. Delgrange écrit de Valenciennes : « Non seulement la femelle de mes pigeons {Goura coronata) a pondu et couvé en juillet son œuf (car elle n'en pond qu'un), mais elle a pondu de nouveau fin août et une troisième fois fin septembre. Malheureusement ces œufs étaient clairs. J'attribue le fait au mâle qui a eu le bout des pattes gelé et qui ne peut pas bien cocher sa femelle. ^Je verrai cette année si je serai plus heureux». — M. Ad. Jacquemart écrit de Reims : « Mes Saumons de Californie sont beaux, mais d'une grosseur inégale. J'en ai de magnifiques et d'autres d'une croissance lente. Je crois que la nourriture a dû être insuffisante pour ces grands voraces, dont les plus petits sont quelquefois la proie des gros, j'en ai été témoin. » — M. le professeur Spencer F. Baird, commissaire des pêcheries des États-Unis, prie la Société de vouloir' bien lui procurer les documents publiés en France sur l'industrie ostréicole. Par une autre lettre 31. S[)encer F. Baird fait connaître qu'il vient de donner des ordres pour que le Bulletin de la Commission des Pêche- ries soit, à l'avenir, adressé à la Société ; il annonce en même temps l'envoi prochain d'œufs embryonnés de Whitefish {Coregonus albus) et de Truite des lacs d'Amérique {Salmo namaycush). PROCÈS-VERBAUX. 109 — M. de Behr, président de l'Associalioii allemande de pisciculture, annonce qu'il compte faire prochainement à la Société l'envoi d'œufs embryonnés de deux espèces de Corégones, la grande et la petite Marène (Coregonus marœna et C. albiila). — M. le Secrétaire des séances fait connaître que les œufs annoncés par M. Behr sont déjà arrivés. Ces œufs, qui étaient dans un état de parfaite conservation, malgré la longueur du voyage, ont été immé- diatement distribués. M. Raveret-Wattel donne à celte occasion les ren- seignements suivants : » Le Coregonus marœna se pêche dans le lac Ladoga et le lac- Peipus, eu Russie, et dans le lac Jladù, en Poméranie. Pendant la plus grande partie de l'année, et surtout en été, ce poisson se tient à de grandes profondeurs (iO ou 50 mètres), et ce n'est guère qu'à l'époque de la reproduction que, recherchant les endroits moins profonds, il se rapproche des bords pour venir frayer dans des eaux tranquilles. Le frai a lieu en novembre et décembre. Une femelle peut donner de 20 à 50 000 œufs, lesquels ont 0"',0030 ou 0'",0035 de diamètre. Ces œufs soiit libres, non adhérents, et un peu plus lourds que l'eau. Le C. marœna vit surtout de Vers, d'Lisectes et de petits Mollusques; \\ atteint en moyenne une longueur de 0",60; mais des sujets de plus forte taille ne sont pas rares. Ce poisson, qui paraît avoir existé autrefois dans un assez grand nombre de lacs du nord de la Piusse , a été propagé, depuis peu, dans différentes localités, grâce surtout à des envois d'œufs et d'alevins faits de l'établissement de pisciculture de Suwalki, en Pologne, oîi l'on s'occupe particulièrement de celte espèce. La croissance paraît rapide, car les alevins d'un an, venus dans de bonnes conditions, mesurent déjà 0"',20 de longueur. La chair blanche et ferme de ce poisson est très recherchée, soit fraîche, soit fumée. » Le C. albula se pêche dans presque tous les lacs des pays qui avoisinent la Baltique. Ce poisson passe presque toute l'année dans les eaux profondes, où il vit de iMollusques, de Vers et de petits Crustacés; c'est seulement pour frayer qu'il gagne les endroits moins profonds, où l'eau est calme. Le frai a lieu de novembre à décembre, à peu de dis- tance du rivage ; il s'y effectue avec de grands ébats, au milieu d'évolu- tions bruyantes qui attirent l'attention des pécheurs. Les œufs, plus denses que l'eau, sont nombreux; chaque femelle en donne environ 10 000. Le C. albula n'atteint généralement qu'une longueur de 12 à 15 centi- mètres; mais, dans certains lacs, notamment le lac Dadey, prés de Bischofsburg, la taille de ce poisson va jusqu'à 30 ou 35 centimètres. C'est une excellente espèce alimentaire, dont la chair se consomme aussi bien fumée que fraîche. On la pêche à l'aide d'immenses sennes. » L'alevin de ces deux espèces, comme celui des autres Corégones, ne peut guère être nourri artificiellement; en outre, ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on le tient captif dans les appareils d'incubatiou 110 SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION. traversés par un courant d'eau, car il s'échappe par les plus petites ouvertures. Mieux vaut donc, très peu de jours après l'éclosion, lorsque la vésicule vitelline est sur le point d'être résorbée, le mettre en liberté dans les eaux qu'il est destiné à peupler. » — Des remercîments pour les envois d'œufs embryonnés qui leur ont été faits sont adressés par MM. des Vallières, Focet, Martial et Ber- thoule, ainsi que par M. le Président de la Société Linnéenne du Nord de la France, et par la direction de l'Aquarium du Trocadéro. — M. Delgrange écrit de Valenciennes que les œufs de Salmo na- maycush qui lui ont été adressés ont souffert de la gelée pendant le transport, mais qu'il espère néanmoins obtenir des éclosions. Les œufs out été mis en incubation sur une sorte de frayère artificielle au milieu d'une large panier à claire-voie placé en eau de source. (.< Je fais faire en ce moment, ajoute M. Delgrange, trois étangs qui auront chacun de 2 à3 hectares; ils seront finis prochainement. J'en ai déjà deux de plus d'un demi-hectare, qui sont empoissonnés, et plusieurs réservoirs alimentés par des sources, dans lesquels j'entretiens de la Truite. » — En accusant réception de l'envoi d'œufs embryonnés qui lui a été fait, le régisseur de l'établissement national de pisciculture de Bouzey écrit : « Nous avons obtenu un beau résultat d'élevage de Saumons de Californie; 600 alevins ont été répandus au printemps dernier dans la Saône.» — En remerciant des œufs de Coregonus albus qui lui ont été expé- diés, M. Auguste Iledde fait connaître en ces termes la non réussite de la presque totalité des œufs de Salmo fontinalis d'un précédent envoi : c Sur un millier d'œufs, j'en ai choisi une soixantaine qui m'ont donné cinq alevins. Ces poissons auront bientôt complété leur deuxième année. Ils sont restés longtemps frêles et peu vigoureux, si bien que, malgré mes soins, le choix de la nourriture et la qualité des eaux, au bout d'un an ces poissons atteignaient à peine la taille d'un Véron. Mais depuis six mois ces Salmo fontinalis prennent santé et vigueur ainsi que du développement. J'espère l'année prochaine en obtenir des œufs. Les Coregonus albus de ce même envoi étaient 'également si endommagés, qu'à l'éclosion j'ai eu seulement deux sujets, qui ont pris un bon développement. » Dans le lac du Bouchet, qui appartient au département de la Haute- Loire, et dont je me suis rendu fermier, j'ai péché il y a deux ans un Corégoiie qui proportionnellement est le poisson le plus charnu que j'aie jamais vu. La chair de ce poisson était légèrement parfumée comme celle de l'Ombre commun, ferme et d'une délicatesse exquise. » — M. Millet dépose sur le bureau plusieurs exemplaires du programme de l'Exposition des Insectes qui doit avoir lieu au Palais de l'Industrie du I"au 22 juillet 1S83, et qui est organisée par la Société centrale d'apiculture et d'insectologie. ,■/'.)■ PROCÈS -VERyAUX. lil Ms"" Perny, provicaire apostolique de Chine, écrit à M. le Secré- taire général : « Au mois de mai de l'an dernier, la Société d'Acclimata- tion a bien voulu me remettre environ deux cents œufs, des graines des Vers à soie du chêne. » J'en ai fait deux parts. L'une était destinée à M. le vicomte de Melun, qui possède à Brumetz (Aisne) une magnifique forêt où le chêne abonde. L'autre était réservée pour une famille aisée et intelligente de Cerdon, dans le Loiret. J'avais donné des instructions détaillées à cha- •cun des éducateurs. » M. Douchy, instituteur de Brumetz, apportait les plus grands soins à l'élevage des chenilles. Tout marchait à souhaits. Presque tous les Soyez convaincu et tenez pour certain, que, dans les faits observés j ici sur le Cochon d'Inde, il est pertinent : » Que des individus de celte espèce sont nés de mères de pure race, » qui ont été vues en compagnie de Rais, avec des queues d'égale lon- » gueur à celle des Rats. » La certitude d'une alliance du Cochon d'Inde avec le Rat, révélée » par une ressemblance de forme, de queue et de caractères généraux du » Raf, m'avait dégoûté de ces animaux. Le croisement a eu lieu, il peut * se reproduire. » La coloration du poil, je ne la considère que comme accessoire. > Tout à votre disposition, je reste votre dévoué collègue. » Signé : Kiener fds. » » Je crois qu'il ne serait peut-être pas superflu de tenir compte de ces renseignements, et même d'en prendre note, et je vais m'occuper, de mon côté, d'acquérir quelques sujets de ces reproductions, que j'aurai l'honneur de soumettre à l'examen de notre honorable Société, pour la curiosité du fait, dont il est bon de s'assurer. » — (Renvoi à la t" sec- lion.) — M. Rogeron écrit du château d'Arceau (Maine-et-Loire) : c Comme je vous le disais dans ma dernière lettre, je possède , depuis près de quatre ans, un Cygne de Rewik {Cygniis minor), superbe oiseau, dont j'ai pu, par là même, apprécier à loisir tous les mérites, et parmi les- quels le principal est, sans contredit, la petitesse de sa taille qui lui assignerait une place dans bien des pièces d'eau et jardins plus ou moins restreints, dont ses congénères sont exclus à cause de leurs grandes dimensions. Il ne le cède d'ailleurs en rien à ceux de sa race par la grâce et la sociabilité; et sa blancheur est encore d'un plus grand éclat que celle du Cygne domestique et du Cygne sauvage... d — M. Deschamps sollicite une récompense de la Société pour l'intro- FROCÈS-VERDAUX. 117 duction du Colin de Californie. — Renvoi à la Commission des récom- penses. — Des remerciements pour les envois d'œufs embryonnés qui leur ont été faits, sont adressés par MM. Banmeyer, Bertlioule, Carbonnier, Louis, Lugrin, ainsi que par le régisseur de l'établissement national de pisciculture de Bouzey, et par la direction de l'Aquarium du Trocadéro. — En accusant réception des œufs de Corégone qui lui ont été adressés, M. le vicomte de Causans ajoute : « Ces œufs sont arrivés tous en parfait état; ils sont d'une transparence irréprochable. Je suis étonné que vous arriviez à avoir si peu de perte pour des trajets aussi longs. Le jour même, ils ont été transportés à Saint-Joan-de-Nay, à 17 kilomètres du Puy, dans des appareils à éclosion construits avec beaucoup de soins, alimentés par une source abondante d'une température de 9 à 10 de- grés. » Aussitôt après leur éclosion, ils seront déposés à des places choisies et très favorables, à l'embouchure d'un ruisseau d'eau vive dans une pièce d'eau d'un demi-hectare ayant jusqu'à 5 mètres de profondeur, et recevant les égouts du village, et d'une vaste prairie qui fournissent une abondante nourriture. Ils y sont attendus par les With-fish de l'année dernière, dont on a pu constater le succès depuis leur éclosion, au printemps dernier. Je vous aviserai du succès des éclosions dès qu'elles auront lieu. » — M. le professeur Spencer F. Baird, commissaire des pêcheries des Etats-Unis , annonce l'envoi qu'il compte faire prochainement à la Société de l5 000 œufs de Saumon des lacs {Land locked Salmon). — M. le comte G. Casati adresse à la Société 40 grammes de graine de Ver à soie du mûrier de la race milanaise dite Brianza Verdolina Casati. Celte graine, obtenue par le système cellulaire, est très saine. — M. de Villette adresse une demande d'œufs ou de cocons de diffé- rentes espèces de Vers à soie. — M. Antonio Blasco fait parvenir une demande de graines. — M. Gorry-Bouteau accuse réception et remercie de l'envoi de graines qui lui a été fait. — M. Jules Leroux annonce l'envoi des noix de Jtiglans nigra qu'il a bien voulu mettre à la disposition de la Société. — M, Ch. Baltet adresse des fruits et des graines de Loza {Rhamnus utilis) employé pour la fabrication du vert de Chine. — M. Guillaume adresse un compte rendu de ses essais de culture de Saggina. — M. Eug. Vavin écrit de Neuilly (Seine) : « J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de recevoir de notre savant collègue, M. Masson, commandant le Catinat, et gouverneur du Gabon, un pied de Mais, qui a i'",C)0 de haut. » Ces jours-ci, j'ai reçu de Santiago de Cuba, un pied d'Arracac/ja 118 SOCIÉTÉ NATIONALE D'aCCLIMATATION. csculenta, en pleine végétation. J'espère en recevoir d'autres d'ici à peu de temps. » — M. Sanford, ancien ministre des États-Unis en Belgique, annonce qu'il va faire expédier de la Louisiane à la Société, une barrique de Noix de Pacanier. « Ce bel arbre, ajoute M. Sanford, a bien réussi en Belgique; je suis sûr que, dans le sud de la France, il atteindra de grandes dimensions et sera très ornemental. Il se fait chez nous un grand commerce de noix, qui se vendent à un prix assez élevé. » — M. Beauchaine écrit de Chàtellerault : « Je prends la liberté de recommander à la bienveillante attention de la Société, une variété de Poire obtenue par M. d'Iray, et par lui nommée Poire M"'' Solange d'iray. Cette variété, issue de la Poire Citron-des-Carmes, est un peu plus précoce et de qualité bien supérieure. C'est la meilleure Poire pré- coce que je connaisse, et je serais heureux d'en offrir des greffons à ceux des membres de la Société qui auraient désir d'en essayer la culture. » — M. le Secrétaire général dépose sur le bureau : 1° Des fruits de Zapallilo de Tronco de variété pure, offerts par M. Berson ; 2° Un sac de graines de Soja noir, provenant des cultures du Jardin d'Acclimatation d'Hyères ; 3° Une note dans laquelle M. Delaurier aîné, d'Angoulême, rend compte de ses élevages d'Oiseaux exotiques, et fait connaître la situation satisfaisante des Tragopansde Blyth qui lui ont été confiés par le Jardin d'.\cclimatation (voy. au Bulletin) ; 4° Un ouvrage récemment publié par M. La Perre de Boo, et intitulé: Monographie des Pigeons domestiques. Ce volume est accompagné de la note suivante : « Jusqu'ici, les auteurs qui ont écrit sur les Pigeons, se sont contentés de faire des descriptions banales et absolument incom- plètes des caractères généraux et distinctifs des types purs de nos diverses races de Pigeons d'utilité et d'agrément. La raison en est facile à expliquer : les types purs avaient en quelque sorte cessé d'exister, par suite des nombreux croisements que nos diverses races de Pigeons domestiques avaient subis dans nos fermes et dans nos basses-cours. » Or les races pures, ayant disparu de la surface du globe, les auteurs français qui ont écrit avant moi sur les Pigeons, ne possédaient aucune base qui pût les guider dans leurs descriptions; car les pré- tendus types purs n'avaient de constance qu'au gré de l'éleveur ou du caprice d'un jury. » Voulant mettre de l'ordre dans cette confusion des races qui, dans les concours, exposait le jury à toute sorte de désagréments, nos voisins d'outre-Manche, en gens pratiques, ont reconstitué les races d'après des bases convenues entre les principaux éleveurs du pays. » Ils ont donc adopté pour chaque race un type officiel, reconnu, approuvé et couramment admis par le jury du Palais de Cristal et par PROCÈS-VERBAUX. 119 les exposants ; et c'est d'après ces bases que j'ai fait la description des diverses races de Pigeons domestiques qui sont mentionnées dans mon ouvrage. » La vérité est que cet ouvrage manquait en France; car les Pigeons qu'on nous met tous les ans sous les yeux au Palais de l'Industrie , attestent l'ignorance des éleveurs, et démontrent jusqu'à l'évidence qu'ils ne connaissent pas les caractères généraux des races qu'ils culti- vent. A la dernière Exposition, j'ai vu le même éleveur exposer des Pigeons Boulants anglais rouges, ayant la queue rouge, et un couple de Pigeons de la même variété ayant la queue blanche ! Or aucun auteur français ne dit dans son ouvrage si la queue du Boulant rouge doit être blanche ou rouge : c'est ce qui explique l'ignorance de l'éleveur. » Je crois donc avoir rendu un immense service aux amateurs de Pigeons, en écrivant un livre dans lequel ils trouveront un inventaire complet de tous ces petits détails que les auteurs qui ont écrit avant moi, ont cru pouvoir négliger, au grand détriment du progrès et de la science, et sans lesquels il est impossible d'étudier les races. » — M. le Secrétaire général appelle ensuite l'attention de l'assemblée sur de nouveaux faits de croisement observés, entre espèces fort différentes, Veuillez, etc. « De Confévron. » PROCÈS-VERBAUX. 127 M. Millet promet une note, pour la prochaine séance, sur le dévelop- pement de la sériciculture en Autriche qui, depuis deux ans, a pris de très grands développements. M. Millet tient de M. Durand des documents sur les ravages et la destruction des criquets voyageurs. MM. Durand et Millet doivent en parler en séance générale, mais dès à présent M. Millet dit que M. Durand a sans doute perfectionné le mode de destruction dont se servait le Gouverneur de Chypre. M. Grisard rappelle que M. Fauvel, officier des douanes en Chine, offre ses services; la Section remercie 31. Fauvel et se propose de pro- fiter de ses offres à l'occasion. M. Fallou se propose de donner en séance générale un compte rendu détaillé d'une éducation de Pernyi. Mais dès maintenant il donne quel- ques renseignements : M. Huin lui a donné des œufs. 11 a placé des jeunes Vers sur des cépées de chêne dans la forêt de Sénart. Au moyen de quelques abris, malgré la grêle, les Vers ont abouti complètement. Ce qu'il y a d'important dans celte éducation, c'est l'obtention de cocons qui n'éclosent qu'au printemps suivant. Cette espèce paraît donc dis- posée à devenir univoltine, seule condition qui permet de conserver l'espèce chez nous et d'en propager la culture, car restant bivoltine, les Vers de la deuxième éclosion, qui se fait en octobre, ne trouvent pas la nourriture fraîche qui leur est indispensable. En outre, en automne, les jeunes chenilles sont attaquées par les araignées, qui en détruisent une grande quantité et diminuent encore les chances de la conservation de l'espèce. M. Hignet, à Varsovie, et le professeur Balbiani ont obtenu un résultat analogue. Le Vice -sécréta ire, X. Dybowski. CINQUIÈME SECTION SÉANCE DU 30 JANVIER 1883 Présidence de M. Vavin, Président, puis de M. Paillieux. M. le Président fait connaître qu'il va être procédé au renouvellement du bureau et à la nomination d'un délégué près la Commission des récompenses et, à cette occasion, exprime le désir de voir les suffrages de ses collègues se reporter sur une autre personne, son intention n'étant pas d'accepter les fonctions de Président, s'il était renommé. Le dépouillement du scrutin donne le résultat suivant : Président : M. Henri de Vilmorin ; Vice-Président : M. Paillieux; \^2S SOCIÉTÉ NATIONALE d' ACCLIMATATION. Secrétaire : M. Jules Grisard ; Vice-Secrétaire : M. X. Dybowski; Délégué dans la Commission des récompenses : M., le D'" Ed. Mène. M. Chappeliier, se faisant l'inlerprèle des sentiments de ses collègues, exprime à M. Vavin les remerciements de la Section pour le zèle qu'il a toujours montré pendant les longues années de sa présidence. 31. Paillieux prend la présidence. M. Paillieux donne lecture d'un rapport détaillé et fort intéressant sur ses cultures de diverses plantes chinoises. Sur le bureau, figurent les produits dftnt parle le mémoire de notre zélé collègue, et des fruits conlits de Shiro-uri, préparés par la maison Robineau-Boissier. Ces derniers, dégustés par la Section, sont trouvés exquis. M. le D' Mène demande que, vu son importance, le travail de M. Pail- lieux soit publié dans le corps du Bulletin et non dans le procès-verbal de la séance ; la Section tout entière s'associe à ce vœu qui sera transmis à la Commission de publication. MM. Fallou et de Vroil font connaître les résultats qu'ils ont obtenus de la culture des graines offertes par M. Paillieux à la Section, dans le courant de l'année 1882. M.Jules Grisard informe la section que la Société vient de recevoir un baril de Noix fraîches de Pacanier {Carya olivœformis). Celte intéressante espèce convient surtout au bassin méditerranéen ; elle demande un terrain frais, même humide. Le Pacanier supporte diflicilement la transplantation, il est donc bon de le semer en place, trois on quatre noix par trou, en éliminant, lors de la levée, les plants les moins vigoureux; c'est le procédé suivi aux États-Unis. M. Chappeliier, qui a reçu de la Société quelques tubercules de la Pomme de terre Heymonet, dit que cette variété mérite d'être plus répandue et qu'elle lui a donné des résultats très satisfaisants. M. .Malhey confirme ces renseignements. Le Secrétaire, Jules Grisakd. Le gérant : Jules Grisard. Monenoz, AiJm.-Direcl sur les causes qui produisent les monstruosités ne me don- naient alors que de simples indications, très utiles, sans doute, puisque je pouvais, à leur aide, me procurer facilement les matériaux de mes études ; mais absolument insuffisantes pour me permettre de déterminer scientifiquement, d'une part, les conditions de l'évolution normale, de l'autre, les conditions de l'évolution anormale. Il y a six ans, la création d'un laboratoire spécial que j'ai obtenue, non sanspeine, grâce au concours d'un grand nombre de membres de l'Académie des sciences, et l'invention toute récente des régulateurs de la température m'ont permis d'in- staller des appareils destinés à établir, avec la précision la plus grande, les conditions physiques de l'incubation artificielle. J'ai donc repris mon travail; mais j'ai ren- contré de suite un résultat tout à fait inattendu. Je cherchais dans mes expériences à réaliser les conditions de l'évolution normale en me rapprochant, autant que possible, des condi- tions de l'incubation naturelle. Si, dans certains cas, les embryons se développaient d'une manière normale, lorsque je recommençais l'expérience dans des conditions physiques absolument identiques, je rencontrais souvent, en plus ou moins grand nombre, des embryons monstrueux. J'avais beau varier mes expériences de toutes les manières possibles, je retrouvais toujours le même fait, la présence simultanée d'embryons normaux et d'embryons monstrueux. Il n'y avait qu'un moyen d'expliquer ces résultats; c'est que l'évolution normale ne dépend pas seulement de condi- tions physiques, mais qu'elle dépend aussi de conditions phy- siologiques inhérentes à l'œuf lui-même et, par conséquent, antérieures à la mise en incubation. J'ai cherché à déterminer ces conditions, et j'y suis en grande partie parvenu. Je dis en grande partie^ car le problème dont je recherche la solution contient un nombre indéterminé d'inconnues. Je n'ai pas la prétention de les faire connaître toutes ; mais je puis dès à présent en signaler quelques-unes d'une bien grande importance. Il y a d'abord l'âge des œufs. Le germe de l'œuf pondu, et iiiO SOCIÉTÉ NATIONALE D ACCLIMATATION. qui n'est point soumis à l'incubation, périt un certain temps après la ponte. Mais, avant de mourir, sa vitalité s'affaiblit peu à peu. Il arrive une époque où le germe ne produit plus qu'un embryon monstrueux ; une autre époque dans laquelle il ne produit qu'un blastoderme sans embryon. Or cet affai- blissement de la vitalité du germe est plus ou moins prompte, suivant diverses circonstances. Dans certains œufs ce fait se produit plus rapidement que dans d'autres. De plus, l'éléva- tion de la température de l'air accélère cette altération du germe. Dans une expérience que j'ai faite au mois de juillet dernier, les œufs que j'avais mis en incubation, neuf jours après la ponte, m'ont tous donné des monstres. Répétant mes expériences au mois d'octobre et de novembre, j'ai obtenu des poulets bien conformés d'œufs mis en incubation quinze et vingt jours après la ponte. Une autre cause de la production des monstres provient du transport des œufs dans les charrettes ou les chemins de fer. J'ai déjà entretenu la Société de ces faits, et j'ai montré que eette cause n'a généralement qu'une action passagère ; car son intluence disparaît quand on laisse reposer les œufs quelques jours avant la mise en incubation. Toutefois cette influence ne disparaît pas lorsque les secousses ont eu un cer- tain degré d'intensité. J'ai eu, en effet, la pensée de soumettre des caisses pleines d'œufs à l'action de cette machine que l'on désigne sous le nom de tapoteuse, et qui sert, dans les fabriques ■de chocolat, à laire pénétrer la pâte dans les moules où elle se forme en tablettes. L'appareil que j'ai employé dans mes expériences et qui avait été mis à ma disposition par mon parent. M, Devinck, donne 120 coups par minute. J'ai soumis les œufs à l'action de cette machine pendant une heure, pen- dant une demi-heure, pendant un quart d'heure. Les œufs ainsi secoués m'ont presque tous donné des monstres; aussi bien ceux que j'avais laissés reposer pendant plusieurs jours, que ceux que j'avais mis en incubation immédiatement après les secousses. Enfin, une troisième cause de production des monstres ■consiste dans les végétations cryptogamiques qui peuvent se ÉTUDES SUR l'INCUDATION. 14-1 développer dans rintéiieiir de l'œuf. J'ai fait connaître à la Société, depuis deux ans, l'existence très fréquente de germes de moisissures dans l'intérieur des œufs. S'il arrive que ces germes se développent avant la mise en incubation, l'albu- mine contient, en plus ou moins grande quantité, des touffes de mycéliums, ainsi que j'ai eu plusieurs fois occasion de le constater. L'embryon, qui se développe dans des œufs ainsi infectés, se développe d'une manière anormale et ne tarde pas à périr. Je n'ai rencontré ces faits que très rarement ; mais ils doivent être plus fréquents lorsque les œufs sont con- servés dans des locaux humides. ie compte d'ailleurs revenir dans une prochaine communi- cation sur l'histoire physiologique des œufs infectés par les germes de moisissiu^es. Mais je dois dès à présent signaler un fait très important qui résulte de toutes mes expériences à ce sujet : c'est que, bien que les œufs en très grande ma- jorité contiennent en eux-mêmes, dès l'époque de la ponte, ces causes de destruction, ces germes ne se développent point sous l'influence seule de l'incubation. Pour qu'ils entrent en végétation, il faut que l'incubation se fasse dans de l'air saturé d'humidité. C'est alors que les mycéhums se produisent en abondance dans l'albumine, que les proliférations vertes apparaissent dans la chambre à air. Ces végétations, qui ne sont ordinairement bien manifestes qu'après la première semaine de l'incubation, ne peuvent évidemment pas modi- fier sensiblement l'évolution embryonnaire ; mais elles font périr l'embryon par asphyxie en le privant d'air respirable. Je n'ai pas rencontré ces végétations lorsque l'air des appa-^ reils à incubation n'était pas saturé d'humidité. En résumé, l'évolution aura un nombre d'autant plus grand de chances de réussite que les œufs seront mis en incubation le plus tôt possible après la ponte ; qu'ils n'auront pas été transportés, ou du moins que les effets des transports auront été neutralisés par le repos ; qu'ils auront été conservés dans des locaux parfaitement secs. 11 faut encore ajouter que la coquille de l'œuf doit être nettoyée et lavée avec soin pour être débarrassée de toutes les impuretés qui y sont adhérentes. liiJ SOCIÉTÉ NATIONALE d'aCCLIMATATION. Ces impuretés, formant des couches plus ou moins imper- méables à l'air, diminuent souvent les échanges de gaz entre l'extérieur et l'intérieur et gênent notablement la respiration embryonnaire. En tenant compte de toutes ces conditions, j'ai pu conduire mes embryons jusqu'à l'époque de l'éclosion. J'ajouterai, pour que cet exposé soit complet, que mes incubations ont été faites à une température de 37 à 38 degrés dans de l'air moyennement humide et constamment renouvelé. Je dois dire, en terminant, que si ces expériences m'ont donné des résultats très satisfaisants à bien des égards, elles sont cependant encore défectueuses h un point de vue très important. Après avoir conduit mes embryons jusqu'à l'éclo- sion, je n'en ai vu éclore qu'un petit nombre, un tiers à peu près. Dans les deux autres tiers, le jaune ne rentrait point dans la cavité abdominale, et le poulet ne bêchait pas la coquille. Les poulets qui n'avaient pu éclore étaient d'ailleurs parfaitement conformés. Cela résulte évidemment de quelque condition, inhérente à mes appareils, qui rend l'éclosion, sinon impossible, du moins assez difficile ; mais cette condi- tion m'a échappé jusqu'à présent. II me reste maintenant, pour terminer cette étude, à dé- terminer d'une manière scientifique les conditions physiques de l'évolution embryonnaire. Je pense qu'aujourd'hui les faits que je viens de faire connaître me permettront de me mettre à l'abri de presque toutes les causes d'erreur qui ont pendant longtemps entravé mes recherches. Mais ces expériences sont très longues et ne pourront être achevées que dans plusieurs mois. REPEUPLEMENT DES COURS D'EAU EN BELGIQUE Par M. le Baron DR SEI.TS I.01iCiCII.%MP«i .Moiiiljic (le l'Académio royale île Belgique, Prc.sideiit du Sénat. La Belgique se décide enfin à tenter le repeuplement de ses cours d'eau. La pêche fluviale autrefois si riche, notamment par ses Sal- monidés et ses Ecrevisses, périclite chez nous plus que partout ailleurs. Les causes de destruction sont multiples, et nécessitent une grande persistance d'efforts pour être en partie conjurées. Nos deux fleuves, la Meuse et l'Escaul, sont d'une nature différente, et produisent des poissons en rapport avec celte diversité. L'Escaut, à partir d'Anvers, devient un bras de mer d'eau saumàtre et la marée se fait encore sentir en amont de cette ville. Dans cette partie du fleuve l'existence du poisson ne paraît pas atteinte par la contamination des eaux. On y pêche, selon les saisons, l'Alose finie (A losa finla), l'Éperlan {Osmerus eper- lanus) et le Corégone oxyrhynque (Coregonus oxyrhynchus) ; mais ce dernier ne doit pas être très commun, car au marché de Bruxefles je ne l'ai jamais rencontré qu'isolément et con- fondu avec les Éperlans. L'Anguille [Anguilla vulgaris) et la petite Pleuronecte (Pleuronectes /lesus) y sont 1res communs en tout temps. LEsturgeon {Acipenser sturio) y i'cmont(;. L'Escaut, dans sa partie supérieure et ses affluenrs vers la Flandre, le llainautet le Brabant, est horriblement contaminé par les fabriques de Roubaix, ïurcoing, Gand, Bruxelles. Auparavant il était fort poissonneux, bien que les poissons souffrissent beaucoup de la corruption résultant du rouissage 144- SOCIÉTÉ NATIONALE d'ACCLIMATATION. du lin dans les parties de lu Flandre où cette industrie existe (I). La Meuse était célèbre par ses Saumons (Salmosalar) qui la remontaient pour aller frayer dans ses affluents d'eaux vives qui proviennent de l'Ardenne et des autres parties monta- gneuses de la rive droite du fleuve. L'Alose {Alosa communis) la remontait au printemps en nombre immense, mais rare- ment plus haut que Huy. La plupart des rivières qui s'y jet- tent, la Yesdre, l'Ourlhe, le Hoyoux, le Bocq, la Lessc, la Semoi, et leurs tributaires étaient largement peuplées de Truites (Salmo fario) et d'Ombres {Thymallus vexiUifer) sans parler des autres espèces de poissons comestibles qui se rencontrent partout dans l'Europe tempérée occidentale. Ce paradis des pécheurs est bien avarié ! Pour les besoins du batellage et ceux de la navigation vers l